Sécheresse : comment faire face au manque d'herbe ?
Les recommandations de l'équipe fourrage de la Chambre d'agriculture du Puy-de-Dôme.
Les recommandations de l'équipe fourrage de la Chambre d'agriculture du Puy-de-Dôme.
Les conditions climatiques des dernières semaines, marquées par un épisode de canicule et une faible pluviométrie, ont fortement impacté la pousse de l’herbe. Celle-ci est aujourd’hui stoppée à toutes les altitudes. Son redémarrage dépendra du retour de précipitations suffisantes et pourrait nécessiter plusieurs semaines.
Dans ce contexte, de nombreux éleveurs ont déjà entamé l’affouragement des animaux, parfois jusqu’à la ration complète. Au regard des prévisions météorologiques, cette situation risque de se prolonger.
Faire dès maintenant l’état des stocks fourragers
Il est indispensable de réaliser sans attendre un état des lieux précis des stocks fourragers disponibles afin d’évaluer leur capacité à couvrir les besoins des troupeaux, aussi bien pour la période estivale que pour l’hiver à venir.
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Si ces stocks s’avèrent insuffisants, plusieurs leviers peuvent être mobilisés selon les systèmes d’exploitation :
- achat de fourrages ;
- décapitalisation ;
- tarissement anticipé ;
- passage en monotraite ;
- sevrage précoce des veaux.
Ces décisions, parfois difficiles, permettent d’adapter rapidement le système fourrager à la situation climatique.
Implantation de dérobées : une solution à analyser avec prudence
Dans l’objectif de reconstituer une partie des stocks, certains éleveurs peuvent envisager l’implantation de dérobées après moisson.
Cependant, les conditions actuelles doivent conduire à la prudence :
- déficit pluviométrique persistant depuis mars ;
- températures élevées ;
- sols souvent secs au moment des semis.
Même si certaines espèces estivales (sorgho, moha, teff grass) présentent une meilleure tolérance à la chaleur, leur réussite reste fortement conditionnée à la disponibilité en eau. Dans les conditions actuelles, les échecs d’implantation sont fréquents, comme le montrent plusieurs essais conduits dans des départements voisins.
À cela s’ajoute un coût d’implantation non négligeable (coût à la récolte hors main-d’œuvre) :
- sorgho fourrager : 425 €/ha ;
- moha : 479 €/ha ;
- teff grass : 839 €/ha (Source : Chambre d’Agriculture Savoie Mont-Blanc).
Anticiper l’impact sur les maïs ensilage
Pour les exploitations disposant d’une part importante de maïs ensilage, il est également essentiel d’évaluer l’impact du stress hydrique et thermique sur les cultures afin d’anticiper le potentiel de rendement.
Avant la floraison femelle, le diagnostic repose principalement sur l’observation de l’état du feuillage. Après la floraison, l’évaluation se fait en estimant le nombre de grains viables par m².
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