Les coops planchent sur le développement durable

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Distributeurs et consommateurs sont sensibles au développement durable. La production doit suivre.

Le développement durable sera-t-il la planche de salut de l’agriculture ? C’est en tout cas le thème qu’avait décidé de développer la Fédération régionale des coopératives agricoles de Midi-Pyrénées, lors de sa dernière assemblée générale. « Le groupe Casino travaille actuellement sur 200 thèmes de développement durable, en relation avec de nombreux acteurs du monde économique et social, témoignait Gilbert Delahaye, directeur développement durable de Casino. L’important est d’être en avance par rapport à la réglementation et aux attentes des consommateurs. Aujourd’hui 90 % des personnes se déclarent prêtes à acheter équitable et bio, or cela se traduit par seulement 3 % d’actes d’achats. Mais ce qui est important, c’est de prendre en compte les 90 %, car cela veut dire qu’elles ont intégré l’information et qu’elles basculeront à un moment ou à un autre. Si nous ne sommes pas prêts à répondre au moment où cela se débloque, nous sommes fichus ».

Agribio Union en quête de producteurs bio

Casino, qui communique sur 20 de ses produits vendus sous MDD, sur l’empreinte écologique laissée par leur fabrication, possède aujourd’hui l’indice carbone de 1 000 de ses références. 100 seront en rayon fin 2008 et 4 800 fin 2010. Si la mayonnaise prend auprès des consommateurs, les productions devront être plus « écologiques », ce qui demandera des efforts aux filières d’amont, mais il se pourrait aussi que cela entraîne une relocalisation de la production sur le territoire français.

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« Nous assistons également à une forte progression des ventes de denrées bio (+ 25 %), équitables (+ 13 %) et produites en agriculture raisonnée (+ 18 %), poursuit Gilbert Delahaye. Casino va doubler le nombre de références de ces trois familles dans ses rayons. Le développement durable est créateur de valeur et synonyme de business pour tout le monde ». Une piste donc pour les agriculteurs et les IAA. Dans le Sud-Ouest, l’union de coopératives céréalières Agribio Union recherche d’ailleurs de nouveaux producteurs pour répondre aux besoins des entreprises de transformation.

Tous les intervenants ont également été d’accord pour dire que le développement durable doit aussi mettre l’homme au centre du débat. « C’est un paramètre très important des coopératives, souligne Michel Roux, directeur de l’école d’agriculture de Purpan, à Toulouse. Lorsqu’on investit dans l’humain, on a toujours un retour ». Et Bernard Guidez, président de Farre, de donner un exemple pour illustrer le propos. « Lorsque j’ai créé une maternité collective de porcs, avec trois associés, nous avons embauché trois salariés. Nous voulions les meilleurs, qu’ils soient efficaces et que l’on puisse compter sur eux. Je leur ai alors demandé de créer eux-mêmes leur propre grille d’intéressement et mes associés ont crié au scandale. Mais au final, nos salariés sont motivés, la maternité fonctionne bien et les associés gagnent quatre fois plus qu’avant. Tout le monde est gagnant ».

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