Un plan de relance agricole vert et local

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Le bien-etre animal s'invite en force, avec une enveloppe spécifique aux abattoirs, mais aussi avec un pacte biosécurité-bien-être destiné aux éleveurs. Crédits : © P. Le Douarin

Avec un budget de 100 milliards d’euros, dont 40 % provenant d’aides européennes, le plan France relance annoncé le 3 septembre a vocation à redynamiser dans les deux ans l’activité des entreprises affectées par la crise de la Covid-19. Sur ces 100 milliards, un milliard est spécifiquement réservé à l’agriculture et à l’agroalimentaire, le secteur forestier récupérant 200 millions d’euros (M€) au titre de la lutte contre le réchauffement climatique. Ces fonds s’ajoutent aux budgets déjà programmés de la PAC et de l’État qui s’élèvent à 9 milliards. « C’est du plus plus », a indiqué le ministre de l’Agriculture, Julien Denormandie, lors de sa présentation, en tirant les enseignements de l’urgence climatique et de la pandémie de Sars-CoV-2. Trois axes sont privilégiés : reconquérir la souveraineté alimentaire, accélérer la transition agroécologique et adapter l’agriculteur au changement climatique. Mais ce n’est pas vraiment une nouveauté.

250 millions d’euros pour les filières animales

Pour renforcer la souveraineté alimentaire, l’exécutif prévoit 360 M€, dont 100 M€ pour un plan d’indépendance protéique végétale et 250 M€ pour les filières animales. Cette enveloppe se décompose en 130 M€ pour la modernisation des abattoirs et 100 M€ pour la biosécurité des élevages et le bien-être animal. Le ministre répond aux « attentes » sociétales dont les ONG se font l’écho, comme la déforestation de l’Amazonie pour produire du soja ou des campagnes antiélevages intensifs supposés nuire au bien-être animal. En réponse, l’interprofession avicole de chair (Anvol) a présenté le détail de ses propositions le 7 octobre (après la rédaction de cet article). Selon sa directrice Anne Richard, avec son Pacte 2025 présenté en début d’année, l’aviculture coche de nombreuses cases du plan de relance : sur l’adaptation des bâtiments aux attentes sociétales (rénover 10 % du parc par an), sur le renforcement de la biosécurité, sur la modernisation des abattoirs. L’Anvol a chiffré ses besoins à 600 M€ par an sur plusieurs années. « Cette fois-ci, nous espérons avoir des réponses concrètes, car jusqu’à présent l’aviculture fait partie des grands oubliés de la crise sanitaire, aussi bien au niveau français qu’européen. » Le secteur avicole devrait aussi bénéficier des retombées du plan protéine et des mesures transversales sur la cohésion (sociale et territoriale, emploi, formation) ainsi que sur la rénovation énergétique et les énergies renouvelables.

Faire monter en puissance les circuits courts

Le deuxième axe jugé prioritaire est la transition agroécologique, avec plus de 500 M€ fléchés. Un premier volet concerne les moyens de productions (346 M€). La recherche d’alternative aux pesticides mobilise 135 M€ de primes à la conversion pour l’agroéquipement. Elle est complétée par deux crédits d’impôts, l’un maintenu en bio l’autre créé pour les exploitations certifiées HVE (Haute valeur environnementale), le renforcement de la structuration des filières bio, la plantation de haies. Le second volet de 200 M€ vise le développement d’une alimentation locale. Inspiré par le comportement des Français lors du confinement, Julien Denormandie en a fait une de ses priorités. Il veut stimuler l’offre par des aides à la demande, prenant sous plusieurs formes : le soutien aux cantines scolaires, les projets alimentaires territoriaux impliquant les collectivités et des agriculteurs, les opérations « 1 000 restaurants durables » dans les communes rurales, ainsi que « Jardins partagés » et « Paniers fraîcheurs » pour les ménages les plus modestes. Enfin, 100 M€ sont dégagés dans des investissements contre la sécheresse, le gel et la grêle. Si le plan agricole a été si bien accueilli par la profession, c’est qu’il met l’accent sur la souveraineté alimentaire en l’assortissant de fonds supplémentaires. C’est ce qui avait manqué pour accompagner les contrats de filière élaborés à la suite des États généraux de l’alimentation de 2017.

Les enveloppes agricoles

Indépendance protéique : 100 M€

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Abattoirs, bien-être animal, biosécurité, plein air : 250 M€

Agroéquipements : 250 M€

Transformation (HVE, bio, circuits courts) : 400 M€

<em class="placeholder">Colza associé à deux trèfles en ACS</em>
Le colza est implanté en direct à 60 gr/m2 vers la mi-août. Le semis a été réalisé au monograine à 50 cm en association avec du trèfle blanc nain à 3 kg/ha et du trèfle d'Alexandrie à 5 kg/ha. L’agriculteur estime que l'entre-rang important du colza a facilité l'implantation du trèfle mais à l’inverse, le trèfle bien développé aurait trop concurrencé le colza. « Je vais finalement semer au Semeato cette année avec semis du trèfle à la herse à paille + Delimbe auparavant »,mentionne Benoit. L’objectif serait également de faire une coupe de trèfle après récolte du colza mais pour le moment, la capacité de stockage du séchoir est trop petite pour absorber cette récolte supplémentaire. Un bâtiment supplémentaire est à l’étude. Crédits : © Benoît Gobin

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