L’évolution des prix du blé, de l’orge et du maïs français entre le 13 et 16 septembre 2024, expliquée par La Dépêche Le petit meunier.
Les prixdu blé tendre ont cédé du terrain sur Euronext et le marché physique français entre les séances du 13 et du 16 septembre, suivant la baisse observée sur le CBOT à Chicago. Ceci en raison d'une série de ventes techniques. En maïs, les prix sur les places françaises ont également cédé un peu de terrain, pour les mêmes raisons. Ceux de l'orge fourragère nationale ont naturellement suivi le mouvement baissier des autres céréales.
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En plus de ventes techniques, la hausse de l'euro face au dollar pénalise l'attractivité des origines européennes sur la scène internationale, toutes céréales confondues. L'escalade des tensions Russie-Ukraine jeudi dernier passe pour le moment au second plan. L'absence de nouvelle attaque de cargo céréalier depuis a eu tendance à rassurer les opérateurs.
En blé, l'origine russe reste attractive, sous les 220 $/t en base FOB. Des pluies aux États-Unis sont attendues dans les prochains jours, susceptibles de favoriser les travaux de semis d'hiver. Le déficit hydrique en Russie et en Ukraine pénalise les emblavements d'hiver en revanche. La production de blé 2024 au Canada a été revue en légère baisse par StatCan, mais reste supérieure à l'an dernier. Celle en orge a été corrigée à la hausse. Les exportations ukrainiennes de blé restent dynamiques, maintenant une certaine pression sur les valeurs. En revanche, celles émanant de Russie pourraient quelque peu perdre en vigueur entre septembre 2023 et 2024, selon l'analyste russe SovEcon. Un appel d'offres jordanien de blé a été annulé, un autre surviendra le 19 septembre, d'après des sources privées. La Tunisie prévoit d'augmenter ses assolements de céréales entre 2023 et 2024, afin de réduire sa dépendance aux importations. Notons un élément plaidant pour une hausse des prix : les fortes pluies en Sibérie pourraient affecter les cultures pas encore récoltées.
L'arrivée de la récolte demaïs aux États-Unis fait pression sur les valeurs internationales. Et ce, d'autant qu'elle pourrait être la deuxième plus importante enregistrée. Selon le Crop progress établi par l'USDA, la moisson est réalisée à 9 % au 15 septembre 2024, contre 6 % en moyenne lors des cinq dernières années. Les paramètres de culture s'améliorent, le taux de plantes se développant dans des conditions "bonnes à excellentes" passant de 64 % à 65 % d'après la même source. Toutefois, il s'agira d'observer l'effet des pluies attendues. La compétitivité des origines ukrainienne et brésilienne par rapport aux marchandises états-uniennes constitue un autre facteur baissier. Il s'agira de surveiller le déficit hydrique au Brésil qui affecte les semis de maïs.
Les inspections états-uniennes à l'export sont ressorties dans les attentes du marché en blé et en maïs.
Fondamentaux :
Canada, blé, production : 34,29 Mt en septembre 2024, 34,37 Mt en août 2024, 32,94 Mt en 2023 (StatCan) ;
Canada, orge, production : 7,6 Mt en septembre 2024, 7,5 Mt en août 2024, 8,9 Mt en 2023 (StatCan).
Commerce international :
États-Unis, blé, ventes extérieures : pour la semaine se terminant au 12 septembre 2024, 556 901 t la semaine passée (source : USDA) ;
États-Unis, maïs, ventes extérieures : pour la semaine se terminant au 12 septembre 2024, 521 118 t la semaine passée (source : USDA) ;
Ukraine, blé, exportations : 4,75 Mt entre le 1er juillet et le 16 septembre 2024, 2,83 Mt l'an dernier sur la même période (source : autorités ukrainiennes) ;
Russie, blé, exportations : 4,85 Mt en septembre 2024, 5,1 Mt en septembre 2023 (source : SovEcon).
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Marchés physiques français du 16 septembre 2024 (base juillet pour les céréales)
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