Aller au contenu principal

Conjoncture économique
[Coronavirus Covid 19] L’Insee revoit à la hausse le PIB du 2è trimestre mais s’interroge pour la suite

Très attendu, le point de conjoncture économique de l’Insee a eu lieu ce mercredi 17 juin. Il y a bien un mieux mais il reste difficile de se prononcer pour la suite.

Un mieux pour l'économie mais quid de la consommation dans les mois à venir.
© Ralf Kunze/Pixabay

Avec le « reflux de l’épidémie » qui « se poursuit permettant une accélération du déconfinement », l’Institut national de la statistique et des études économiques (Insee) a revu à la hausse, mercredi 17 juin, son estimation de PIB pour le deuxième trimestre 2020 en France : il passe à – 17 % après – 20 % annoncé fin mai et – 5,3 % pour le premier trimestre). Et la perte d’activité par rapport à une situation dite normale ressort à 29 % en avril et 22 % en mai tout en se limitant à 12 % en juin.

Et maintenant une lapalissade : le deuxième trimestre, c’est bien évidemment avril, mai et juin. Mais remis dans le contexte de la crise du Coronavirus, on s’aperçoit qu’il englobe, cette année, la majeure partie du temps de confinement de la population et le quasi-arrêt du fonctionnement de l’économie. Même si la reprise est très nette au mois de mai, l’Insee le dit lui-même : le « mois d’avril restera sans doute dans les annales comme l’un des pires mois qu’ait connu l’économie française en temps de paix ». Cela étant, la reprise d’activité semble se matérialiser dans l’ensemble des branches d’activité, y compris celles de la construction ou encore de l’industrie au sens large.

Le secteur de l’agriculture/sylviculture/pêche (2 % du PIB national) subirait une perte d’activité de « seulement » 4 % en juin 2020, contribuant pour – 0,1 (en point de PIB) à la perte d’activité nationale. A titre de comparaison, le secteur de la construction (6 % du PIB) connaîtrait une perte d’activité de – 34 % en juin (contribuant pour - 2, en points de PIB, à la perte d’activité nationale) et l’industrie (14 % du PIB) enregistrerait un – 15 % de perte d’activité (contribuant pour - 2, en points de PIB, à la perte d’activité nationale). Le secteur le plus touché reste celui des services principalement marchands (56 % du PIB) : - 34 % de perte d’activité pour une contribution de – 7, en points de PIB, à la perte d’activité nationale.

Le mieux constaté, ou peut-être devrait on dire le moins mal, est clairement attribué par les experts de l’institut aux différents dispositifs de soutien mis en place par le gouvernement pour aider les ménages et les entreprises à passer cette période. Ce qui amène l’Insee à parler d’économie placée « sous anesthésie », c’est-à-dire une économie « certes mise provisoirement en sommeil, mais dans les conditions qui rendent un redémarrage possible ».

Mais la situation actuelle ne permet pas d’envisager le moment où l’économie retrouvera son niveau d’avant crise. Plusieurs aléas demeurent : les impacts de la crise sanitaire sont très hétérogènes sur les différents secteurs de l’économie, ce qui peut laisser à penser que les niveaux de vitesse de redémarrage seront très différents d’un segment à un autre ; « les répercussions des protocoles de sécurité sanitaire sur la productivité du travail restent à évaluer » ; il est difficile de savoir précisément aujourd’hui quel sera l’attitude des entreprises en matière d’investissements et des ménages qui devront arbitrer entre augmentation de leur consommation et réduction de leur épargne – en partie forcée - dans un contexte qui reste encore très incertain (et dans ce cas-là, la préférence va souvent à l’épargne de précaution plutôt qu’à la dépense). Enfin, l’environnement économique et sanitaire international demeure incertain : retour possible du virus en Chine, en Inde et pourquoi pas ailleurs ; évolution des relations sino-étatsuniennes qui se tendent à nouveau ; niveau de décalage entre économies qui reprennent et celles qui stagnent ou sont encore ne crise, renforcé par l’interconnexion mondiale des économies nationales…

Forte volatilité des cours de matières premières

Bien évidemment, la chute de l’activité économique mondiale, sur la période étudiée, a provoqué un net reflux de la consommation de pétrole, entraînant une chute des prix de cette matière première et, conjointement, des grosses perturbations sur les niveaux de cours des autres matières premières, alimentaires et industrielles.

« Les prix des matières premières agricoles utilisées dans la conception de carburants ont beaucoup reculé. Ainsi, les cours du sucre et du maïs, utilisés pour produire de l’éthanol, ont baissé respectivement de 14 % et 12 % entre le 2 mars et le 12 juin. L’ampleur de la chute des prix du maïs est d’autant plus forte que la baisse de la demande de carburant, du fait des mesures d’endiguement de la crise sanitaire, a lieu en même temps qu’une récolte record cette année. Cette situation a provoqué une augmentation des stocks de maïs aux États-Unis, premier producteur mondial, tandis qu’au Brésil, le sucre a vu son usage réorienté vers la conception de produits alimentaires plutôt que de carburants. La baisse du prix de l’huile de palme peut également être expliquée par une moindre demande en provenance des producteurs de biodiesel dont la production est assurée pour près des trois quarts par le Brésil et les États-Unis » peut-on lire dans la note de conjoncture.

On notera aussi le comportement du secteur de la viande de bœuf aux Etats-Unis avec un triptyque fermeture d’abattoirs-contraction de l’offre-hausse des prix. La dernière semaine d’avril, la production de bœuf était de 25 % inférieure à celle de l’an passé à date. Il faudra mesurer les conséquences pour ce secteur dans les semaines et mois à venir : écoulement des stocks, niveau du cheptel et, donc, activité liée à ce secteur en matière d’alimentation animale.

Les plus lus

Graphique prix blé orge mais France au 3 septembre 2026
Marché des céréales du 3 septembre 2026 : Retournement du marché des céréales et chute du prix du blé

L’évolution des prix du blé, de l’orge et du maïs français entre le 2 et le 3 septembre 2026, expliquée par La…

<em class="placeholder">Champ de maïs, pénalisé par la sécheresse et les températures caniculaires, Creuse, juillet 2026.</em>
Maïs bio et sécheresse : la France va passer d’exportateur à importateur net sur la campagne 2026-2027

En raison de la production catastrophique en maïs bio qui se profile en France, les fabricants d’aliments pour animaux…

<em class="placeholder">Chargement d&#039;une péniche avec du blé dans le terminal portuaire Senalia de Rouen. Transport fluvial et maritime des matières premières agricoles. Commerce du grain. ...</em>
Sécheresse et canicule : le transport fluvial de céréales entravé par le bas niveau des cours d’eau

En France, comme en Europe, le bas niveau des cours d’eau pénalise voire interdit la circulation des barges et péniches…

<em class="placeholder">Plants de soja déséchés, sud-ouest de la France, août 2026.</em>
Soja français et sécheresse 2026 : le rendement déjà bien dégradé va dépendre des averses dans les prochains jours

Au-delà de la baisse de près d’un quart de la production française de soja, la qualité des lots de la récolte 2026 risque d…

<em class="placeholder">Image générée par l&#039;IA, avec épis de maïs et de blé sur fond de courbes d&#039;évolution.</em>
Marché des céréales et du sucre du 19 au 26 août 2026 - Les cours du blé tendre poursuivent leur hausse d’une semaine sur l’autre, avec une possible aggravation du conflit russo-ukrainien
​​​​​​L’évolution hebdomadaire des prix des céréales (blé tendre, blé dur, orge fourragère, orge de brasserie, maïs et autres…
<em class="placeholder">Chargement de grains dans la cale d&#039;un navire.</em>
Marché des céréales : les importations de maïs primeront sur les exportations dans les ports de l’ouest de la France cette campagne

Les retours de congés poussent les opérateurs à se renseigner sur les disponibilités et à questionner sur les prix, notamment…

Publicité
Titre
Je m'abonne
Body
A partir de 958€/an
Liste à puce
Accédez à tous les articles du site La dépêche – le petit meunier
Bénéficiez de la base de cotations en ligne
Consultez votre revue numérique la dépêche – le petit meunier
Recevez les évolutions des marchés de la journée dans la COTidienne