Dans une flûte de crémant ou de champagne, « la bulle par son caractère dynamique capture l’attention. » Pour le cerveau, c’est un « objet vivant, vibrant, stimulant, rafraîchissant », explique le neuroscientifique Gabriel Lépousez. A priori, le « signal » sensoriel de la bulle est « piquant, irritant, déplaisant ». Et pourtant, il est associé à du plaisant, du rafraîchissant. Et le cerveau discerne bien ces deux sensations antagonistes. Or, dans cette situation conflictuelle de perception, le cerveau exprime l’envie de goûter à cette bulle. Pourquoi ? « De même, pourquoi recherchez-vous des épices piquantes, de la moutarde, du piment ? ». Les parfumeurs, poursuit Gabriel Lépousez, construisent leurs parfums sur ce même antagonisme. Dans le jasmin aux odeurs florales envoûtantes, il y a toujours un peu d’indole, composé odoriférant aux notes rebutantes d’excrément. Cela participe « du même schéma d’association d’un élément positif et négatif ».
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