Le syndicat France Fertilisants (ex-Unifa) se dit, dans un communiqué du 8 octobre, « opposé » à la trajectoire de réduction des teneurs en cadmium dans les engrais phosphatés du gouvernement. Il craint pour « l'autonomie stratégique française ».
À l’instar des associations spécialisées grandes cultures de la FNSEA, France Fertilisants (producteurs de fertilisants, ex-Unifa) se dit « opposé » à la trajectoire de réduction des teneurs en cadmium dans les engrais phosphatés du gouvernement. « La trajectoire envisagée entraînera des conséquences sur l'autonomie stratégique française », soutient-il dans un communiqué du 8 octobre. France Fertilisants explique craindre la réduction du nombre de fournisseurs d’engrais phosphatés qui seront accessibles avec ces nouveaux seuils. Ce qui pourrait « renforcer la dépendance » de la France, et fragiliser « l'approvisionnement en matières premières, la production nationale d'engrais et, à terme, la compétitivité de l'agriculture française », prévient le syndicat.
Cette trajectoire, présentée le 2 octobre par le gouvernement, prévoit d’abaisser le taux maximal de cadmium (Cd) à 40 mg de Cd par kg d’anhydride phosphorique (P₂O₅) en 2028, puis 20 mg en 2030. Le règlement européen prévoit un seuil à 60 mg, que la France souhaite instaurer à partir du 1er janvier 2027.
France Fertilisants appelle à une « approche plus globale » de la réduction de l’exposition de la population au cadmium
Le syndicat demande au gouvernement de s’inscrire dans le processus européen de réexamen des valeurs limites de cadmium. L’objectif est que les seuils restent harmonisés au sein du marché intérieur, pour garder « des conditions de concurrence équitables », affirme France Fertilisants. La France doit aussi soutenir le plan d’action européen sur les fertilisants qui vise à diversifier les approvisionnements, améliorer la production européenne d’engrais et développer le recyclage des nutriments, indique le syndicat.
En parallèle, s’il dit « partager pleinement » l’objectif de réduction de l’expositionde la population au cadmium, le syndicat soutient que celle-ci est « multifactorielle ». « Elle est liée à l’alimentation, mais également au tabagisme et à différentes sources environnementales », affirme France Fertilisants, qui appelle à une « approche plus globale » de la réduction de l’exposition au cadmium. Le syndicat souhaite que le gouvernement cible aussi les pratiques agronomiques comme « la gestion du pH et de la matière organique des sols » et « la sélection de variétés végétales absorbant moins de cadmium ».