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Bosnie-Herzégovine : l'autre eldorado à l'Est pour la salers

Nouveau convoi de reproducteurs salers au départ du Cantal le 25 septembre, cette fois pour la Bosnie-Herzégovine où la race ne compte pour l’heure pas plus de 700 individus

Près de 23 heures de route pour ce taureau et les 25 génisses achetées.
© Patricia Olivieri

Michel Frullani ne parle pas le croate ni le serbe ou encore le bosniaque, mais il est convaincu d’une chose : “La salers a un très bel avenir là-bas.” Avec Intergène et le Groupe salers évolution, il s’est rendu au printemps dernier en Slavonie (Croatie), dans la région de Bjelovar où se tenait une foire agricole à l’invitation de Mirko Devcic, un éleveur croate amoureux de la race salers et président de l’association HUU salers croatia. Un acteur majeur dans l’expansion de la race acajou dans ces pays de l’Est de l’Europe où l’on dénombre aujourd’hui plus de 4 200 salers, dont 2 900 dans la seule Croatie. Sur place, l’éleveur-sélectionneur de Siran n’a pas été dépaysé, ni son taureau Oggy d’ailleurs, exporté un peu plus tôt en Croatie. 

La salers a la conquête de l’Est

“Ça ressemble vraiment au territoire du Cézallier avec un élevage extensif à l’herbe”, confirme Juliette Rodde, chargé de mission au GSE en charge du commerce via Intergène, qui était aussi du voyage. On y recense beaucoup d’élevages allaitants sur des bases de simmental. Avec comme produits des babys, dont la durée d’engraissement est moindre qu’en France ou Italie, pour une consommation avant tout locale.

Ils cherchent des femelles assez développées, avec un bon format, un bon bassin, des aplombs, dociles et avec des cornes en raison des prédateurs”, Juliette Rodde

Mais jeudi 25 septembre au matin, au parc des Rédines de Mauriac, sous le crachin et une température hivernale, ce n’est pas vers la Slavonie qu’une vingtaine de génisses et un taureau(1) s’apprêtent à embarquer. Direction cet automne, la Bosnie-Herzégovine pour ces reproducteurs sélectionnés en juin dernier par l’acheteur, Ivan Zovko, un éleveur bosniaque(2) et son épouse, au sein d’un panel d’élevages proposés par Intergène. “Ils cherchaient des femelles assez développées, avec un bon format, un bon bassin, des aplombs, dociles et qui aient des cornes en raison des prédateurs”, détaille Juliette Rodde. 

Des origines Roussel plébiscitées

Au final ce sont donc 25 génisses de 18 à 22 mois qui ont été retenues par le couple au terme d’une visite dans chaque élevage candidat avec une grille très précise de points à respecter. Des femelles qui se ressemblent et dont la moitié affiche des origines communes de chez Roussel. Leur prix a été négocié entre Intergène et l’acheteur, “avec une bonne valorisation”, expose Gilles Lafon, sans préciser le montant. 

Lire ausso /Croatie, un vrai appel d'air pour la salers

Salers : un marché de la reproduction très porteur

D’autres convois pourraient être programmés dans les mois à venir - avec une demande croate toujours dynamique (où trois taureaux de la station raciale sont partis ce printemps) - si la situation sanitaire le permet. 
Mais les éleveurs de l’ancienne Yougoslavie ne sont pas les seuls à succomber à l’attrait de la salers, l’appel d’air est aussi intense du côté de l’Ouest de la France où la race coche toutes les cases auprès des éleveurs laitiers en reconversion vers l’allaitant. “Ils s’interrogent entre la limousine, la salers et la charolaise, mais ils optent pour la salers pour sa tranquillité de conduite, convaincus par leurs voisins qui en ont déjà”, témoigne Gilles Lafon, de retour du Space de Rennes. Belgique, Irlande, Espagne... : difficile de répondre aux sollicitations, avec une offre qui s’est rétrécie du fait de la décapitalisation des troupeaux et d’un important taux de croisement.
(1) Issus de six élevages du Cantal et de Corrèze.
(2) Avec 70 mères sur 350 ha environ.
 

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