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Marché international
Céréales/Oléagineux : « La volatilité des cours devrait se poursuivre » selon Arthur Portier (Agritel) et Arnaud Petit (IGC)

Intervenant lors de l’AG de Nutrinoë, le 9 juillet, Arthur Portier (Agritel) et Arnaud Petit (International Grain Council) partagent la même analyse : la volatilité mondiale des cours de matières premières pour la fabrication des aliments pour animaux devrait se poursuivre cette année et les suivantes.

L’Assemblée générale de Nutrinoë s'est déroulée le 9 juillet, l'occasion pour Arthur Portier (Agritel) et Arnaud Petit (International Grain Council) de faire part de leur analyse du marché des grains de demain.
© Yanne Boloh

« Tous les facteurs sont réunis pour que la volatilité reste forte », estimait Arthur Portier (Agritel) lors de l’AG des fabricants d’aliments pour animaux bretons le 9 juillet dernier, sous l’effet de la demande chinoise, des biocarburants américains, des taxes russes, de l’arbitrage des fermiers et au final de la météo...

Avec un index Bloomberg sur les commodités au plus haut depuis 5 ans sur toutes les matières premières : l’énergie, les grains, les métaux industriels, les métaux précieux… , les tensions restent élevées selon lui comme pour Arnaud Petit (IGC). Et le fret maritime n’est pas en reste comme le montre la dernière publication du conseil international. Après la crise Covid, l’économie veut repartir. La Chine s’en sort particulièrement bien et bouleverse les flux mondiaux.

Demain la Chine devant l’UE en blé…

Au niveau mondial, le marché du blé suit celui du maïs même si l’effet de la taxe imposée par la Russie sur ses exportations reste à mesurer et sera probablement à l’avantage de l’Ukraine et de l’UE. La Chine et l’Inde augmentent leur production en flèche, l’Empire du levant sera d’ailleurs probablement un plus gros producteur de blé que l’UE en 2025.
Le centre de gravité du commerce mondial se déplace sur l’Asie. L’Indonésie est par exemple déjà le second importateur de blé derrière la Chine.

Face aux turbulences sur le maïs, les experts s’attendent à ce que 2021/2022 s’inscrive dans la continuité du grand retour de la nutrition animale après une période ou le blé était sorti des formules par le maïs peu cher. Cette capacité de substitution va alléger la pression sur le maïs sans pouvoir l’effacer. Arnaud Petit prévoit qu’à cinq ans, la volatilité restera forte sur le blé meunier avec des bilans tendus même si les stocks mondiaux pourraient se stabiliser. Pour lui : « la stratégie alimentaire chinoise de stocks élevés cache en fait sa sensibilité aux accidents climatiques ».

Du côté du maïs, même si les USA montent en volume, les prévisions au Brésil sont bien moins bonnes dans un pays dont les stocks ont été mis à sec l’an dernier. Espérées à 117 Mt en début d’année, elles souffrent en effet des conditions climatiques qui réduisent la seconde récolte et pourraient n’atteindre que 95Mt voire moins. « La nutrition animale et les usages industriels du maïs entraînent le marché », constatent les experts. Mais la Chine, qui a financé la croissance des surfaces de maïs chez elle entre 2004 et 2015, connaît depuis un effet ciseau entre production et consommation, le redémarrage de sa production porcine, désormais plus industrielle, accentuant ses besoins. Les surfaces pourraient y remonter au détriment de la production de soja.

Quant à l’orge, les tensions géopolitiques entre Australie et Chine ont attiré cette dernière sur des exportateurs qu’elle sollicitait moins et elle en aspire les disponibilités avec une augmentation de 33% du prix depuis un an.

Pas de détente sur le non OGM ou la non déforestation

Enfin, pour le soja, Athur Portier recommande de bien déconnecter Amérique du Nord et Amérique du Sud. Il se demande même si les USA ne pourraient pas saisir l’opportunité du marché « de niche » que représente la demande de soja « sans déforestation » dans l’UE. Le prix du non OGM est délirant et devrait le rester avec une prime énorme.

Pour le conventionnel, les cours sont soutenus par la demande en huile qui se substitue à l’huile de palme malaisienne, dont la main d’œuvre a été particulièrement touchée par la Covid, et par la fermeture des restaurants n'ayant pas livré leurs produits usagés pour les biocarburants. Le niveau des stocks restera bas et aucune détente réelle n’est attendue avant 2022. Si l’UE veut des protéines, il lui faudrait se reprendre en colza. Elle aura du mal à s’appuyer sur le canola canadien, victime de vagues de chaleur, encore jamais vues, cet été.

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