En baisse régulière depuis des années, le nombre de chasseurs progresse à nouveau dans le département (+0,30 %). Ils étaient plus de 9 000 à faire l’ouverture ce dimanche 10 septembre. Une saison qui s’annonce a priori plus sereine que la précédente, marquée par un certain nombre de conflits avec les agriculteurs et propriétaires forestiers, qui se plaignaient d’une progression des dégâts liée selon eux à une prolifération exagérée du grand gibier. En effet, si elle a refusé en son temps de se plier à la demande de mettre en place des battues administratives, et si elle conteste le procès de mauvaise gestion de la faune sauvage qui lui a été fait, la Fédération des chasseurs n’en a pas moins décidé de mettre en œuvre des mesures pour limiter la pression du grand gibier : ouverture anticipée et allongement de la période de chasse au sanglier, désormais possible par temps de neige, augmentation des plans de chasse des cerfs et chevreuils, mise en place d’un timbre grand gibier pour financer les dégâts... Plus de 2 000 sangliers prélevés
Ce sont d’abord les dégâts de sangliers qui avaient provoqué la colère
des agriculteurs. “On estime aujourd’hui que la progression des
populations est endiguée, voire qu’elles diminuent”, indique
Jean-Pierre Picard, président de la Fédération départementale des
chasseurs. En remarquant que, pour la première fois, le cap des 2 000
sangliers abattus a été dépassé au tableau de chasse. Pour limiter
encore la pression, l’ouverture de la chasse au sanglier a été avancée
au 20 août au lieu du 1er septembre. La date de clôture a quant à elle
été prolongée d’une quinzaine de jours et fixée à fin janvier. Enfin,
la chasse en temps de neige sera autorisée afin de permettre aux
chasseurs d’intervenir là où il y a des problèmes de dégâts. “Ces
mesures sont laissées à la libre appréciation des associations locales
de chasse, car c’est sur le terrain, et pas d’un bureau à Aurillac,
qu’on peut gérer les populations de gibier”, explique-t-il, en
insistant sur le fait “qu’il ne s’agit pas d’anéantir le sanglier mais
de contenir ses effectifs dans des limites supportables”.
400 cervidés de plus au tableau de chasse
Autre sujet de préoccupation : les cervidés, dont les rassemblements
inhabituels à la sortie de l’hiver ont alarmé les agriculteurs. Dans un
souci d’apaisement, les attributions du plan de chasse ont été
sensiblement augmentées : 1 702 cerfs et biches pourront être prélevés
cette saison dans le département contre 1 274 l’année précédente (dont
1 152 effectivement prélevés). Paradoxalement, “les communes dans
lesquelles on a constaté une grogne au printemps n’ont pas demandé dans
l’ensemble de fortes augmentations d’attributions pour les cerfs et les
biches”, s’étonne Jean-Pierre Picard. Malgré tout, une nette
progression des tableaux a été imposée sur plusieurs secteurs : +52 %
sur l’Alagnon, +40 % sur les monts du Cantal, +30 % sur la Pinatelle,
+28 % sur l’Artense et +11 % sur la Truyère. “Un certain nombre de
chasseurs se demandent toutefois si l’augmentation des attributions
cette année n’aura pas un impact trop important pour l’avenir des
populations, notamment sur le secteur de la Truyère”, constate M.
Picard qui tempère le propos en soulignant qu’avec près d’un gros
gibier prélevable par chasseur, le Cantal reste un paradis pour la
chasse.
Les dégâts en diminution
Le président de la Fédération des chasseurs en est persuadé : la
situation s’est déjà améliorée et les tensions apaisées. Il en veut
pour preuve la nette diminution du nombre de dossiers de dégâts
présentés : 28 (dont 12 de cervidés) entre le 1er juillet et le 30 août
contre 59 (dont 16 de cervidés) sur la même période de 2005. “Les
dégâts déclarés en cervidés ne confirment pas la hausse de population
avancée par la population agricole sur la zone d’Allanche, puisque sur
12 déclarations, une seul concerne la zone Pinatelle, une la zone
Alagnon et les dix autres la zone Truyère”, affirme le président
Picard. Quoi qu’il en soit, l’explosion des dégâts, de sanglier
notamment, lors de la dernière saison a conduit la Fédération
départementale à tripler le budget prévisionnel consacré aux
indemnisations. Et à mettre en place un timbre grand gibier pour
trouver les ressources nécessaires. Plus de 90 % des chasseurs
l’auraient adopté.
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