Signalisation : des goûts et des couleurs

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La mise en place des mentions et des logos rendus obligatoires par Bruxelles se fera en ordre dispersé en Europe. En France, les opérateurs, peu nombreux à être alertés, ont choisi les deux options : apposer les logos ou la mention en toutes lettres.

Les producteurs français de produits laitiers AOP, représentés par le Cnaol, avaient activement plaidé en faveur d’un nouveau visuel pour les AOP, et finalement obtenu raison avec la création d’un logo rouge et jaune. Pas étonnant dès lors qu’ils aient décidé d’opter pour son apposition rapide sur les étiquetages, d’autant que leur programme de communication, cofinancé par la Commission européenne, est en cours. L’ancien logo AOC des fromages ne sera plus de mise. Les producteurs adhérents à l’Association française des indications géographiques (Afig) ont adopté la même position.

Pour les viandes IGP ou AOP regroupées dans Fil Rouge, même attitude : c’est le logo qui prime, à côté du logo Label Rouge quand il existe. La question se pose de façon différente pour les volailles IGP, dont une partie a opté pour le logo et une autre partie pour la mention en toutes lettres. Hormis quelques volailles comme celles du Gers, des Landes, d’Ancenis, qui porteront le logo, les autres mettront la mention en toutes lettres. Ces opérateurs estiment que c’est le logo Label Rouge qui fait vendre et que le logo IGP ne servira à rien. Dommage, car les logos IGP et AOP auront un jour le même « impact communicant » que le logo Label Rouge. Pour les consommateurs, en l’absence de communication, plus il y aura de logos, plus ils s’habitueront et l’effet de masse jouera.

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Pour les opérateurs qui utilisent déjà le logo de l’AOC, ils pourront le garder car la cohabitation entre les deux logos n’est pas remise en cause. Mais le logo de l’AOC, qui n’a pas connu un succès foudroyant, devrait à terme disparaître de lui-même dès lors que le consommateur aura compris que AOP et AOC ont la même définition. Concernant l’agriculture biologique, un concours vient d’être lancé par la Commission européenne pour définir le futur logo européen. Pour l’instant le logo européen n’est pas obligatoire. Enfin, concernant les vins, ils échappent tout bonnement à la règle du logo.

Quelles sanctions possibles ?

Logiquement, toutes les AOP et IGP devront être prêtes en temps voulu et la loi s’appliquera immédiatement. Cependant, on peut supposer qu’il y aura des dérogations au cas par cas pour tenir compte des situations particulières, des délais d’écoulement des étiquettes… Ces dérogations seront sans doute assez restreintes et devront s’appuyer sur des justificatifs. C’est le cas, par exemple, du piment d’Espelette pour lequel il restera trois mois de commercialisation de la fabrication 2008. Changer les étiquetages pour trois mois serait une aberration. À l’inverse, la commercialisation de la production 2009, qui démarrera en août, devra inclure l’étiquetage réglementaire. Quels sont les risques encourus si la réglementation n’est pas appliquée ? Une contravention pour défaut d’étiquetage sera prononcée, et ce dernier deviendra un délit si l’absence de logo conduit à une usurpation.

Concernant l’apparence des logos, les couleurs directes (Pantone) ou la quadrichromie peuvent être utilisées. Mais le logo noir et blanc (ci-contre) sera aussi valable. Si la couleur de fond de l’emballage ou de l’étiquette est sombre, les symboles peuvent être reproduits en négatif, en utilisant la couleur de fond de l’emballage ou de l’étiquette. Enfin, si un symbole est reproduit en couleur sur un fond en couleur, qui le rend difficile à voir, il peut être entouré d’un cercle afin d’améliorer le contraste.

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