Blé tendre
Marché des céréales et du sucre du 12 au 20 mai 2026 - Acheteurs et vendeurs se regardent en chiens de faïence
L’évolution hebdomadaire des prix des céréales (blé tendre, blé dur, orge fourragère, orge de brasserie, maïs et autres céréales secondaires) et du sucre, ainsi que des coûts du fret fluvial, sur le marché physique français entre le 12 et le 20 mai 2026, expliquée par La Dépêche Le Petit meunier.
L’évolution hebdomadaire des prix des céréales (blé tendre, blé dur, orge fourragère, orge de brasserie, maïs et autres céréales secondaires) et du sucre, ainsi que des coûts du fret fluvial, sur le marché physique français entre le 12 et le 20 mai 2026, expliquée par La Dépêche Le Petit meunier.
Le cours du blé tendre en rendu Rouen, sa place de référence sur le marché physique français, a quelque peu reculé entre le 12 et le 20 mai 2026, perdant 1,50 €/t à 220,50 €/t. Sur Euronext, le contrat blé a évolué irrégulièrement sur la semaine, gagnant 0,25 €/t sur l’échéance septembre 2026 à 216,75 €/t mais cédant 1,25 €/t sur celle de décembre 2026 à 224,50 €/t. Sur le CBOT, les cours du blé états-unien se sont repliés, reculant de 18,50 cts$/boisseau sur l’échéance juillet 2026 à 660,50 cts$/boisseau et 18 cts$/boisseau sur l’échéance septembre 2026, à 673,50 cts$/boisseau.
La demande des fabricants d’aliments pour animaux français est faible et semble diminuer. Dans le quart Nord-Ouest, un flux semble néanmoins se maintenir tant sur l’ancienne récolte que sur la nouvelle, contrairement à d’autres régions. Dans le quart Sud-Ouest, les acheteurs français sont peu présents. En revanche, les Espagnols sont aux achats. La demande en portuaire est en revanche dynamique. Plus les bassins sont éloignés des ports, plus les prix sont bas.
Le Conseil international des céréales (CIC) a publié ce jeudi son analyse de marché. La prévision de production mondiale de céréales en 2025-2026 a été revue à la hausse à 2 477 Mt, supérieure aux campagnes précédentes. Toutefois compte tenu d’une révision à la hausse également de la consommation mondiale, les stocks mondiaux restent inchangés en 2025-2026 à 638 Mt. La production mondiale de blé est annonce en 2025-2026 par le CIC à 845 Mt contre 801 Mt, en 2024-2025.
La production mondiale de céréales devrait diminuer en 2026-2027 de 3 % selon le CIC, constituant la première baisse en quatre ans. La production de blé est anticipée sur 2026-2027 à 820 Mt, en baisse de 1 Mt par rapport aux estimations précédentes d’avril 2026 et la consommation est estimée à 827 Mt en hausse de 1 Mt par rapport à l’estimation d’avril. Les stoks de fin de campagne 2026-2027 pour le blé sont estimés à 282 Mt contre 284 Mt estimés en avril et 288 Mt en 2025-2026.
Arrêt de la navigation sur le canal du Nord
Sur le bassin de la Seine, les coûts du fret fluvial n’ont pas évolué entre le 12 et le 20 mai 2026, exception faite du trajet Arques-Anvers qui perd 0,50 €/t. Cependant, ils restent fermes, en lien direct avec la hausse des prix des carburants, consécutive au blocage du détroit d’Ormuz dans le cadre du conflit au Moyen-Orient. Sur le port de Rouen, l’activité est irrégulière et porte sur des volumes loin d’être pléthoriques, avec un prévisionnel limité sur le mois de juin. Les organismes stockeurs sont dans l’attentisme, alors que la nouvelle récolte céréalière se profile et est attendue précoce, avec de premières coupes prévues durant la deuxième quinzaine de juin. Les nombreux jours fériés de ce mois de mai (une seule semaine comptabilise 5 jours ouvrés) compliquent la programmation de transports. De même que la période de chômage sur l’Oise à destination de Rouen qui a démarré le 18 mai, ce qui va augmenter le coût à la tonne en raison d’un enfoncement limité.
Sur l’intracommunautaire, l’activité s’essouffle au départ du nord de la France et les perspectives pour le mois prochain ne sont guère optimistes.
Le Rhin et la Moselle demeurent navigables
Sur le Rhin, les prix de base du transport par la voie d’eau n’ont pas évolué d’une semaine sur l’autre. La navigation est pénalisée par la baisse du niveau du fleuve, qui a conduit à l’application de surcoûts de transport de 20 % pour cause de basses eaux.
Karine Floquet et Laurent Morin
Maïs
Tendance baissière
Le prix du maïs en rendu Bordeaux, sa place de référence sur le marché physique français, est de nouveau coté ce 20 mai 2026. Sur le rendu Pontivy-Guingamp, la céréale a cédé 4,50 €/t entre le 12 et le 20 mai 2026 sur la période mai-juin, pour s’établir à 211 €/t. Sur Euronext, le cours du maïs sur l’échéance juin (récolte 2025) a gagné du terrain sur la semaine, gagnant 1 €/t à 216,50 €/t, mais en a perdu sur l’échéance août 2026 (-2,75 €/t à 218,75 €/t) et l’échéance novembre 2026 (-4 €/t, à 213 €/t). Sur le CBOT, le contrat maïs a également reculé sur l’échéance juillet 2026 (récolte 2025), de 14,25 ct$/boisseau à 465,75 ct$/boisseau, et sur l’échéance septembre 2026 (récolte 2026), de 13,75 cts$/boisseau à 472,50 cts$/boisseau.
Les maisiculteurs sont revenus sur le marché une fois les semis réalisés. Mais l’écart entre les prix vendeurs et les prix acheteurs est le plus souvent trop élevé pour que les achats puissent se faire. L’incertitude sur les coûts de transport, induite par la volatilité des prix du pétrole, rend les opérateurs peu enclins à conclure des affaires. Les maïsiculteurs ont trop tardé à vendre.
L’estimation de la production reste inchangée à 1300 Mt. Seule la consommation est anticipée en hausse de 1Mt par rapport à l’estimation d’avril. Le stock de fin de camapgne 2026-2027 est donc anticipé à 291 Mt contre 292 Mt estimés en avril et 307 Mt en 2025-2026.
Barva Invest Agnecy, spécialiste des informations et analyses de marché en Ukraine, estime que la production de maïs pourrait atteindre 32,1 Mt en 2026-2027 contre 30,4 Mt en 2025-2026 en Ukraine. Le rythme des semis est cependant en retard par rapport à la précédente campagne.
Orge fourragère
Marché peu animé
Les prix de l’orge fourragère en rendu Rouen, sa place de référence sur le marché physique français, ont gagné 3 €/t entre le 12 et le 20 mai 2026, pour s’établir à 204 €/t. L’activité est au ralenti. Au Maroc, les cultures d’orge au Maroc sont plutôt en bon état mais les tiges trop courtes, selon Aziz Laaziz, ingénieur agronome et analyste matières premières agricoles. Si les cumuls de pluie à ce jour sont plutôt corrects, ils ont manqué durant la montaison.
Orge de brasserie
Evolution contrastée des cours
Les cotations d’orge de brasserie sur le marché physique français ont suivi une tendance plutôt baissière en Faro (variété d’hiver), perdant de 0 €/t à 4 €/t, mais plutôt haussière en Planet (variété de printemps), gagnant de 0 €/t à 2 €/t, sur la période allant du 12 et le 20 mai 2026. L’activité sur le marché brassicole est en dents de scie, avec des volumes d’échanges limités. Acheteurs et vendeurs ont du mal à accorder leurs violons. La récolte 2026 s’annonce pléthorique par rapport à la demande des malteurs, ce qui laisse présager une réorientation de lots d’orge de brasserie en alimentation animale. À confirmer.
Blé dur
Statu quo
Les cotations en ancienne campagne sont nominalement reconduites, avec quasiment aucune activité.
Ce lundi, la première estimation « officielle » de la récolte de blé dur 2026-2027 en Italie a été communiquée par le CREA lors des "Durum Days" à Foggia. Elle s’établit à 3,85 Mt, soit une hausse de 5 % par rapport aux 3,65 Mt de la campagne dernière (selon les données de l’Istat), et ce, grâce à des conditions météorologiques favorables et à des rendements moyens plus élevés.
Sucre
Les prix du sucre ont cédé un tout petit peu de terrain sur la semaine
Les prix du sucre brut ont reculé sur la période allant du 11 au 18 mai 2026 : - 0,18 ct$/livre, à 15,33 cts$/livre en sucre brut et – 0,35 $/t, à 436,70 $/t en sucre raffiné. À noter cependant que les prix de référence ont connu un pic le 13 mai (15,95 cts$/livre en brut et 454 $/t en raffiné). L’Organisation internationale du sucre (ISO) a annoncé ce lundi de nouvelles prévisions de production de sucre dans le monde, à la fois pour la campagne 2025-2026 et pour celle de 2026-2027. Pour la première, on devrait atteindre un record de 182 Mt, en hausse de 3,5 % sur un an, le surplus (offre par rapport à demande) atteignant 2,2 Mt contre 1,22 Mt annoncées en février (le « surplus » était négatif en 2024-2025). En revanche, la production pour 2026-2027 pourrait n’atteindre que 180 Mt (- 1,1 %) et le déficit s’afficher à – 262 000 t. L’ISO anticipe un effet négatif du phénomène météorologique El Nino pour 2026-2027 sur les volumes de production, notamment en Inde et en Thaïlande. Par ailleurs, en Inde, les autorités ont annoncé, le 13 mai, la suspension avec effet immédiat des exportations de sucre brut et blanc, jusqu’à la fin du mois de septembre.
Karine Floquet et Laurent Morin
Blé tendre
- Le dôme de chaleur attendu en fin de semaine en France.
- Déroulement des semis russes.
- L’état de sécheresse des sols aux États-Unis.
- Rapport du CIC à paraître ce 21 mai.
Maïs
- Avancements de semis aux États-Unis.
- Besoins des États membres du nord de l’Union européenne.
- Quid des ensemencements dans l’Union européenne.
- Écoulement des volumes en ancienne récolte en Europe, et notamment en France.
- Rapport du CIC à paraître ce 21 mai.
Orge
- Demande intérieure et à l’exportation sur pays tiers (notamment le Moyen-Orient).
- Conditions de culture en France.
- Demande de la nutrition animale.
- Rapport du CIC à paraître ce 21 mai.
Karine Floquet