Afin d'anticiper les éventuels conflits de voisinage avec les néoruraux, les agriculteurs gersois organisent une journée d'accueil.
Ce samedi 5 avril, les producteurs du Gers ouvrent leurs fermes aux nouveaux arrivants non-agriculteurs installés depuis peu près de chez eux. Une opération de communication qui a pour objectif d’informer ces « rurbains » sur les réalités d’une agriculture bien vivante.
« Nous travaillons depuis trois ans à la rédaction d’une Charte du nouvel arrivant, qui est une sorte de code du bien vivre ensemble en milieu rural, explique Serge Chambert, à la chambre d’agriculture du Gers.
Notre département s’est bâti une solide réputation de pays où il fait bon vivre, notamment parce que c’est l’un des derniers à être resté essentiellement agricole, et cette qualité de vie a attiré de nouvelles populations. Nous pensons qu’une bonne entente avec les agriculteurs passe par la connaissance des attentes et des besoins de chacun. »
Vingt exploitants du Gers, répartis dans le département, accueillerons ainsi leurs voisins, leur expliqueront le travail qu’ils réalisent, leur offriront un buffet campagnard et des jeux pour les enfants. Les agriculteurs ont suivi des formations à l’accueil en vue de cette journée.
Friche sans charme
« Les Gersois ont besoin de ces nouveaux arrivants qui dynamisent le département en participant au maintien des populations et d’infrastructures essentielles à la vie de tous les jours, poursuivent les organisateurs de l’opération.
Ils participent également activement à la préservation du patrimoine, en restaurant des fermes, des maisons de village, des châteaux ».
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Le nombre croissant de Britanniques qui s’installent dans le Gers a d’ailleurs amené certains agriculteurs à prévoir des interprètes pour la journée d’accueil.
« En contrepartie, les néoruraux doivent comprendre que sans les agriculteurs, ce territoire de 100 000 ha ne serait rien d’autre qu’une friche sans aucun charme,reprennent-ils.
Nous voulons leur faire part de nos contraintes, telles que l’obligation de moissonner en un temps limité pour garantir la qualité du blé, l’astreinte quotidienne pour le soin des animaux, le suivi continu des parcelles de vigne pour les préserver des attaques de nuisibles ou de maladies, etc. »
La Chambre d’Agriculture table sur 3 000 à 4 000 visiteurs pour cette première édition. Ils ont été invités par le biais des maires, des notaires, des agents immobiliers ou des agriculteurs. L’opération sera aussi l’occasion, pour 14 structures, porteuses de la démarche et partenaires, de signer un acte d’engagement.