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Protéines végétales
Axéréal : une filière soja cohérente

Mise en place pour répondre à la demande d’un acteur important de la grande distribution, la filière soja local de la coopérative Axéréal va du semis au poulet en rayon. 

© SooYeongBeh

Avec 460 000 t d’aliments produits dans ses neuf usines, Axéréal Élevage consomme environ 7 % de soja. « Actuellement, nous utilisons un tiers de tourteaux de soja, un tiers de tourteaux de colza et un tiers de tourteaux de tournesol », explique Michel Tessiot, responsable achat Axéréal Élevage.

À la demande de Carrefour

« C’est la première filière de production mise en place à partir de l’aval, pour répondre à une demande d’un distributeur », indique Michel Tessiot, également chargé du développement de la filière locale de soja depuis 2014. Carrefour met en effet la provenance « soja français » sur ses étiquettes. La première pierre est posée sur ce qui fâche : le prix. « Il fallait établir un prix d’équilibre pour toutes les parties: les agriculteurs comme les éleveurs. Nous avons donc commencé par chiffrer le coût d’une telle filière, avec des tourteaux non OGM, qui ont une valorisation nutritionnelle spécifique puisqu’ils sont partiellement déshuilés seulement dans un outil de trituration de notre région. Il faut donc aussi prendre en compte la valorisation de l’huile en nutrition animale », ajoute Cathy Hatté, directrice achat-appro-formulation. La filière se fixait un objectif de 4 000 et 5 000 t de graines produites par des adhérents de la coopérative.

« La base de la pérennité de la filière, c’est de se coller au prix du marché libre tout en fixant un seuil au-dessous duquel le producteur ne sème plus et de s’engager sur la durée, trois ans dans notre cas. Le point critique, c’est vraiment ce seuil », développe Cathy Hatté. La coopérative l’a donc déterminé en chiffrant une marge brute compatible avec les autres cultures de la zone, en incluant l’avantage agronomique du soja sur l’ensemble de la rotation, mais également l’obligation d’achat de semences certifiées et, selon les parcelles, de l’inoculum complémentaire (environ 30 € par hectare à ajouter au prix de la semence). Au fur et à mesure, l’obligation d’inoculum régresse dans les parcelles, car le sol s’enrichit.

« Il faut le débouché pour garantir la production. Nous avons beaucoup entendu “Le soja, ça ne pousse pas ici”, alors qu’il y en avait il y a une vingtaine d’années. Les producteurs ont besoin de sécurité pour s’engager », résume-t-il. Et la coopérative investit en agronomie. La réussite est là : après des premiers essais en 2015, la première récolte de 2016 atteint 1 500 t de graines. L’équilibre production/besoin est atteint dès 2018 et les 8 000 t sont dépassées cette année. « Nous réfléchissons à l’élargissement de ce modèle hors de la seule filière Carrefour, mais il existe toujours une certaine inertie dans une telle mise en place et, surtout, des effets de seuils », souligne Cathy Hatté. Quant au bio, il a démarré il y a trois ans. « Nous ne sommes pas encore autosuffisants, mais cela progresse », constate Michel Tessiot.

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