Comment la filière des viandes bio tente de se structurer

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L’offre se regroupe, avec l'émergence d'Unébio et d'Ercabio, qui pèsent les deux tiers de la production. Sur le plan technique, la filière dispose des références d'une ferme expérimentale en Anjou.

La filière bio a mûri. Tel est le message qu'ont voulu faire passer les professionnels de la filière, lors d'un voyage de presse mercredi en Anjou. « On a connu des années difficiles », reconnaît Corentin Hamard, directeur d'Ercabio, qui rassemble 65 éleveurs et pèse plus de 60 % de la production nationale de porcs biologiques. « Aujourd'hui, on arrive presque à satisfaire la demande. » Face à des besoins en hausse de 10 à 15 % par an, la SARL vise un rythme cohérent de conversion d'éleveurs. « Les candidats au bio sont peu nombreux,poursuit-il. C'est une production très différente du conventionnel. Notre mission est d'accompagner techniquement les éleveurs et de valoriser tout leur porc dans le circuit biologique. » Le nombre de conversion est actuellement de quatre à cinq par an. Cela permet à Ercabio d'atteindre 450 porcs par semaine. La société travaille avec trois abattoirs, dont celui de Laval qui représente 80 % des volumes nationaux. « Grâce à un positionnement sur la viande fraîche, la salaison, la viande cuite, l'export, on parvient à un équilibre matière correct,souligne-t-il. Les nouveaux produits y contribuent aussi, notamment les lardons, le rôti Orloff. »

Adapter l'offre et la demande

Autre exemple de structuration de la filière, Unébio rassemble un millier d'éleveurs, dont une bonne centaine de moutonniers. Le groupement atteint une production de 9 000 bovins, dont 60 % de races allaitantes. « Notre rôle est de faire correspondre l'offre à la demande,déclare le DG Guillaume Lejal. C'est d'éviter les ruptures d'approvisionnement, les surplus. Au-delà d'une synthèse de l'offre, d'une organisation des abattages, notre particularité est un fort investissement dans la distribution. » Unébio a construit des partenariats avec les industriels, parmi lesquels Terrena Viandes, Somafer, Puygrenier, la Sica de Grillon, l'abattoir de Castres ou encore Abisa. L'accent est mis sur les produits élaborés. Des marques propres ont été créées, mais le groupement travaille aussi pour des marques de distributeurs. « On fait en sorte que les promos en grande distribution coïncident avec les sorties d'animaux », signale-t-il.

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Afin d'accompagner le développement de la filière, une ferme expérimentale a été créée à Thorigné d'Anjou (Maine-et-Loire). Elle permet d'élaborer des références analytiques fiables, permettant de sécuriser les itinéraires techniques. Elle sert aussi de support de communication. Deux axes de recherche y sont menés, à partir d'un troupeau de 63 vaches limousines. D'une part, la valorisation de la viande, à travers la finition des femelles et la comparaison des veaux rosés par rapport à des boeufs de 30 à 32 mois. D'autre part, la sécurité fourragère du troupeau. « Le bio atteint des performances zootechniques supérieures à la moyenne, en termes de reproduction, de croissance de veau, de poids et qualité de carcasse », affirme le technicien Jean-Paul Coutard.

De son côté, Interbev appuie la création de caisses de péréquation. « Le principe est d'inciter l'éleveur à produire un peu plus que la demande,précise le responsable Segmentation et Qualité Marc Pagès. Si la viande ne trouve pas de débouché en bio, le surcoût par rapport au conventionnel est couvert par la caisse. »L'idée semble faire son chemin en région Centre, dans le cadre du Contrat de Projets État Région. Elle pourrait être reprise par le nouveau plan gouvernemental « Horizon 2012 ».

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