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Vent favorable pour la limousine à Saint-Flour

Malgré le début des vêlages, le Gaec Terrisse de Saint-Paul-des-Landes (Cantal) montera deux taureaux et cinq 
femelles au concours Interrégional limousin dans la cité du Vent. Avant les plaques, c’est pour Jean-Michel l’échange qui prime.

Eleveur posant avec une vache limousine dans sa cour de ferme
Jean-Michel Terrisse et Nastasia, qui concourra dans les vaches d’âge. “Une bonne vache mère d’un veau qualifié RJ à Lanau.”
© Patricia Olivieri

Cinq bêtes, cinq plaques, et, cerise sur le gâteau, un prix de championnat pour une femelle de deux ans : pour sa dernière sortie en concours, à l’Interdépartemental limousin à Mur-de-Barrez, le Gaec Terrisse a fait carton plein. Mais pas question pour Jean-Michel et Cécile Terrisse, époux et associés, de tirer des plans sur la comète pour le week-end prochain et l’Interrégional à Saint-Flour où ils aligneront sept de leurs animaux : deux 
taureaux (un de + 48 mois et un jeune), une vache d’âge, 2 génisses de 20-24 mois et 2 velles de 10-12 mois. “Chaque concours comme chaque juge est différent”, argue l’éleveur de Saint-Paul-des Landes, pour qui le palmarès n’est pas l’essentiel. 

 

Le concours Interdépartemental limousin restaure le dialogue entre ville et campagne

(...) La priorité, c’est de se faire plaisir"

“Bien sûr, ça montre la qualité de l’élevage mais la priorité, c’est de se faire plaisir, de discuter entre éleveurs et copains car dans notre métier, d’octobre à mai, on est un peu enfermé, en vase clos sur l’exploitation, poursuit Jean-Michel Terrisse, qui voit aussi dans ce rendez-vous sur les allées sanfloraines l’occasion d’un dialogue entre ville et campagne. Et le couple ne le cache pas, c’est d’abord motivés et poussés par leurs deux filles, Pauline et Margaud, qu’ils ont accepté de préparer des animaux alors que la période des vêlages vient d’attaquer. Nastasia, 7 ans, sera du voyage. Déjà sortie en concours jeune, elle a eu droit ces derniers temps à une ration améliorée et à des séances de défilé. “C’est une vache qui a bien produit, qui a fait un veau qualifié RJ(1) à Lanaud à la vente de février”, indique son propriétaire, qui a pris soin parallèlement de familiariser les velles en lice au bruit et à la corde. “Même si tous nos animaux - élevés au foin et à la radio ! - sont habitués à l’attache, pour les jeunes animaux, les concours c’est du stress... Dans l’idéal, il faudrait dresser tout le troupeau mais on manque de temps pour le faire”, convient l’éleveur. C’est pour cette même raison que seuls l’Interdépartemental et l’Interrégional ont été ciblés cette année, d’autant que les Terrisse se mesurent sur d’autres terrains, les concours équins en race bretonne. 

Lire aussi -> Les 19 et 20 octobre à Saint-Flour, les limousines tiendront le haut du pavé


Il troque ses Salers pour des Limousines

Installé en 2001 en Gaec avec ses parents au Gardain de Saint-Paul-des-Landes(2), Jean-Michel Terrisse a fait le choix de troquer la salers pour la limousine cinq ans plus tard,  “pour travailler en race pure avec un schéma de sélection qui me convient, avec des possibilités aussi bien pour l’élevage, la viande, du mixte...” Dès 2009, l’éleveur fait ses premiers pas sur un ring avec un veau acheté à la station raciale de Lanaud. Et quitte à concourir, autant viser... le National, à Nantes cette année-là. L’élevage y retournera à plusieurs reprises, s’alignant aussi sur les Interrégionaux. “On a un peu levé le pied, car souvent c’est un peu loin et ça tombe pendant les vêlages”, explique l’éleveur saint-paulois. 
Le Gaec, que Cécile a rejoint en 2012 à la retraite de ses beaux-parents, fait vêler 130 limousines, les veaux mâles sont vendus broutards à 400-420 kg au groupe Natera(3), chaque année un veau prend la direction de la station de Lanaud et quelques autres partent pour la reproduction. Quant aux femelles, 25 génisses sont gardées pour le renouvellement, une trentaine  sont destinées à la reproduction en France et en Espagne tandis qu’une vingtaine de vaches de réforme sont commercialisées pour la boucherie à 470-500 kg carcasse. “Le marché de la reproduction se porte plutôt bien mais le gros souci, ce sont nos charges de structure qui ont beaucoup augmenté, aussi bien le matériel que l’alimentation”, déplore l’agriculteur qui produit ses céréales, broyées et stockées en boudin, puis mélangées dans la ration.

 

Priorité au potentiel laitier

La reproduction se fait en monte naturelle avec les taureaux du Gaec mais aussi en IA (insémination animale) avec des doses de mâles nés sur l’exploitation apporteurs de génétique. “Pour nos 25 génisses, on travaille avec le schéma Crealim et des taureaux qui apportent de la facilité de naissance pour les premiers vêlages”, précisent les associés. Sur le reste du troupeau, les éleveurs visent des animaux “gros mixtes”, avec de la taille, de la longueur, de la profondeur, du bassin, des qualités de race, “et on surveille beaucoup le lait, aujourd’hui c’est la priorité”. En régime de croisière, le Gaec Terrisse n’entend pas rester sur ses acquis mais souhaite continuer à progresser sur la morphologie et le potentiel laitier du troupeau : “On y travaille depuis des années déjà mais il faut du temps pour progresser et rester à un niveau convenable, certains taureaux nous font avancer vite, d’autres moins...”, sourit l’éleveur.    

Lire aussi -> Concours national 2024 : la limousine célébrée à la Souterraine

Suivre l'actualité de la race sur : https://www.limousine.org/

(1) Reproducteur jeune.
(2) SAU : 230 ha dont 75 ha de montagne, composés de prairies + 7 ha de maïs, 
autant de céréales. Cheptel : 130 mères 
limousines. 
(3) Né de la fusion des coopératives Unicor et Capel.

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