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Filière BVP
[Coronavirus Covid 19] La boulangerie artisanale et industrielle française navigue à vue

© Pexels (Pixabay)

Jean François Loiseau, président d’Intercéréales et de l’Association nationale de la Meunerie française, a bien souligné, le 10 juin, que la filière Céréales-Farine-Pain avait absorbé les coûts liés à la crise pandémique Covid-19 depuis le début du confinement(/ladepeche/coronavirus-covid-19-jean-francois-loiseau-le-secteur-absorbe-tous-les-surcouts-lies-au-covid-19. Les professionnels de cette filière travaillent aujourd’hui au monde « d’après ».

La CNBPF accompagne les boulangeries artisanales

La Confédération nationale de la boulangerie-pâtisserie française (CNBPF) a édité, le 11 juin en partenariat avec AG2R La Mondiale, un guide baptisé « Kit Covid » pour aider ses adhérents à gérer la reprise d’un point de vue sanitaire. Trois parties constituent ce document : Guide boulanger, Guide boutique et Guide laboratoire. La CNBPF a également édité un Guide pratique sur les mesures d’accompagnement – actualisé le 8 juin – dans les domaines social (chômage partiel, arrêt de travail, report de cotisations, apprentissage…), fiscal (report d’impôts…), aides (fonds de solidarité, prêts garantis par l’État, demande de report de loyers au bailleur…).

Enfin, en collaboration avec l’agence Équitable, la CNBPF a réalisé un plan de continuité dédié aux entreprises de boulangerie (Guide de bonnes pratiques pour le personnel, Guide de bonnes pratiques pour les locaux de petite taille et enfin Guide pratique pour les locaux de grande taille).

Mise de côté en raison de la crise pandémique, la CNBPF relance aussi sa démarche du « fait maison » avec sa charte Boulanger de France, organisée autour de quatre engagements : fabrication, bien-être/hygiène, accueil/responsabilité et engagement sociétal, ces quatre axes étant soumis au Bureau Veritas, organisme de certification pour le candidat signataire. Une lettre a été diffusée à 30 000 boulangers pour expliquer cette démarche.

Grande inquiétude dans l’industrie

Du côté de la Fédération des entreprises de boulangerie (Feb), Matthieu Labbé, délégué général, souligne que « la situation sociale devient préoccupante dans la filière avec de plus en plus de craintes importantes sur des entreprises en difficulté ». Selon lui, « même si les prêts garantis par l’État ont bien fonctionné », il doute que ce sera suffisant. « L’activité n’a pas repris sur des pans entiers de nos métiers, notamment en café-hôtel-restaurant ou encore sur le snacking. » Un « frémissement » d’espoir naît sur l’exportation et « nous travaillons actuellement à un plan de relance avec Business France en boulangerie, pâtisserie et viennoiserie ».

Le représentant de la Feb appelle également toute la filière à jouer le jeu du « consommons français » et craint que la notion de coût supplémentaire induit par une production made in France se heurte aux demandes sur les exigences de prix bas exprimés par la grande distribution. « J’appelle les pouvoirs publics à une extrême vigilance dans les semaines qui viennent et l’État à une vraie reconnaissance de la situation difficile de nos entreprises afin de pouvoir bénéficier d’exonérations de charges. »

Vis-à-vis de ses adhérents, la Fédération des entreprises de boulangerie travaille beaucoup à l’explication des nouvelles lois et à la compréhension des nouvelles dispositions juridiques dans le cadre de la reprise des activités économiques afin d’éviter des problèmes juridiques aux entreprises de la filière.

Quid des aides de l’État ?

Le projet de loi de Finances rectificatif numéro 3 ou PLFR3 a apporté un éclairage sur les soutiens possibles aux act vités économiques de certains secteurs, le 10 juin. Il envisage le cas de services marchands fortement dépendants de l’accès du public (culture, sport, transport aérien ou événementiel) et qui ont cessé leur activité pendant la crise sanitaire, pénalisant leurs fournisseurs (agriculture, agroalimentaire, commerce de gros, restauration…). À l’étude : la possibilité d’exonérations sociales et de contributions sociales pour les employeurs et travailleurs indépendants. Un volume de crédit de 3 Md€ est évoqué.

Les dispositifs d’activité partielle et du fonds de solidarité pour les secteurs de l’hôtellerie, de la restauration, des cafés, du tourisme et de l’événementiel seront améliorés.

D’autres dispositifs devraient voir le jour ou être maintenus : incitation à consommer en RHD avec le relèvement du seuil à 38 €, sous certaines conditions, pour les tickets-restaurants, distribution de chèques-services pour l’alimentation dans le cadre des aides aux personnes les plus vulnérables, création d’un dispositif d’aides sous la forme d’avances remboursables et de prêts à taux bonifiés pour les petites et moyennes entreprises, plan tourisme de 18 Md€ qui pourra aider la consommation dans les territoires, étalement jusqu’à trente-six mois du paiement des cotisations reportées… 

Plus en rapport avec la production agricole, les chefs d’exploitation associées en Gaec éligibles au fonds de solidarité pourront déposer une demande individuelle d’indemnisation.

 

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