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Puy-de-Dôme : un projet de 8 à 10 éoliennes géantes contesté en Limagne

Le producteur d’énergies Neoen porte un projet de parc éolien au cœur de la plaine de la Limagne. L’association ALER, craignant à la fois un gaspillage d’argent public et une pollution visuelle s’élève contre.

"NEOEN envisage l’implantation de 8 à 10 éoliennes de 220 mètres de haut, équipées de pales de 60 mètres" expliquent l'association qui dénonce un projet inadapté au cœur de la plaine de la Limagne.
"NEOEN envisage l’implantation de 8 à 10 éoliennes de 220 mètres de haut, équipées de pales de 60 mètres" expliquent l'association qui dénonce un projet inadapté au cœur de la plaine de la Limagne.
© stock.adobe

En Limagne, l’association Limagne Environnement Ruralité (ALER), fondée en 2003, s’insurge contre le projet de parc éolien porté par NEOEN sur les communes des Martres-sur-Morges, Sardon, Surat et Thuret. 

Alors que l’entreprise en est encore à l’étude de faisabilité, ALER dénonce un projet aux retombées énergétiques dérisoires, mais aux conséquences désastreuses pour le paysage, le patrimoine et le cadre de vie des habitants.

 Avec un taux de charge estimé à seulement 20 %, ces éoliennes, parmi les plus hautes de France, risquent de « devenir des monuments inutiles, subventionnés à coups de millions, sans véritable bénéfice pour la région » regrette Jean-Jacques Mordier, le président de l’association.

Des éoliennes géantes, mais une production d’électricité décevante

NEOEN envisage l’implantation de 8 à 10 éoliennes de 220 mètres de haut, équipées de pales de 60 mètres, sur des terrains dont certains propriétaires ont déjà signé des baux emphytéotiques de 80 ans » explique Maryse Trillon, membre d’ALER. 

Pourtant, selon l’association qui s’appuie sur les documents fournis par NEOEN et l’expertise d’un ingénieur électrique, ces installations ne fonctionneraient qu’à 20 % de leur capacité annuelle, en raison d’un vent trop faible et intermittent dans cette plaine céréalière. De plus, les membres de l’association dénoncent une production qui coïnciderait principalement avec les heures creuses, où la demande en électricité est la plus faible.

Nous ne sommes pas contre les éoliennes, à condition que leur implantation dans un territoire soit justifiée par une productivité allant au-delà de ce qui est annoncé aujourd’hui. »

Les éoliennes, non recyclables et fabriquées à l’étranger, soulèvent également des questions sur leur impact environnemental réel. Leur démantèlement, prévu après 20 ou 25 ans d’exploitation, reste une incertitude, tout comme la gestion des pollutions potentielles, comme les fuites d’huile. 

Pour ALER, ce projet incarne une logique purement financière, où la rentabilité prime sur la cohérence écologique et énergétique. 

« D’un point de vue énergétique, ce projet n’apportera rien. La seule retombée économique qui existera sera pour cette société, à travers des subventions » appuie Jean-Jacques Mordier.

À lire ici : Monde rural : la figure du maire agriculteur se transforme

Un patrimoine paysager et immobilier en péril

ALER alerte sur les conséquences désastreuses de ce projet pour le patrimoine local. Dans un territoire où les villages sont proches les uns des autres, les éoliennes, visibles de loin en raison de la platitude du terrain, viendraient défigurer un paysage préservé, marqué par des églises classées, des châteaux, une forte identité rurale, à moins de 5 km de la zone classée à l’UNESCO Chaîne des puys et faille de Limagne.

À cela s’ajoute la dépréciation immobilière qu’entraîne l’installation d’éoliennes. « Certains biens deviennent invendables. »

Les élus locaux, dont les maires des quatre communes concernées, soutiennent l’opposition d’ALER. La préfecture, informée des actions de l’association, suit de près l’évolution du dossier. Pour ALER, ce projet n’est pas seulement une aberration énergétique, mais une menace pour l’âme même de la plaine de la Limagne, où la défense du territoire et du cadre de vie reste une priorité absolue.

Contactée, la société NEOEN n’a pas répondu à nos solicitations.

À lire ici : Le bois reste une valeur refuge dans un contexte économique incertain

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