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Pandémie
[Covid-19] La malterie dans l’attente de la fin du confinement !

La filière Malterie est directement touchée par l’arrêt brutal de la consommation de bière et de certains alcools (whisky, genièvre…) en restauration hors domicile, cafés et tout type d’évènements festifs (manifestations sportives, festivals…).

De l’orge au touraillage en passant par la trempe et la germination
© Thierry Michel

Une catastrophe pour les malteurs comme pour les brasseurs, en France comme en Europe », assurait Jean-François Loiseau, président d’Intercéréales lors de la conférence de presse du conseil spécialisé Grandes cultures-Marché céréaliers de FranceAgriMer du 15 avril . « Les malteurs les plus importants sur le plan international, comme les brasseurs, sont confrontés à divers cas de figure en fonction des pays : interdiction de la vente d’alcool, suspension des activités de production et commercialisation comme Grupo Modelo, qui produit la Corona, au Mexique… », précise Céline Ansart-Le Run, économiste à la Direction des études économiques d’Unigrains. ("Reprendre les ventes de bière le plus vite possible", Brasseurs de France)

Autre exemple, en Malaisie, la filiale locale de Carlsberg a annoncé, le 23 mars, la suspension de ses activités de production, alors que celle de Heineken faisait de même le 6 avril. « Pour les malteurs français, très présents sur la scène internationale, la situation s’apprécie sous l’angle mondial ou européen », poursuit-elle.

Situations contrastées selon les pays

Les principaux malteurs rapportent une chute de la demande des brasseurs mondiaux - certains ayant fermé leurs usines (bénéfice d'Heineken en chute au premier trimestre 2020) - combinée à la fermeture de nombreux ports internationaux. Une perte de plusieurs dizaines de milliers de tonnes, conduisant Malteries Soufflet « à ralentir la production de plusieurs sites en mars et avril et débouchant peut-être sur l’arrêt de certaines installations à partir de mai ».

« Le Covid-19 touche fortement les ventes de bière hors foyer et arrive dans un timing très négatif, intervenant juste au démarrage de la saison estivale, période principale de consommation de bière hors foyer. Mais il faut avoir en tête que la proportion de consommation hors foyer varie différemment selon les pays et les modes de consommation de ses habitants. Pour exemple, la consommation hors foyer est beaucoup plus forte en Espagne qu’en Allemagne et en Pologne », fait-on remarquer à Malteurop.

Quid de l’après-Covid-19 chez les malteurs ?

Malteurop dit adapter ses volumes et son organisation en fonction des demandes des brasseurs et donc du comportement de consommation dans chaque pays. Côté déconfinement, « nous sommes pour l’instant dans l’expectative et, comme tout le monde, nous avons beaucoup de difficultés à estimer la reprise de l’activité. Plusieurs scénarios peuvent être envisagés, nous nous adapterons en conséquence », affirme le malteur.

Pour Malteries Soufflet, « on garde un niveau de stocks élevé pour assurer la meilleure réactivité dès que les confinements seront progressivement levés dans les pays et, surtout, dès que les bars et restaurants pourront réouvrir. Notre analyse est que la demande repartira lentement à la suite des déconfinements progressifs. À long terme, nous estimons que la consommation de bière ne devrait pas être trop affectée ».

Réduction de l’usage d’orge actée par FranceAgriMer

Dans son bilan céréalier publié le 15 avril, FranceAgriMer a corrigé à la baisse les besoins en orge de brasserie par la malterie française, à 255 000 t (-7 %). L’organisme fait part d’une « perte de débouché de 35 % » globalement pour la brasserie française, « les microbrasseries enregistrant jusqu’à 80 % d’effondrement de leurs ventes ».

 

 

 

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