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Exportations des céréales françaises : une campagne 2025-2026 correcte et 2026-2027 prometteuse pour le port Atlantique La Rochelle

À l’occasion de la Bourse maritime agricole La Rochelle-Pallice, les acteurs du port ont dressé un premier bilan de la campagne 2025-2026 et donner quelques indications pour 2026-2027.

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Chargement de 33 000 t d'orge au Quai Lombard sur le Port Atlantique La Rochelle.
© Thierry Rambaud - PALR

À l’approche de la fin de la campagne commerciale en grains 2025-2026 et juste avant le début des moissons qui feront la campagne commerciale 2026-2027, les principaux acteurs du Port Atlantique La Rochelle ont présenté, vendredi 19 juin 2026 à l’occasion de la Bourse maritime agricole La Rochelle-Pallice, un premier bilan de la campagne qui s’achève.

Arabie saoudite et Chine, destinations de prédilection pour le port de La Rochelle après l’Europe

Pour Vincent Poudevigne, directeur général du Groupe Sica Atlantique, « la campagne 2025-2026 a renoué avec un volume de chargement relativement correct avec 2,1 Mt chargées entre La Pallice et Tonnay-Charente, dont 130 000 t sur le second site. On est dans la fourchette basse de la moyenne » du tonnage exporté depuis quelques années. Mais c’est quand même 30 % de plus que l’activité de l’an passé.

Le blé tendre représente 50 % des activités, le blé dur 6 %, les orges 30 % et le solde concerne le maïs, « avec une récolte exceptionnelle ». L’Europe demeure un des débouchés essentiels du port (Espagne, Portugal, Royaume-Uni en tête) mais l’Arabie saoudite et la Chine, avec 200 000 t expédiées vers chacun de ces pays, et l’Afrique de l’Ouest (725 000 t, dont 72 % de blé tendre) constituent les autres destinations de prédilection. Le Maroc et la Mauritanie sont également dans le top 10 des clients.

Pour Frédéric Guillemin, directeur du pôle blé chez Socomac/Soufflet Négoce by In Vivo, l’autre grand acteur du port dans le domaine du grain, la campagne 2025-2026 a été « tout à fait acceptable, tant en termes de volumes qu’en termes de qualité, avec 1,6 Mt chargées, dont 45 % vers l’UE et le Royaume-Uni ». L’entreprise a traité 750 000 t de blé tendre, 400 000 t d’orge fourragère, 280 000 t de maïs, 110 000 t d’orge de brasserie. Le solde se répartit entre blé dur, blé de force, colza et soja. Dans le top 5 des destinations servies par Socomac, on trouve le Maroc, la Chine, la Côte d’Ivoire, l’Arabie saoudite et le Portugal.

Travailler le report modal pour acheminer les marchandises au port

Un élément à souligner également, c’est la nette progression du report modal (des camions vers le train) pour acheminer les marchandises de l’intérieur des zones de récoltes (hinterland) vers les installations portuaires. « Nous avons effectué, au niveau du port et avec l’ensemble des acteurs, un travail pour convaincre des opérateurs situés toujours plus loin de notre zone, comme Niort, Cognac ou encore Poitiers, de basculer leurs expéditions sur le train. C’est difficile et long de faire changer leurs habitudes aux opérateurs. La limite se situe du côté du réseau capillaire », ces petites voies un temps abandonnées, qui permettent de faire transiter les grains vers le réseau principal.

« Il y a aussi une évolution sur le fait qu’il manque des chauffeurs de camions de façon récurrente. Et l’idée que le train a moins d’impacts environnementaux négatifs que le transport routier commence à faire son chemin », souligne également Frédéric Guillemin qui fait remarquer qu’en 2025-2026, « le pré-acheminement ferroviaire a atteint 30 %, en progression de 3 % et le train permet d’aller chercher plus loin des marchandises (Indre-et-Loire, Cher ou encore Loiret). On travaille aussi sur le fait de mieux faire correspondre l’offre de services et de logistique pour mieux faire correspondre nos ressources avec le temps de mise en marché des agriculteurs ».

Pour Vincent Poudevigne, « c’est un mode de perfectionnement et d’amélioration continue. Il faut aussi considérer qu’un seul train décharge en trois heures avec une analyse de base des grains déjà effectuée, tandis que plusieurs camions, sur lesquels l’analyse reste à faire, mettront beaucoup plus de temps à décharger ».

Des qualités prometteuses pour les céréales de la nouvelle campagne 2026-2027

Pour la nouvelle campagne d’exportation des céréales 2026-2027, l’espoir est de mise, annoncent les deux opérateurs. « La récolte commence et les retours nous laissent à penser à des rendements dans la moyenne cinq ans mais plutôt dans le haut de la fourchette », lâche Frédéric Guillemin. Les premières indications donnent des poids spécifiques (PS) « très importants » et des taux de protéine au-dessus de 11,5 %, peut-être supérieurs à 12 % dans certains cas. « Alors qu’on était plus sur un taux proche de 11 % ces derniers temps, la barre des 11,5 % permet de répondre à un maximum de clients », indique au passage Vincent Poudevigne.

Un marché algérien qui resterait fermé mais des opportunités pour les céréales françaises en Afrique de l’Ouest

En ce qui concerne les destinations en campagne 2026-2027 en blé, les deux dirigeants anticipent un marché algérien toujours fermé et un marché marocain qui pourrait se réduire en raison d’une très bonne récolte dans le pays. Mais la zone Afrique de l’Ouest, avec par exemple la Côte d’Ivoire et le Sénégal, présente des opportunités intéressantes.

Des bateaux d’orge déjà en route pour la Chine

En orge, si la récolte pourrait s’avérer moyenne cette année, les exportations démarrent de façon importante déjà, avec des bateaux dès juillet pour le grand export et notamment vers la Chine. « On sera sans doute un peu en dessous du niveau de performance de l’an passé pour l’orge mais le débouché Chine apparaît comme très prometteur cette année. »

La compétitivité prix de l’offre mer Noire à surveiller

Attention cependant, Vincent Poudevigne et Frédéric Guillemin demeurent prudents sur la suite de la récolte car la vague de chaleur, et la sécheresse qui va avec, pourrait rebattre en partie les cartes. Autres éléments de vigilance : d’une part, la compétitivité prix face à une offre mer Noire qui pourrait être très abondante et, d’autre part, la tentation de la rétention par les agriculteurs qui pourraient considérer que les prix offerts, notamment en début de campagne, ne sont pas satisfaisants.

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