Comme en 2023, l’emploi agricole a enregistré une baisse en 2024 dans quasiment toutes les régions, c’est ce qui ressort d’un dossier d’Agreste consacré à ce sujet et publié en septembre dernier.
Selon les données d’Agreste publiées en septembre dernier dans un dossier consacré à l’emploi agricole, la baisse des emplois agricoles se poursuit un peu partout en France métropolitaine en 2024 mais à un rythme moins soutenu qu’en 2023.
Baisse de l’emploi agricole : quelles sont les productions les plus touchées ?
Mesuré en équivalents temps plein (ETP), l'emploi agricole a diminué de 1,3 % en 2024. Il s’établit à 654 460 ETP, soit 8 730 ETP de moins qu’en 2023. Les plus fortes baisses du volume de travail concernent les exploitations viticoles (- 2,4 %), les exploitations spécialisées en céréales et oléoprotéagineux (- 2,1 % %) ainsi que les exploitations spécialisées en bovins viande (- 2,1 %). Pour les éleveurs de volailles, la baisse est de 0,3 % après - 2,8 % en 2026.
Certaines productions affichent des évolutions annuelles en 2024 opposées à celles de 2023. C’est le cas des « cultures fruitières et autres cultures permanentes », dont le volume de travail recule de 1,6 % après une hausse de 2,4 % en 2023, ainsi que des exploitations spécialisées en maraîchage (+ 0,3 % après - 0,6 %), des équidés et autres herbivores (+ 0,5 % après - 0,3 %) et surtout des élevages porcins (+ 0,6 % après - 4,5 %).
Quelles sont les régions les plus marquées par le recul de l’emploi agricole ?
L’emploi agricole recule dans quasiment toutes les régions. Les baisses les plus marquées concernent la Nouvelle-Aquitaine (- 2,5 %, soit - 2 760 ETP) et l’Occitanie (- 2,1 %, soit - 1 910 ETP), qui sont aussi les deux premières régions en termes de nombre d’ETP (respectivement 17 % et 14 % de l’emploi agricole national). À elles seules, ces deux régions concentrent ainsi plus de la moitié du recul national de l’emploi agricole. Ces baisses sont néanmoins moins marquées qu’en 2023 : - 3,5 % en Nouvelle-Aquitaine et - 4 % en Occitanie. L’Île-de-France enregistre aussi une baisse marquée (- 2,1 %), mais sur des volumes d’emploi beaucoup plus faibles, avec environ 8 060 ETP en 2024, soit 1 % de l’emploi agricole national.
Dans les autres régions les plus importantes en termes d’emploi agricole, la baisse est comparable à la moyenne nationale (- 1,3 %) en Auvergne-Rhône-Alpes (- 1,3 %), en Grand Est (- 0,9 %) ou en Pays de la Loire (- 1,1 %) mais nettement moins marquée en Bretagne, où le volume de travail est quasi stable (- 0,1 %). Enfin, la Corse est la seule région où l’emploi agricole augmente légèrement entre 2023 et 2024 (+ 0,4 %).
Les salaires agricoles augmentent-ils ?
Le salaire horaire brut moyen s’établit à 14,49 euros, en hausse de 2,2 % sur un an, soit + 0,32 euro par heure travaillée par rapport à 2023. « Après les fortes progressions observées en 2023, la hausse des salaires est donc plus modérée en 2024. Elle est similaire à l’évolution du Smic horaire brut sur la même période (+ 2,2 %) » explique Agreste qui note toutefois que le salaire horaire brut moyen augmente davantage en 2024 pour les salariés permanents (+ 2,8 %), pour atteindre 14,89 euros en 2024, que pour les saisonniers ou occasionnels (+ 0,9 %), dont le salaire horaire moyen s’établit à 13,56 euros.
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Pour quelles productions le salaire est-il le plus élevé ?
Les augmentations concernent toutes les productions. Les hausses sont comprises entre 1,8 % dans les exploitations spécialisées en céréales et oléoprotéagineuses et 3,6 % dans les exploitations d’équidés et autres herbivores. « Elles sont ainsi beaucoup plus resserrées qu’en 2023, où elles s’échelonnaient de + 1 % à + 5,8 % selon les orientations productives » souligne Agreste qui explique que les niveaux de salaire restent contrastés. Le salaire horaire moyen demeure le plus élevé en viticulture (16,10 euros) et dans les élevages de volailles (15,98 euros). À l’inverse, ils restent les plus faibles dans les élevages de bovins viande (12,11 euros), de bovins mixtes (12,17 euros) et de bovins lait (12,23 euros).
Les cultures fruitières et autres cultures permanentes (+ 2,0 % après + 5,8 %), les exploitations de légumes ou champignons (+ 2,7 % après + 5,3 %) et la viticulture (+ 2,2 % après + 4,8 %) connaissent des hausses sensiblement moins marquées qu’en 2023.
Les salaires horaires moyens augmentent dans toutes les régions. Les hausses vont de + 1 % dans le Grand Est à + 3,1 % en Bourgogne-Franche-Comté. « Les évolutions régionales sont nettement plus resserrées qu’en 2023, où elles étaient comprises entre + 3,9 % et + 5,8 % » fait toutefois remarquer Agreste. Le salaire horaire moyen reste le plus élevé en Île-de-France (15,26 euros) et en Nouvelle-Aquitaine (15,21 euros), tandis qu’il demeure le plus faible en Normandie (13,27 euros). D’autres régions se situent également au-dessus de la moyenne nationale, comme la Provence-Alpes-Côte d’Azur (14,99 euros), la Bourgogne-Franche-Comté (14,94 euros) et le Grand Est (14,93 euros). À l’inverse, les Hauts-de-France (13,83 euros), l’Occitanie (13,89 euros) et la Corse (13,94 euros) restent en dessous de la moyenne.
Emploi agricole : quelles sont les estimations pour 2025 ?
Selon les estimations provisoires, l’emploi agricole diminuerait de 0,8 % en 2025, porté par le recul du travail non salarié. Selon Agreste, le volume de travail des chefs d’exploitation agricole et coexploitants agricoles diminuerait de 2,2 %, et celui des conjoints et autres actifs non-salariés reculerait de 9,4 %. À l’inverse, l’emploi salarié permanent progresserait de 1,1 %, l’emploi saisonnier ou occasionnel de 2,9 % et les ETP des prestations réalisées par les ETA et les Cuma de 2,8 %.
Le recul de l’emploi se poursuivrait surtout dans les exploitations spécialisées en céréales et oléoprotéagineux (- 2,6 %) et dans les élevages bovins viande (- 2,5 %). Les cultures fruitières et autres cultures permanentes (+ 2,1 %) ainsi que les équidés et autres herbivores (+ 1,7 %) enregistreraient une hausse de l’emploi.
Le salaire horaire moyen augmenterait de 3,4 % en 2025.