“Nous ne sommes pas dans un Indiana Jones : il aura quand même fallu dix ans pour les retrouver… Il nous reste maintenant à les mettre en sécurité, la politique du Département en la matière étant de laisser les objets d’art dans les lieux qui sont les leurs (et non pas dans les musées). D’où l’effort du Conseil général qui, depuis 2006, s’est lancé avec l’État dans un programme de sécurité pour que les petites communes en aient les moyens (lire par ailleurs)”, déclarait Madeleine Baumgartner, vice-présidente du Conseil général en charge de la Culture, accompagnée de ses homologues, Henri Barthélémy et Gérard Salat, à l’occasion de la restitution de ces œuvres, classées monuments historiques, aux communes concernées. Jusqu’à ce que la sécurité des églises de Fridefont et Bredons soit assurée, c’est le musée de la Haute Auvergne à Saint-Flour qui gardera ces deux objets en dépôt.
Une réussite internationale
Une happy-end pour Michel Guilbot, maire de Fridefont, dont l’église, qui renferme les objets issus des chapelles de Mallet et de Magnac, sous les eaux depuis l’entrée en service du barrage, a subi un vrai préjudice avec le vol de 14 statues le 21 avril 2001 dont une “Vierge à l’enfant langé”. Yvon Alain, maire d’Albepierre Bredons, déplorait à son tour les nombreux pillages de l’église de Bredons au cours des siècles, et notamment au 1er juillet 2002, le vol de 19 statues et trois tableaux, puis sa satisfaction de retrouver une de ces pièces : le relief d’Aaron, arraché au retable, une pièce dont Arnaud Littardi, directeur régional des affaires culturelles, précisait l’origine : “Une commande datant de 1706, magnifique, et illustrant un épisode de l’Exode.” Quant à “la Vierge à l’enfant langé”, il l’estimait probablement datée du XVIIe siècle, “notamment de par le lange de Jésus, une œuvre régionale à l’allure de paysanne et en buste, c’est rare”… Le Procureur de la République était lui aussi présent lors de cette restitution pour “témoigner de la réussite des mécanismes de l’entraide internationale, tant en matière de justice pénale que de restitution des biens culturels dont le trafic est l’un des tous premiers au monde, après les armes, les stupéfiants et les espèces vivantes protégées”. Après avoir souligné la complexité et les efforts déployés pour le retour de ces objets en France, depuis sa demande officielle de restitution en 2009, auprès du parquet de Darmstadt, Jean-Pascal Violet associait à cette réussite “les enquêteurs de l’office central de lutte contre le trafic des biens culturels, Christine Moreau, alors magistrat français de liaison auprès du ministère fédéral allemand de la justice, Véronique Breuil-Martinez, conservatrice des antiquités et des objets d’arts du Cantal et ses collègues de la direction générale des patrimoines du ministère de la Culture”. Le procureur se félicitait enfin du retour de deux d’objets d’art qui sont tout à la fois “des manifestations du génie créateur de l’homme, considérés comme des trésors nationaux par notre code du patrimoine et propriété des communes, mais aussi des objets cultuels, offerts à la dévotion des fidèles”.
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