Derrière l'expression " vaches nourrices " se cachent diverses pratiques pour faire adopter les veaux par des vaches, les élever, sevrer les veaux. Voici trois exemples avec trois éleveurs.
Certains veaux sont-ils élevés par leur mère ?
Quelle vache pour faire la nourrice ?
Combien de veaux par vache ?
Les nourrices sont-elles traites ?
Comment faire adopter les veaux à la vache ?
Comment intervenir au pâturage ?
Comment se passe le sevrage ?
Trois éleveurs, trois objectifs
Sa motivation : un gain de temps. Une solution qui évite d'investir dans une nouvelle nurserie.
Sa motivation : un travail simplifié par rapport à des buvées de lait entier (la poudre de lait est interdite en bio). Une meilleure santé et croissance des veaux. Une solution qui évite d'investir dans une nurserie.
Sa motivation : une meilleure santé des veaux et plus du tout de problèmes de coccidiose. Une pratique bonne pour le bien-être animal.
Les avantages et inconvénients selon les éleveurs
moins de travail d'astreinte ;
des veaux en bonne santé ;
de bonnes croissances qui permettent de faire du vêlage 24 mois ;
un coût alimentaire réduit. Le BTPL a évalué les frais d'alimentation des nourrices à 85 €/veau en système nourrice (fourrage et concentré), contre 150 €/veau nourri avec de la poudre de lait et 200 €/veau nourri au lait entier.
les vêlages doivent être bien groupés ;
la phase d'adoption est délicate et demande du temps d'observation ;
les animaux sont plus sauvages si on ne passe pas un minimum de temps avec eux ;
les animaux sont stressés par la séparation ;
les vaches peuvent être épuisées par l'allaitement. Attention au nombre de veaux par vache et à l'alimentation de celles-ci, avec 10 à 15 % de ration en plus par rapport à une vache traite ;
l'allaitement favorise l'anœstrus ;
entre 1 000 et 1 300 litres de lait non vendu par veau pour un sevrage entre 5 et 8 mois.
Mise en garde
S'il y a de la paratuberculose, ne surtout pas le faire !
Ce qui pourrait être amélioré
Caractère des veaux, groupage des vêlages... Nos trois éleveurs estiment encore pouvoir faire mieux.
Marc Ben - Mes veaux sont plus sauvages, car comme je veux gagner du temps, je ne vais pas les voir souvent. Mais ça en devient problématique. Il m'arrive de réformer une vache à cause de son caractère trop brusque. Pour améliorer mon système, il faudrait que je passe un peu plus de temps avec eux.
Thierry Couétil - Je constate que ce sont les vêlages de mars-avril qui donnent les meilleurs résultats, avec des vaches qui maigrissent moins et qui devraient être moins sujettes à un anœstrus. À partir de juin, l'herbe est de mauvaise qualité, il y a plus de parasites, donc on a plus de problèmes. Il faut donc réussir à garder des vêlages groupés sur le début du printemps. Et nous allons essayer de mettre davantage les premières lactations comme nourrice ; ce sera économiquement plus intéressant.
Jean-François Conan - Mon système est bien rodé aujourd'hui, avec des vêlages groupés sur deux périodes : 50 au printemps et 30 sur septembre-octobre. Les nourrices sont inséminées en décembre après leur retour en bâtiment et le sevrage. Je ne m'embête pas à essayer de les inséminer avant.