L'industrie française de la volaille se fait voler ses parts de marché à l'export. Elle entend garder la main sur le marché intérieur, en se libérant de certaines entraves.
La consommation de viande de volaille progresse légèrement, mais cette progression se fait grâce aux produits élaborés, et elle profite directement aux importations. Les industriels français de la volaille ont posé cette équation lors de leur assemblée générale, hier à Paris. Pour le président Alain Melot de la FIA, la réponse est simple, elle passe par la défense de la volaille et la compétitivité des entreprises.
« La volaille est l'animal qui transforme le mieux les protéines et qui a le meilleur bilan carbone ; celui qui transforme le mieux les céréales », a-t-il rappelé avant d'inviter les adhérents à renouveler le
« mois de la volaille », en mars 2009.
Sur le volet de la compétitivité, la hausse spectaculaire de l'alimentation animale a amené les intervenants à souhaiter une utilisation plus large des matières premières OGM. Celle-ci passerait par la levée de la tolérance 0 des OGM non encore autorisés dans l'Union européenne et par une accélération des procédures d'autorisation européenne ; deux sujets en bonne voie, d'après le représentant de la Commission européenne, mais sur lequel la représentante du ministère de l'Agriculture s'est montrée plus réservée, en raison du « débat public (qui) rend le problème compliqué ». Cette dernière a préféré insister sur le dépôt par la France d'un mémorandum sur les conditions normatives d'accès des denrées en Europe,
sujet « crucial » pour la volaille, a-t-elle souligné. Concernant le poulet dit
« chloré», les responsables européen comme français considèrent que l'autorisation a peu de chance de passer.
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En attendant, les industriels sont très attentifs à l'avancée de deux textes communautaires, l'un qui réserverait les viandes congelées à des produits finis sous forme congelée et l'autre qui rendrait obligatoire l'information du consommateur de l'origine d'une viande dans un produit fini.
Entre eux, les industriels n'avaient pas à cacher leur intérêt pour la réintroduction des graisses animales dans l'alimentation des volailles, et même, à terme, des PAT (protéines animales transformées), notamment pour les dindes, Alain Melot argumentant que ce sont des animaux omnivores.
« Il est bien temps aujourd'hui de revoir un certain nombre de cahiers des charges », a lancé le président de la FIA, invitant à
« prendre le virage » sans quoi les consommateurs se tourneront vers des produits élevés selon des méthodes dont l'interdiction ne se justifie peut-être plus. A l'adresse des distributeurs, il a suggéré de maintenir dans les rayons des produits basiques, afin de lutter contre la vie chère.
Enfin, au sujet du cycle de Doha, l'assemblée a considéré que la prudence devait prévaloir dans la définition de
« produits sensibles » dont les droits d'entrée seraient moins réduits que pour d'autres produits, en contrepartie de contingents importants.