Après un défilé de 2 500 brebis à Marseille, une transhumance est prévue à Paris. La filière connaît une hémorragie et réclame un meilleur soutien.
Trois manifestations ovines vont se succéder dans les prochains jours pour alerter l’opinion sur la détresse des moutonniers. Le point d’orgue sera une transhumance à Paris mercredi, jour de la conférence nationale sur le revenu des agriculteurs.
« Notre filière est menacée », clame Franck Dieny, président de la Fédération régionale ovine du Sud-Est, qui organise le 9 novembre un défilé de 2 500 brebis à Marseille. Ces actions visent à mettre en avant les revendications de la profession dans un esprit festif. Un village de la transhumance sera installé dans la cité phocéenne, pour présenter les enjeux de la filière et du métier. Des animations sont prévues pour les enfants. Également au programme, une dégustation gratuite d’agneau Presto, offre réunissant des produits pratiques, rapides à cuisiner, adaptés aux nouveaux modes de consommation.
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Dans un communiqué commun, l’interprofession (Interbev Ovins) et les éleveurs de la FNO expliquent les raisons du malaise.
« Malgré les atouts indéniables de l’élevage ovin, la survie de cette production et de ses partenaires est plus que jamais menacée en France et en Europe », disent-ils. Les moutonniers se plaignent d’un revenu insuffisant depuis de nombreuses années. Résultat, le cheptel ovin ne cesse de chuter, raréfiant l’offre de viande. La production a perdu, en 25 ans, 62 % de ses éleveurs et près d’un tiers de ses brebis. Des pertes qui s’accélèrent ces dernières années, puisque entre 2005 et 2007, quasiment 10 % des exploitants ont quitté le métier ou se sont redirigés vers d’autres productions. A cela s’ajoutent la flambée des charges et les dégâts causés par la fièvre catarrhale.
« La filière ovine assiste à une hémorragie de ses approvisionnements, qui, si elle n’est pas rapidement stoppée, sera irrémédiable. -6 % de production de viande d’agneau et +12 % d’abattage de brebis depuis le début de l’année 2008 : le message est clair. A cette allure, si rien n’est fait, la filière ovine française n’existera plus demain », poursuit le communiqué. Les revendications portent notamment sur des mesures de soutien dès 2009 et une Pac plus équitable à partir de 2010.