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Compétitivité / Contractualisation
Attaquée par la filière porcine, la nutrition animale se défend

IL FAUT passer « d’une logique de prix spot à une logique de construction de marge au travers d’engagements contractuels », mais ce type de « raisonnement peine à prendre dans la filière porcine, faute d’engagement de l’aval », remarquent Coop de France Nutrition animale et le Snia dans une lettre ouverte commune, adressée le 25 janvier au président du Sniv-SNCP, Jean-Paul Bigard. Une réponse à ce qu’ils jugent comme « une attaque en règle » auxquels certains intervenants de la filière porcine se sont prêtés dans un document du 16 janvier. Pour les fabricants d’aliments, la nécessaire « construction d’une filière porcine forte ne pourra se faire que dans le respect et l’équilibre économique de chacun de ses maillons et nous sommes prêts à œuvrer en ce sens avec l’ensemble de la filière ».

L’aval doit sortir de la logique spéculative
« Prises en étau, les entreprises (de l’industrie d’abattage et de découpe de viande porcine, NDLR) manquent d’air et c’est maintenant l’agonie qui les guette : les pertes de l’année 2011 dépassent les 100 M€ », écrit le syndicat des filières viandes dans son communiqué. Il poursuit : « La charge la plus importante et la plus volatile de la filière porcine est celle de l’alimentation animale et les éleveurs de porcs sont soumis aux aléas du marché des céréales et des oléoprotéagineux. Alors, posons une question : pourquoi l’aval de la filière doit-il toujours être la variable d’ajustement du marché céréalier ? Pourquoi les entreprises d’abattage sont-elles prises à partie, vilipendées, accusées, rendues responsables des difficultés des éleveurs alors qu’aucun compte n’est jamais demandé à l’industrie de la nutrition animale et au secteur des grandes cultures ? Eux, ne sont jamais critiqués sur leurs marges. »
Les industriels de la nutrition animale partagent avec l’aval la conviction que, face aux difficultés économiques, « il est indispensable de faire évoluer le modèle porcin français afin qu’il réponde aux enjeux de la compétitivité européenne et mondiale », résument Jean-Luc Cade et Alain Guillaume, respectivement président de Coop de France NA et du Snia. Les fabricants d’aliments soulignent à cet égard qu’ils  jouent « de longue date un rôle de tampon entre les fluctuations des marchés des matières premières et les éleveurs ». Et ils ont « de tout temps travaillé pour la compétitivité de l’ensemble des filières animales », en diversifiant les sources d’approvisionnement, jouant sur la formulation et les techniques d’achat pour des aliments au meilleur coût. Mais « face à l’accroissement de la volatilité (…) ces outils traditionnels ont atteint leurs limites ». Ils ne permettent plus « une juste répercussion des évolutions tout au long de la chaîne ». C’est pourquoi les Fab ont « initié, il y a dix-huit mois, une réflexion de fond sur les relations animal/végétal et proposé aux filières » de développer la contractualisation. Une démarche qui ne semble pas prendre dans la filière porcine. « Nous aurons beau proposer aux éleveurs de sécuriser leur coût alimentaire sur plusieurs mois, s’ils ne disposent pas, sur une même période, d’une visibilité sur leur prix de vente, ils ne seront que peu enclins à s’engager et continueront de subir les fluctuations des tarifs aliments, eux même tributaires des cours des matières premières », regrettent-ils. Et de poursuivre : « La logique spéculative qui prévaut encore aujourd’hui à l’aval (jusqu’au distributeur en passant par les transformateurs), enfermé dans des achats à prix spot, rend vains les efforts initiés par l’ensemble des maillons amont. »

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