Une proposition de loi pour la protection et la reconnaissance du statut des louvetiers
Une proposition de loi portée par Sophie Plantel, députée lozérienne vise à créer un statut d’auxiliaire de l’État pour les louvetiers, afin de sécuriser leurs missions publiques tout en préservant leur bénévolat.
Une proposition de loi portée par Sophie Plantel, députée lozérienne vise à créer un statut d’auxiliaire de l’État pour les louvetiers, afin de sécuriser leurs missions publiques tout en préservant leur bénévolat.
La proposition de loi portée par la députée lozérienne, Sophie Plantel marque une étape décisive pour les Louvetiers de France. Le texte vise à renforcer leur statut et à sécuriser l’exercice de leurs missions. En Auvergne-Rhône-Alpes, où 270 lieutenants de Louveterie interviennent chaque année, l’accueil de cette initiative est sans équivoque :
C’est quelque chose que nous réclamions depuis très longtemps », souligne le président régional des Louvetiers, Philippe Caterino.
Des missions en première ligne, une sécurité à renforcer
Les Louvetiers, bénévoles au service de l’État, font face à des conditions d’intervention de plus en plus difficiles. Les agressions physiques, comme celle survenue il y a un an et demi près de Perpignan, où des membres de la Louveterie ont été molestés lors d’un tir de nuit, illustrent l’urgence de la situation. « On a eu des collègues qui ont fini à l’hôpital », rappelle Philippe Caterino. Ces incidents ne sont pas isolés. Violences physiques et verbales, dégradation des véhicules... Les exactions à l'encontre des louvetiers se multiplient. «
Les tirs de nuit notamment sont mal compris. C'est lors de ces interventions que nous sommes le plus confrontés aux violences. »
Pour y remédier, la députée de Lozère Sophie Plantel a introduit dans la loi d'urgence agricole des amendements pour harmoniser et renforcer le statut des louvetiers.
Ces amendements ont été travaillés de façon transpartisane, et la proposition de loi a reçu les soutiens de plus de 110 signataires issus de huit groupes politiques différents. L’objectif affiché est de « créer un statut d’auxiliaire de l’État pour les louvetiers lorsqu’ils interviennent pour le compte de l’État, tout en conservant leur statut de bénévoles pour leurs autres missions » précise la députée, à nos confrères du Réveil Lozère.
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Entre protection des troupeaux et précarité : le combat des lieutenants de louveterie
Les missions des lieutenants de louveterie consistent à intervenir, sous l’autorité des préfets, dans la gestion des espèces nuisibles ou protégées, comme le loup. Ils sont régulièrement sollicités pour effectuer des tirs de prélèvement, des tirs de défense renforcée ou encore pour aider les éleveurs à protéger leurs troupeaux contre les attaques.
Leur rôle est donc crucial pour la protection des activités d’élevage, fortement impactées par les attaques de prédateurs.
Bien qu'ils réalisent des missions de service public, les louvetiers restent des bénévoles. Ces derniers attendent ainsi, en plus d'une protection renforcée de leur statut, l'extension de la prise en charge des frais kilométriques pour toutes leurs missions. À ce jour, seules les missions concernant le loup ouvrent à cette indemnisation.
Nos missions ont été multipliées par 50 en 20 ans. Nous sommes devenus des mécènes » regrette le président.
En Auvergne-Rhône-Alpes, le Conseil Région a annoncé lors de l'assemblée générale des louvetiers il y a une quinzaine de jours, un budget de 120 000 euros pour 2026, destiné à l’achat de matériel thermique et à l’amélioration des conditions d’intervention. Une aide précieuse mais inégale selon les territoires.
Chaque région et chaque département doit se débrouiller pour obtenir des financements, sans cadre national. »
Le texte porté par la députée lozérienne prévoit d'harmoniser au niveau national les soutiens aux louvetiers, à travers une ligne spécifique de crédits à la fois pour une dotation en matériel moderne et adapté, ainsi que pour une indemnisation juste des frais inhérents à leurs interventions.
Indépendance et tensions : la louveterie face aux fédérations de chasse
La PPL suscite cependant des remous, notamment de la part de la fédération nationale des chasseurs. Willy Schraein, son président, a récemment dénoncé dans la presse un manque de transparence, affirmant que les chasseurs n'ont pas été consultés lors de l'élaboration de cette loi. Dans un article du Chasseur Français datant du 16 mai dernier, le président des chasseurs français la juge et notamment sur le renforcement du statut des louvetiers « comme une erreur grave ». Selon lui, elle rompt le dialogue de terrain et instaure une logique d’exécution stricte où un ordre est donné (par l'État NDLR), il s’applique sans discussion » écrivent nos confrères.
L'accusation est balayée par Philippe Caterino.
Il était au courant. Son département a été auditionné il y a un an et demi, comme une quinzaine d’autres pour construire cette PPL. »
Le président des louvetiers d'AuRA voit derrière cette remise en question de la PPL, le désir inavoué des fédérations de chasse d'encadrer, voire d'intégrer, les louvetiers à leur structure. « Il voudrait qu’on soit l’outil supplémentaire des fédérations de chasse ».
Pour le louvetier, cette option est inenvisageable puisque la légitimité de leur statut repose sur leur neutralité et leur rattachement à l’État.
« On intervient quand les chasseurs n’ont pas accompli leur travail, ou là où ils ne peuvent pas.»
Avec cette PPL, les louvetiers espèrent donc non seulement une meilleure protection, mais aussi une reconnaissance à la hauteur de leur engagement. « Les missions ne sont plus celles d’il y a 15 ou 20 ans. Le bénévolat, aujourd’hui, ça devient difficile. » Entre l’urgence opérationnelle et la nécessité de clarifier leur statut, ce texte pourrait bien redéfinir leur place dans le paysage institutionnel français.
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