La crise financière actuelle, c'est un peu comme la crise de la vache folle, estime Pierre-Benoît Joly, chercheur à l'Inra et à Ifris (institut francilien pour la recherche, l'innovation et la société). «Dans les deux cas, la politisation des risques et la tyrannie de l'urgence alimentent un concert de voix discordantes qui tendent à amplifier la crise», écrit-il dans Libération du 8 octobre. Autre similitude : «les innovations financières -dont on s'est longtemps félicité !- ont produit un réseau dense d'interdépendance. Comme pour les prions à l'époque, il est donc très difficile d'identifier quelle sera l'étendue des dégâts provoqués par les créances douteuses». Enfin, la même stratégie de réassurance employée par les pouvoirs publics aura-t-elle le même effet ? «Alors qu'elle visait à éviter la panique des consommateurs, cette stratégie de réassurance eut des effets désastreux lorsqu'il fut évident que les troupeaux français étaient eux aussi contaminés. Les consommateurs manifestèrent alors leur défiance par une forte baisse de consommation de viande rouge», rappelle le chercheur.

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