« La terre, on apprend à la connaître »

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Des fraises en Lozère, une idée folle ? C’est pourtant le pari que se sont lancés Mathieu et Marion Deltour il y a trois ans. Essai transformé après trois saisons de récoltes. Crédits : © Marion Ghibaudo

Installés à Saint-Germain-du-Teil, à 900 mètres d’altitude, Mathieu et Marion Deltour, même s’ils ont de la famille dans l’agriculture, l’admettent eux-mêmes : « avant de commencer ce projet, on ne savait pas ce qu’est être agriculteur. Maintenant, on est des agriculteurs ».
Propriété familiale, la ferme sur laquelle ils se sont installés après l’avoir rénovée est peu à peu devenue leur quotidien. Dans leurs vies antérieures, le couple a exercé d’autres métiers : Mathieu avait une entreprise dans le bâtiment et Marion était infirmière coordinatrice en Ehpad, notamment. Puis elle a exercé quelques années dans l’enseignement avant d’ouvrir son cabinet de diététique à Saint-Germain-du-Teil. Cabinet qu’elle a gardé en parallèle lors de la première année de mise en production de l’exploitation, avant de décider de le fermer pour se consacrer à « ses » fruits rouges. Une passion que Marion Deltour nourrit chaque jour en prenant soin de ses arbustes fruitiers et de ses fraiseraies.
En septembre 2020, installée sur la ferme, Marion Deltour commence la production en tant que cotisante solidaire. Depuis janvier 2022, elle est à temps plein sur l’exploitation.
Et si elle décide de se lancer dans les fruits rouges plutôt que dans l’élevage, c’est parce qu’originaire des Alpes-de-Haute-Provence, elle ne trouve pas « de bons fruits », en Lozère. Et puis, pour son plaisir, elle avait planté des framboisiers dans son potager qui ont pris et se sont étendus. L’idée est donc partie de ce constat : la ferme semblait avoir une bonne terre pour les fruits rouges. Une production menée en pleins champ, sans serres et sans traitements, sur des terrains en pente, donc non mécanisables. « C’est sûr qu’au moment de la production des fruits, cela nous cause plus de stress à cause des aléas possibles : grêle, attaques de pucerons ou de limaces, oiseaux qui picorent, etc. C’est une adaptation permanente au vivant », détaille l’agricultrice.
Mais ce travail constant permet au duo de sortir des fruits au goût exceptionnel. Preuve s’il en est : ces fruits se retrouvent désormais dans les assiettes du restaurant de Cyril Attrazic avec qui ils collaborent depuis quelques mois. Et leurs délices de fruits sont servis lors des petits-déjeuners. Et pour baisser les coûts, Marion Deltour a créé sa propre pépinière de fruits : une production en circuit court de A à Z.

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<em class="placeholder">Colza associé à deux trèfles en ACS</em>
Le colza est implanté en direct à 60 gr/m2 vers la mi-août. Le semis a été réalisé au monograine à 50 cm en association avec du trèfle blanc nain à 3 kg/ha et du trèfle d'Alexandrie à 5 kg/ha. L’agriculteur estime que l'entre-rang important du colza a facilité l'implantation du trèfle mais à l’inverse, le trèfle bien développé aurait trop concurrencé le colza. « Je vais finalement semer au Semeato cette année avec semis du trèfle à la herse à paille + Delimbe auparavant »,mentionne Benoit. L’objectif serait également de faire une coupe de trèfle après récolte du colza mais pour le moment, la capacité de stockage du séchoir est trop petite pour absorber cette récolte supplémentaire. Un bâtiment supplémentaire est à l’étude. Crédits : © Benoît Gobin

Benoît Gobin en Val de Saône : Un séchoir au service du semis direct

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