Tremblante : le prion présent dans le muscle

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Des chercheurs ont décelé le prion dans le muscle des ovins. Le risque de transmission humaine n’est pas modifié.  

Des protéines prions anormales ont été retrouvées dans les muscles de moutons souffrant de la tremblante, selon une étude française publiée dimanche soir sur le site internet de la revue médicale britannique Nature Medicine. La consommation de la viande d’un animal souffrant de la tremblante du mouton est « actuellement considérée comme non dangereuse pour l’homme », rappellent Olivier Andréotti (Ecole nationale vétérinaire de Toulouse) et les autres chercheurs. Cependant, ajoutent-ils aussitôt, la découverte de la présence du prion sous sa forme anormale dans les muscles de moutons souffrant de la tremblante invite à « réexaminer cette question » en portant une attention particulière au cas où des moutons seraient atteints par l’ESB.

La tremblante du mouton est une maladie neurologique contagieuse à prion, comme le sont l’ESB, la maladie de Creutzfeldt-Jakob classique ou son nouveau variant (forme humaine de la maladie de la vache folle). La publication en mars 2002 de travaux du professeur américain Stanley Prusiner, prix Nobel de médecine pour ses découvertes sur les prions, montrant la présence de l’agent infectieux de la tremblante dans les muscles de la souris avait déjà suscité des craintes. Il s’agissait cependant de souris infectées de manière expérimentale, avec des injections intramusculaires ou intracérébrales de tissus cérébraux de souris ou de hamsters infectés. Des tests sur les muscles de bovins alors effectués par les autorités sanitaires françaises s’étaient révélés négatifs.

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Le prion peut être détecté plusieurs mois avant

Les travaux de l’équipe d’Olivier Andréotti à Toulouse, associée à d’autres chercheurs de l’Institut national de la recherche agronomique (Inra) et du Commissariat à l’énergie atomique (CEA), ont porté à la fois sur des moutons infectés de façon naturelle et sur des moutons infectés de manière expérimentale. Dans les deux types d’expériences, la protéine prion anormale est retrouvée dans les cellules musculaires de plusieurs moutons, jusqu’à plusieurs mois avant l’apparition des symptômes de la tremblante chez l’animal. Les niveaux détectés dans le muscle des moutons infectés sont toutefois 5 000 fois moins élevés que dans le cerveau ou les ganglions lymphatiques, soulignent les chercheurs.

La faible quantité de protéine prion anormale dans le muscle de mouton « ne modifie pas de manière significative le risque de transmission humaine », car on savait déjà que les tissus lymphatiques présents dans les muscles pouvaient en contenir, précisent-ils. Par ailleurs, ajoutent-ils, les données obtenues chez le mouton pour la tremblante ne peuvent pas être extrapolées à l’ESB chez les bovins.

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