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Filière luzerne déshydratée
« 2021 se présente bien mais il faut refaire des stocks »

Pierre Bégoc, directeur général de Désialis, spécialiste en Europe des produits déshydratés, fait le point à la veille de la nouvelle campagne.

Pierre Bégoc, directeur général de Désialis. L'entreprise est installée dans des nouveaux locaux, rue de Ponthieu à Paris 08, depuis mi-février.
© Désialis
La Dépêche-Le Petit Meunier : Pouvez-vous nous faire un bilan de l’année écoulée ?

Pierre Bégoc : 2020 a été une année compliquée en raison de la crise sanitaire, mais pas seulement. La filière luzerne a montré sa résilience de la plaine au service du client. À presque un mois de la fin de la campagne, prévue pour le 30 avril, nous nous dirigeons vers des rendements inférieurs à 10 t/ha de matière sèche. La complexité de la campagne qui s’achève vient aussi du fait qu’il s’agit de la troisième frappée par la sécheresse. On note une évolution majeure par rapport à ce phénomène : la sécheresse était au niveau de l’Europe en 2018, de la France en 2019 et elle a frappé le Grand Est en 2020, zone majeure de production de luzerne. C’est de plus en plus pénalisant.

LD-LPM : Quelles conséquences concrètes sur la commercialisation ?

P. B. : 2020/2021 se soldera par un recul de 21 % des volumes tant en pellets qu’en balles, un recul hors norme. Ce sont aussi 140 000 t de ressources en moins par rapport au scénario du printemps 2020. Nous avons très tôt expliqué à nos clients ce qui se passait pour envisager avec eux les différents scénarios possibles et maintenir de la confiance entre eux et nous. Car la production a été moyenne jusqu’en octobre et la quatrième coupe n’a pas compensé le faible rendement des trois premières. Nous avons travaillé avec les stocks existants également et avons mis en place un lissage des flux, notamment pour l’exportation. Nous avons préservé notre courant d’affaires historique et de proximité.

LD-LPM : Et 2021 ?

P. B. : Nous étions arrivés à stabiliser les surfaces mises en culture l’an passé et cette année une très légère augmentation de ces surfaces est observée. Tout cela dans un contexte de marchés explosifs (cours des céréales, coût du fret, comportement de la Chine…). Nous sommes déjà revenus sur le marché pour les pellets en février et à la mi-mars pour les balles. Pour le moment, le potentiel semble correct mais tout cela est sous extrême vigilance. Il n’y a pas d’alerte majeure du côté météo et on espère un démarrage des coupes pas trop tardif. Nous faisons un tour de plaine cette fin de mois.

LD-LPM : Et pour conclure ?

P. B. : Tout d’abord, nous nous inscrivons complètement dans la ligne du plan luzerne à horizon 2026 pour répondre aux attentes sociétales (protéines produites localement et non-OGM, réduction des GES, économie dans l’utilisation des moyens de production…). Ensuite, nous voyons le segment du bio progresser vite. En fait, c’est ce segment qui réalise une grande partie de l’augmentation globale des surfaces. Nous avons une forte concurrence avec l’Italie sur la luzerne bio. Sur le conventionnel, les concurrents sont l’Espagne, traditionnellement, mais aussi la Bulgarie ou encore la Roumanie qui se structurent. Enfin, la luzerne en alimentation équine est une famille de produits historique et prometteuse.

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