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Recherche et développement
Inrae : Métabio, des leviers pour déployer la production biologique

Concordance des événements, le Congrès international de la Nature, du 3 au 11 septembre à Marseille, ainsi que le Congrès mondial de la bio, du 6 au 10 septembre à Rennes, amènent l’Inrae à faire le point sur son métaprogramme bio, lancé en 2019.

Les légumineuses en rotations, un des leviers pour solutionner la fertilisation des cultures bio et pour rééquilibrer le régime alimentaire humaine en protéines végétales.
© Inrae - Bertrand Nicolas

« Métabio fait partie de l’axe Recherche du plan Ambition bio 2022 de l’Etat, rappelle Philippe Mauguin, président-directeur général de l’Institut national de la recherche agronomique (Inrae). Pour en présenter les enjeux et les avancées, nous sommes très actifs dans les événements de ce début septembre que sont le Congrès international de la Nature et le Congrès mondial de la bio. »  Une trentaine d’interventions de scientifiques de l’Inrae est, par exemple, programmée au Congrès mondial de la bio, organisé pour la première fois en France. « L’agriculture a un impact indéniable sur la perte de la biodiversité, reconnaît-il. Elle est aussi victime de son érosion, et également la solution à travers l’agroécologie. Et la bio joue un rôle majeur dans cette solution. » L’Inrae est devenu en 2016 le premier acteur mondial de la recherche sur la bio.

Accompagner le changement d’échelle

Alors qu’en France, la production biologique continue à progresser (couvrant 9,5 % de la surface agricole française avec 2,55 Mha et près de 53 300 fermes en 2020 générant 200 000 emplois), la question du changement d’échelle est plus que jamais d’actualité. Ce, d’autant plus que l’objectif de l’Union européenne est d’atteindre 25 % de surfaces bio en 2030. Si la demande des consommateurs reste forte, de nombreuses questions se posent sur le développement de ce mode de production.

« Notre rôle est de lever les freins pouvant l’entraver et de trouver des leviers et des innovations pour l’accompagner », rappelle Philippe Mauguin. Quelque 17 unités expérimentales de l’Inrae, dans toutes les régions, testent des dispositifs bio imaginés par les chercheurs, sur l'ensemble des productions, à travers les diverses disciplines, aux plans technique, économique, sanitaire, organoleptique, sociétal et des politiques publiques.

Défis, solutions et innovations

La programme Métabio s’attaquent aux nombreux défis de la bio. D’abord, à celui de la fertilité des sols. Les évolutions réglementaires limitant les sources d’engrais issus d’effluents conventionnels rebattent les cartes, posant les questions de la disponibilité suffisante en azote et phosphore, et surtout de leurs coûts. « Nous développons des outils de diagnostic pour mieux gérer la fertilisation », explique Claire Jouany, chercheuse au sein de l'unité mixte Agroécologie à Toulouse. « Nous travaillons aussi sur des conceptions de systèmes bas-intrants qui maximisent la biodiversité végétale, les associations à base de légumineuses pour l’azote, la diversification spatiale et dans le temps, les rotations, les plantes de service, les mélanges d’espèces, et aussi les intercultures», précise Lionel Alletto, directeur de recherche.

« Nous nous appuyons aussi la diversité génétique, en végétal comme en animal, notamment avec des races locales et de la recherche participative en lien avec les agriculteurs », complète Françoise Médale, directrice de Métabio. Le consentement à payer reste la clé, mais la question est de savoir qui prendra en charge le surcoût généré à la production : les politiques publiques et sociales sont proposées comme des pistes à suivre pour rendre la bio accessible à tous.

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