Un premier bilan bien moyen pour les moissons dans le Puy-de-Dôme
Les récoltes sont bien avancées dans le Puy-de-Dôme, avec plus de 50 % des surfaces déjà moissonnées en fin de semaine dernière.
Les orges, désormais terminées, affichent des résultats dans la moyenne : « bien meilleurs que ce que craignaient les agriculteurs » ajoute Frédéric Moigny, conseiller agronomie de la chambre d'agriculture du Puy-de-Dôme.
Les colzas ont eux aussi été moissonnés rapidement et ont offert des « rendements corrects » y compris dans le sud du département, où ils atteignent « 30 à 40 quintaux par hectare dans certaines parcelles ».
Les moissons 2026, entre inquiétudes et soulagement
Malgré le coup de chaleur brutal et l’absence de précipitations, les cultures d'hiver ont évité le pire.
Pour le blé, les premiers rendements accusent un recul estimé entre « 8 à 10 % par rapport à 2025 », sans pour autant être catastrophiques.
« Aucun problème de qualité n’est à signaler, ni présence d’ergot ou d’autres maladies. »
Éric Alexandre, président des Entrepreneurs de Travaux Agricoles (EDT) du département, confirme ces observations.
« Les rendements sont hétérogènes, selon que les parcelles sont irriguées ou non, et oscillent entre le moyen et le catastrophique, principalement à cause de la canicule. »
Celle-ci a d'ailleurs compliqué les conditions de travail des entrepreneurs. Les températures ont mis à mal le matériel, surtout lorsqu’elles ont dépassé les 40 °C.
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Les entrepreneurs ont dû redoubler de vigilance notamment dans les secteurs caillouteux en raison du risque accru de départs de feu. « Nous avions demandé aux clients de prévoir du matériel en bout de champ et nous avons demandé aux entrepreneurs de doubler le nombre d’extincteurs dans les machines.
À titre personnel, j'ai même arrêté de moissonner les après-midi, par précaution. »
Pour l’instant, aucun incendie n’a été recensé chez les entrepreneurs du Puy-de-Dôme, mais la vigilance reste de mise. La fenêtre d’intervention reste large, et l’absence de pluie permet une campagne dans de bonnes conditions techniques.
« D’ici le 14 juillet, les moissons devraient être achevées » prédit l’entrepreneur.
Les cultures de printemps en mauvaise posture face à la sécheresse
Le printemps a marqué un tournant brutal pour le maïs et les tournesols. Les fortes chaleurs ont accéléré la floraison de ces derniers. « Ils sont en fleurs alors qu'ils ne mesurent guère plus de 1,20 m » souligne Frédéric Moigny.
Quant aux maïs, les fortes chaleurs et l’absence de pluies pénalisent la croissance des plantes.
« On va vers une catastrophe. »
Les nouvelles chaleurs annoncées et l’absence de pluies significatives pourraient entamer encore davantage les potentiels de rendements. D’autant plus que plusieurs secteurs du département connaissent depuis la semaine dernière un renforcement des restrictions d'usage de l'eau.
Les zones les plus critiques, comme le Cher amont, la Dore aval ou encore l’Allier rive droite sont passées en « niveau de crise », le 2 juillet.
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Le « niveau alerte renforcée » s’applique sur les zones Alagnon, Dore amont, Sioule Amont et Allier rive gauche moyen. Une mesure d’assouplissement a toutefois été obtenue pour l’irrigation. Jusqu’au 20 juillet, les agriculteurs des zones en alerte renforcée pourront bénéficier d’un niveau équivalent à l’alerte pour leurs prélèvements.
Encore une fois, cette situation est amenée à évoluer en fonction de la météo et de nouvelles restrictions pourraient être prises entre la rédaction et la publication de cet article.
Face à cette situation, les agriculteurs ne peuvent qu’attendre. Éric Alexandre l'a noté : « le moral n’y est pas ». Entre la hausse considérable des charges et maintenant des rendements bien moyens, les marges économiques se resserrent, inquiétant fortement les professionnels pour l’avenir. Cette énième sécheresse, comme toujours, tombe bien mal et il faudra attendre la fin totale des récoltes pour en tirer un bilan détaillé.
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