Aller au contenu principal

Cap Seine en bonne forme

Des outils ajustés et une vision à long terme

DANS UN MARCHÉen manque de repères, « le comportement des adhérents est de moins en moins prévisible », rapportait Antoine Cocagne, président de Cap Seine, le 5 décembre lors de son AG. Cette situation entame la capacité d’anticipation de la coopérative qui multiplie alors les offres de mises en marché et privilégie les partenariats pour plus de visibilité. S’appuyant sur un chiffre d’affaires en hausse de 40 %, à 574 M€, et une capacité d’autofinancement de 13,4 M€, les dirigeants se disent sereins quant à leur projet d’entreprise.

Une offre de commercialisation élargie

D’importants volumes de la récolte 2008 ne sont pas encore engagés. « Certains producteurs campent sur leur tas sans prendre de décision », image Franck Roger, responsable des achats productions végétales. « Il faut que les adhérents comprennent que, plus on dispose tôt de la marchandise, mieux on exploitera les opportunités du marché. » Ainsi, la coopérative a repensé, dès 2002, son offre de commercialisation en ce sens. Elle a d’abord proposé des systèmes d’arbitrage en « prix optimisés », les Cap Duo, puis des couvertures sur le marché à terme, les Capmatif. La gamme s’est rapidement élargie à d’autres outils de couverture comme les options et modules de contractualisation précoce, avec les Cap Duo+. En 2008, Cap Seine a proposé aux producteurs de se prononcer dès le mois de mars avec une garantie de prix minimaux sur 20 % du volume de 210 €/t en blé et 450 €/t en colza. En un mois, l’équivalent de la précédente campagne de Cap Duo a été engagée ! Et la coopérative a lancé, la semaine dernière, Cap Ultimo. L’offre, qui n’a duré que sept jours, a été « un succès ».

Préserver la vision à long terme

Les niveaux de prix ont conduit certains producteurs à modifier leurs assolements. « Attention à ne pas mettre en danger l’organisation de filière et certains débouchés par une vision de rentabilité à court terme », met en garde Antoine Cocagne. «Il est fondamental de rester le principal fournisseur des usines régionales pour protéger nos débouchés », insiste la coo­pérative, soulignant que « le diester a été particulièrement touché ». En 2007/08, la filière a absorbé 31 000 t de colza Cap Seine. L’éthanolerie BENP Lillebonne, dont la coopérative est actionnaire, a pour sa part capté 18 000 t de blés. Un débouché salvateur pour les blés à faible PS, surabondants en 2007/08. En tout, biocarburants et chimie verte représentent 10 % des débouchés, pour une collecte totale de 1,15 Mt. L’entreprise a aussi élargi ses marchés par une prise de participation dans le numéro trois de l’amidonnerie européenne : Syral.

Production record d’aliments composés

La production d’aliment composés a bondi de 19 % sur un an pour atteindre un record de 109 000 t. Dans un contexte de prix élevés, les éleveurs ont privilégié ces aliments aux céréales en l’état. La hausse de 17 000 t de la demande du secteur des bovins, laitiers notamment (+ 33 %), a également participé à cette dynamique. Mais, entre crise du lait et marasme économique, l’avenir s’obscurcit. « La baisse de la consommation commence déjà à se faire fortement sentir sur la fin de l’année », relaye la coo­pérative. Le secteur de la nutrition animale, premier débouché de Cap Seine (50 %), a absorbé une forte part des blés 2007. Quelque 350 000 t ont néanmoins été orientées vers le secteur meunier, local ou export. La coopérative, qui regroupe 3 600 adhérents, continue de parier sur l’avenir : elle lance un plan d’investissement dans ses infrastructures de 52 M€ sur cinq ans.

Les plus lus

Collecteurs et utilisateurs sont deux maillons de la chaîne qui ne se connaissent pas, en raison de l’existence d’intermédiaires, les exportateurs en l'occurence.
Commercialisation des céréales : embellie pour les exportations françaises sur la campagne 2025-2026

Lors de son conseil spécialisé Grandes cultures du 13 mai 2026, FranceAgriMer a jugé que la dynamique des exportations…

<em class="placeholder">péniche sur l&#039;eau</em>
Fret fluvial : le trafic agricole sur le bassin de la Seine devrait repartir en 2026, après un recul en 2025

Le transport fluvial sur le bassin de la Seine s’est montré résilient en 2025, malgré la mauvaise récolte céréalière de 2024…

<em class="placeholder">Granulé d&#039;engrais.</em>
Prix des engrais : les hausses se poursuivent dans un contexte toujours incertain au Moyen-Orient

La hausse des cours des engrais sur le marché physique français limite la demande.

<em class="placeholder">Coupe de luzerne dans la Marne.</em>
Luzerne déshydratée : la culture retrouve une dynamique positive en 2025-2026
Après une campagne 2024-2025 difficile, la filière luzerne déshydratée dresse un premier bilan favorable de la campagne 2025-2026…
Graphique prix blé orge maïs France au 11 mai 2026
Marché des céréales du 11 mai 2026 –  Des hausses de prix en blé et maïs confortées par le renchérissement du pétrole

L’évolution des prix du colza et du tournesol français entre le 8 et le 11 mai 2026, expliquée par La Dépêche-Le Petit Meunier…

Graphique prix blé maïs orge France au 15 mai 2026
Marché des céréales du 15 mai 2026 –  Des prix du blé et du maïs en chute libre malgré la hausse du prix du pétrole

L’évolution des prix du blé, de l’orge et du maïs français entre le 14 et le 15 mai 2026, expliquée par La Dépêche-Le Petit…

Publicité
Titre
Je m'abonne
Body
A partir de 958€/an
Liste à puce
Accédez à tous les articles du site La dépêche – le petit meunier
Bénéficiez de la base de cotations en ligne
Consultez votre revue numérique la dépêche – le petit meunier
Recevez les évolutions des marchés de la journée dans la COTidienne