Le Lapin en scène De l’élevage aux rappels : la reconversion très applaudie d’une grange

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Des fauteuils rouges de l’ancien cinéma Normandy, aux spectacles musicaux ou autres programmés par le Lapin en scène, en passant par les répétitions de la troupe de théâtre de Saint-Cernin.  Crédits : © R. Saint-André

Le lapin en scène   À Jussac, une salle de spectacle atypique a vu le jour dans une ancienne grange, portée par l’engagement associatif. Clin d’œil à son ancienne vocation : bienvenue au Lapin en scène.  

À Jussac, une grange devenue lieu de culture

Au 999 route de Breisse à Jussac, dans le Cantal, une ancienne grange agricole a changé de vocation. L’ancien élevage de lapins de Benoît et Michèle Bigeon accueille aujourd’hui trois associations réunies autour d’un même objectif : créer du lien social par la culture.

Dès 2018, l’étage du bâtiment est aménagé en salle de répétition pour l’atelier théâtre de Saint-Cernin. Une réponse concrète aux contraintes rencontrées jusque-là par la troupe Le soir à la brune, forte de 17 ans d’existence et d’une cinquantaine de pièces jouées, issues du répertoire classique, de Labiche à Courteline.

"Ici, nous pouvons travailler dans la durée, sans démonter décors et costumes à chaque répétition", Marie-Lyse Dunion, présidente de l'atelier théâtre de Saint-Cernin. 

Une salle de théâtre au charme singulier

Une grange devenue lieu de spectacle

Le lieu est transformé progressivement par les bénévoles. Une scène est installée, puis l’idée émerge d’ouvrir la grange au public. Jean-Pierre Cinqalbres, issu de la famille des anciens gérants du cinéma d’Aurillac, suggère alors l’installation d’une trentaine de fauteuils rouges provenant de l’ancienne salle du “Normandy”.

L’atmosphère est immédiatement identifiable : murs en pierres apparentes, fauteuils de cinéma, plancher en pente naturelle. Des espaces de rangement sont aménagés pour les costumes, chinés en friperie ou confectionnés par Marianne Mangone, selon une organisation précise entre cour et jardin.

La salle ne se limite pas aux répétitions hebdomadaires des 15 comédiens de l’atelier théâtre, placés sous la direction de Philippe Drecq, metteur en scène professionnel à la retraite. Elle devient aussi un espace de diffusion culturelle à part entière.

"Le lieu a trouvé son identité en s’ouvrant aux spectacles, pas seulement aux répétitions", Michèle Bigeon, responsable du Lapin en scène. 

Le Lapin en scène, un projet structuré

Si des spectacles sont accueillis dès 2020, l’association Le Lapin en scène n’est officiellement créée qu’il y a 18 mois. Sa ligne directrice est clairement assumée : favoriser la rencontre entre artistes et public en milieu rural.

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Depuis, l’activité s’intensifie. Dix spectacles sont programmés en 2025, une douzaine sont déjà annoncés pour 2026. Musique, chants, contes et théâtre composent une programmation volontairement éclectique. À l’automne, des créations inédites sont attendues, dont celles d’Adèle Coyo et de Philippe Henry, connu pour concevoir des instruments insolites.

"Les artistes viennent aussi pour l’accueil et l’esprit du lieu", souligne le collectif. 

La convivialité fait partie intégrante du projet. Sans objectif lucratif, chaque soirée se prolonge par un buffet partagé de type “auberge espagnole”. La jauge est volontairement limitée à une cinquantaine de personnes et la réservation est obligatoire. L’adhésion annuelle est fixée à 5 €. En 2025, l’association comptait 195 adhérents, informés principalement par courriel, complété par une page Facebook et de l’affichage local.

Une dynamique ancrée dans le Cantal

L’atelier théâtre hébergé dans la grange entretient un lien constant avec la communauté de communes du pays de Salers. Chaque nouvelle création est d’abord présentée à Saint-Cernin, siège de l’association, avant de partir en tournée dans le Cantal, et parfois au-delà, en Corrèze ou en Gironde.

La dimension solidaire reste également centrale. Une représentation est systématiquement organisée au profit d’une association caritative. Après l’Unicef, la Ligue contre le cancer, le CIDFF et Acart, Emmaüs bénéficiera d’une représentation au théâtre d’Aurillac début 2027.

Pour cette saison, deux pièces sont en préparation : Le lavoir, création contemporaine, et Diagnostic réservé, une comédie. La première sera interprétée uniquement par les neuf femmes de la compagnie, la seconde par les cinq hommes, accompagnés d’une femme. Les premières représentations auront lieu les 3 et 4 juillet au gymnase de Saint-Cernin.

La tournée débutera immédiatement. Le lavoir sera joué en extérieur, dans les lavoirs de villages, du 5 au 23 juillet, à Loupiac, Tournemire, Saint-Christophe-les-Gorges, Anglards-de-Salers, Saint-Bonnet-de-Salers et Saint-Martin-Valmeroux. Une manière assumée d’associer culture, patrimoine et vie locale.

Une troisième association, juste en bas : 

Au rez-de-chaussée de la grange culturelle de Breisse, à Jussac, l’association “Au bonheur des petits riens” donne une seconde vie aux objets destinés... à la poubelle ! Sous l’impulsion de Marie-Lyse Dunion, des bénévoles transforment matériaux de récupération et objets donnés en créations artisanales originales. “Ne pas jeter, ça donne du sens”, résume la philosophie de l’association. Tissus, boutons, papiers, bois, céramique... Tout matériau peut devenir support de création. L’objectif n’est pas seulement écologique : il s’agit avant tout  de créer du lien social autour d’une activité manuelle partagée. L’association propose des ateliers créatifs réguliers. Des rencontres qui ont lieu à la grange tous les samedis, et parfois aussi les mercredis. Au-delà, l’association intervient également à l’Éhpad de Saint-Illide, par exemple. Un atelier poterie fonctionne également autour d’un four, permettant aux participants de s’initier. Pour faire vivre Au bonheur des petits riens,  des créations sont vendues au moment de Noël. L’hiver dernier, l’association a participé à six marchés de Noël. 

<em class="placeholder">Colza associé à deux trèfles en ACS</em>
Le colza est implanté en direct à 60 gr/m2 vers la mi-août. Le semis a été réalisé au monograine à 50 cm en association avec du trèfle blanc nain à 3 kg/ha et du trèfle d'Alexandrie à 5 kg/ha. L’agriculteur estime que l'entre-rang important du colza a facilité l'implantation du trèfle mais à l’inverse, le trèfle bien développé aurait trop concurrencé le colza. « Je vais finalement semer au Semeato cette année avec semis du trèfle à la herse à paille + Delimbe auparavant »,mentionne Benoit. L’objectif serait également de faire une coupe de trèfle après récolte du colza mais pour le moment, la capacité de stockage du séchoir est trop petite pour absorber cette récolte supplémentaire. Un bâtiment supplémentaire est à l’étude. Crédits : © Benoît Gobin

Benoît Gobin en Val de Saône : Un séchoir au service du semis direct

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