Un maraîcher corrézien face aux défis du climat
Installé à la Ferme de Chouzenoux, à Objat, depuis 2012, Stéphane Dos Santos, 52 ans, cultive 5 000 m² de serreset 1,5 hectare de terres maraîchères en plein champ. Après 25 années passées comme aide familial, il a repris l'exploitation de ses parents afin de développer le maraîchage et la culture des pruniers qu'ils avaient initiés.
Installé à la Ferme de Chouzenoux, à Objat, depuis 2012, Stéphane Dos Santos, 52 ans, cultive 5 000 m² de serreset 1,5 hectare de terres maraîchères en plein champ. Après 25 années passées comme aide familial, il a repris l'exploitation de ses parents afin de développer le maraîchage et la culture des pruniers qu'ils avaient initiés.
Salades, carottes, courgettes, patates douces, aubergines, tomates, mais aussi prunes (reine-claude de Vars et mirabelles) composent une production entièrement commercialisée en circuit court. Les consommateurs peuvent acheter directement à la ferme, chaque vendredi à partir de 18 heures, ou retrouver ses produits sur les marchés de producteurs de Brive, Limoges, Meymac et Objat. « On produit des légumes de saison et tout part en direct… Sauf une partie des prunes, que l'on expédie », explique-t-il.
L'eau, une ressource sous tension
Comme de nombreux producteurs, Stéphane est confronté à une ressource de plus en plus fragile : l'eau.
Alimenté par la Loyre, il subit déjà des restrictions de pompage qui limitent fortement son activité :
On est limité à 50 % de notre capacité. La rivière commence à s'assécher… ».
Pour lui, le développement de retenues permettant de stocker l'eau hivernale est devenu indispensable afin de sécuriser les productions estivales.
Si on pouvait récupérer cette eau qui déborde l'hiver pour l'utiliser maintenant, ce serait idéal. »
Si la proximité de la Vézère et les orages qui traversent régulièrement le bassin de Brive offrent encore un peu de répit, il sait que cette situation pourrait rapidement évoluer.
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Adapter son exploitation pour continuer à produire
Le changement climatique bouleverse désormais le calendrier des cultures. Les récoltes arrivent plus tôt, et certaines productions deviennent difficiles, voire impossibles, à maintenir en été.
Cette année, les prunes ont presque un mois d'avance. »
Accompagné par l'ADiDA (Association départementale d'information et de développement agricole), Stéphane adapte en permanence ses pratiques. Les haricots verts, par exemple, ne supportent plus les fortes chaleurs estivales. « Les fleurs brûlent. On les sème désormais en août pour une récolte à l'automne. » À l'inverse, il mise davantage sur les légumes primeurs – petits pois, carottes ou oignons – récoltés avant les fortes températures. Plus globalement, il décale progressivement son calendrier cultural.
Tout ce qui est fragile, on le cultive plus tôt ou plus tard. Finalement, il faudrait presque concentrer la production sur trois saisons – l'hiver, le printemps et l'automne – et laisser tomber l'été, devenu trop difficile. »
Ses journées de travail suivent la même logique : démarrage à 6h30, interruption pendant les heures les plus chaudes, puis reprise en soirée, parfois jusqu'à minuit.
Toujours à la recherche de nouvelles solutions, il expérimente également des espèces plus adaptées au climat méditerranéen, comme les amandiers, les grenadiers ou les oliviers, tout en restant vigilant face au risque de gel printanier. Côté tomates, seules les variétés les plus résistantes sont désormais conservées.
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Un nouvel équilibre face aux parasites
Le réchauffement modifie aussi l'équilibre sanitaire des cultures. Certaines fortes chaleurs éliminent des ravageurscomme les pucerons. « La canicule de juin les a tous détruits sur les courgettes. » En revanche, d'autres nuisibles gagnent du terrain, notamment les punaises diaboliques ou le carpocapse du prunier, dont les attaques sont plus précoces et plus fréquentes.
Pour limiter leur développement, Stéphane diversifie les cultures sur une même parcelle afin de casser le cycle des parasites.
Ça demande de l'organisation, mais ça réduit les risques d'infestation. »
Une exploitation qui dépend aussi de son environnement
Si le maraîchage lui offre une certaine souplesse économique, notamment grâce à des cultures à cycle court comme les radis ou les épinards qui permettent de générer rapidement de la trésorerie, son exploitation reste étroitement liée à son environnement agricole. Le fumier fourni par un éleveur voisin est indispensable pour maintenir la fertilité de ses sols.
J'ai besoin de son fumier pour faire vivre mes légumes. S'il arrête, ce sera un gros problème… Et les éleveurs sont aujourd'hui très vulnérables. »
Pour poursuivre les adaptations engagées, Stéphane estime également indispensable un accompagnement publicafin de financer les investissements nécessaires, notamment les retenues d'eau, les forages ou la rénovation d'installations vieillissantes.
Un maraîcher qui refuse de subir
Malgré les difficultés, Stéphane Dos Santos garde intacte sa passion pour son métier. Convaincu que l'agriculture devra continuer à évoluer face au changement climatique, il adapte son exploitation année après année, avec pragmatisme et détermination.
L'agriculture doit se renouveler en permanence. »