Que faire des maïs fortement dégradés par la sécheresse ?
La vague de chaleur que nous vivons cette année commence à dessécher les maïs. Mais tout n'est pas perdu pour cette culture si la pluie fait une réapparition. Point technique avec la Chambre d'agriculture de Haute-Loire.
La vague de chaleur que nous vivons cette année commence à dessécher les maïs. Mais tout n'est pas perdu pour cette culture si la pluie fait une réapparition. Point technique avec la Chambre d'agriculture de Haute-Loire.
Sécheresse et canicule en Haute-Loire
Les dernières pluies significatives et généralisées sur l'ensemble du département de la Haute-Loire remontent au 4 juin. Depuis, les précipitations sont restées très faibles, avec seulement quelques orages localisés. Parallèlement, une vague de chaleur exceptionnelle a touché le département du 13 au 28 juin. Les températures maximales moyennes ont atteint 35°C à Brioude et Lavoûte-Chilhac, 34,5°C à Bas-en-Basset et 31°C à Chaspuzac (850 m d'altitude), soit des températures supérieures de plus de 10°C aux normales saisonnières sur cette période !
Plus sévère qu'en 2025
La situation est plus sévère qu'en 2025 : jamais la Haute-Loire n'avait connu une vague de chaleur d'une telle intensité au mois de juin. Cet épisode rivalise avec la canicule historique d’août 2003.
Les prévisions météorologiques n'incitent malheureusement pas à l'optimisme. Une nouvelle vague de chaleur est en cours et devrait durer au moins jusqu’au 14 juillet. Et surtout, aucune dégradation pluvieuse généralisée sur le département n’est annoncée dans les jours à venir.
Cependant, il n’est pas encore trop tard pour les maïs.
Si des pluies significatives se produisent d’ici 15 jours, la situation peut nettement s’améliorer.
Premiers dessèchements de feuilles visibles sur les maïs à basse altitude
Les maïs les plus précoces dans le Brivadois attaquent tout juste la floraison, tandis que les plus tardifs se situent autour de 7-8 feuilles. La majorité des maïs sont compris entre 10 et 12 feuilles, y compris en zone de montagne.
L’impact de la sécheresse n’est pas le même selon le niveau de développement du maïs. Les maïs les plus avancés sont ceux qui souffrent le plus de la sécheresse, car leurs besoins en eau sont plus importants.
Les maïs au stade « 8-10 feuilles » résistent bien
À ce stade, le maïs est en pleine phase de croissance végétative. Bien que le stress soit impressionnant visuellement, la plante est structurellement beaucoup plus résiliente qu’on ne le pense. Elle résiste bien à la sécheresse pour le moment. Si les pluies font leur retour d’ici 15 jours, la plante continuera son cycle. Il est trop tôt pour envisager quoi que ce soit. La teneur en MS est d’environ 18-20% MS.
Les maïs au stade 12 feuilles à début floraison : premiers signes de dessèchement
En revanche, les effets de la sécheresse sont déjà visibles pour les maïs les plus avancés et non irrigués. Les feuilles basses se dessèchent et virent au marron, et l’émission de nouvelles feuilles commence à ralentir.
Sauf exception et selon les stades, le maïs peut repartir si les pluies reviennent. Après floraison, il sera nécessaire de diagnostiquer le niveau de fécondation des épis. Ce dernier dépend de l’alimentation en eau, mais également des températures. Des températures maximales supérieures à 36°C peuvent durement affecter la fécondation des épis.
Raisonner parcelle par parcelle
Il est trop tôt également pour prendre quelconque décision. La teneur en MS est d’environ 22-25%. Toutefois, selon le scénario qui va se décider ces prochains jours, la première règle sera : de raisonner parcelle par parcelle. Les maïs en sols légers et peu profonds, qui ont été semés derrière une dérobée ou qui sont déjà proches de la floraison, seront les premiers à souffrir fortement.
Il faut regarder :
- l’enroulement des feuilles,
- la régularité de la sortie des soies,
- la présence de pollen,
- l’état de l’épi.
Si les maïs sont trop dégradés, il sera nécessaire de prendre la décision de récolter précocement, voire d’envisager le pâturage. Cette alternative se justifie surtout quand la parcelle de maïs n’a plus assez de potentiel pour rentabiliser une récolte en ensilage.
Dans deux semaines, nous ferons un nouveau point sur l’état des maïs afin de vous conseiller au mieux sur la conduite à tenir.
L'impact de la canicule sur les maïs
- Enroulement des feuilles : Le maïs bloque sa transpiration pour préserver son eau. La photosynthèse s’arrête, la croissance est temporairement « gelée ».
- Destruction cellulaire : Si le thermomètre frôle les 40°C, des brûlures sur les pointes des feuilles peuvent apparaître.
- Le point positif : Le bourgeon terminal est encore protégé au cœur de la tige, souvent proche du sol. Le potentiel de rendement n'est pas définitivement condamné, il est simplement plafonné.
L’équipe Productions Végétales, Chambre d’Agriculture de Haute-Loire