La profession agricole demande l’ouverture de la vénerie sous terre dès le 1er juin
La FDSEA de Haute‑Loire, les Jeunes Agriculteurs et la Chambre d’agriculture ont participé à la commission départementale de la chasse et de la faune sauvage (CDCFS) plénière consacrée à la gestion du blaireau sur le département.
La FDSEA de Haute‑Loire, les Jeunes Agriculteurs et la Chambre d’agriculture ont participé à la commission départementale de la chasse et de la faune sauvage (CDCFS) plénière consacrée à la gestion du blaireau sur le département.
Cette réunion sur la gestion du blaireau s’inscrit dans un travail partenarial de longue haleine, fondé sur des données objectives et une analyse approfondie du terrain, afin de proposer une réponse responsable et efficace à une situation devenue préoccupante.
Un constat partagé par les acteurs du terrain
Depuis 2022, les dégâts déclarés causés par le blaireau sont évalués à 235 000 euros pour l’agriculture altiligérienne, selon les fiches de déclarations de dégâts. Ces chiffres traduisent la réalité quotidienne vécue par les exploitants, confrontés à une pression croissante sur leurs cultures, en particulier le blé et le maïs. Dans le même temps, les interventions administratives sont en forte augmentation : entre 2022 et 2025, 89 interventions ont été menées, aboutissant au prélèvement de 283 blaireaux.
Ces données confirment une dynamique à la hausse de la population et de ses impacts.
Un travail de fond mené avec la Fédération Départementale des Chasseurs
La demande présentée en CDCFS (qui porte sur l’instauration d’une période complémentaire de vénerie sous terre du 1er juin au 12 septembre) est le fruit d’un travail collectif, appuyé notamment par la Fédération Départementale des Chasseurs (FDC), qui a conduit un important travail de prospection, d’inventaire et d’analyse sur l’ensemble du territoire.
En 2025, un inventaire réalisé par la FDC sur 182 communes de Haute-Loire a permis de recenser au minimum 1 323 terriers de blaireaux. Cette étude met en évidence une présence homogène de l’espèce sur le département et confirme que la population est aujourd’hui en bon état de conservation.
Ces éléments chiffrés et objectivés ont permis d’alimenter les débats de manière constructive et factuelle, loin des postures idéologiques, et de poser les bases d’une proposition équilibrée et juridiquement sécurisée.
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Une période complémentaire remise en cause par des recours
Il est important de rappeler que cette période complémentaire de vénerie sous terre n’était plus autorisée ces dernières années, non pas en raison d’un changement de situation sur le terrain, mais suite à des recours juridiques engagés par des associations de protection de l’environnement. Ces actions ont conduit à une remise en cause répétée de cet outil de régulation, malgré l’augmentation avérée des populations et des dégâts constatés.
La démarche actuelle vise précisément à sécuriser les décisions administratives, en s’appuyant sur un travail technique solide, des données de terrain actualisées et un constat partagé par l’ensemble des acteurs concernés.
Des agriculteurs sans solutions techniques
Sur le terrain, les agriculteurs font déjà des efforts importants pour tenter de limiter les dégâts. Certains ont recours au blé barbu, une technique dissuasive la plupart du temps, mais qui se traduit par des rendements plus faibles. Un choix subi, qui impacte directement le revenu des exploitations.
Concernant le maïs, culture particulièrement exposée, aucune solution technique n’est aujourd’hui disponible. Les producteurs doivent donc faire face à des pertes récurrentes, sans moyen de protection efficace.
Les dégâts ne se limitent pas aux cultures : talus, digues et infrastructures sont également touchés, auxquels s’ajoutent des conséquences directes en matière de sécurité routière, les accidents impliquant des blaireaux étant de plus en plus fréquents sur les routes du département.
Un enjeu sanitaire majeur
La FDSEA, les JA, la Chambre d’agriculture et la FDC ont également rappelé l’enjeu sanitaire majeur lié à la présence du blaireau, reconnu comme vecteur potentiel de la tuberculose bovine. Dans un contexte où la maladie progresse sur le territoire, il est indispensable de ne pas fermer les yeux sur ce risque pour les élevages. La gestion de la faune sauvage doit impérativement intégrer cette dimension sanitaire afin de protéger les cheptels, les éleveurs et l’économie agricole départementale.
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Une demande encadrée et proportionnée
La proposition portée collectivement vise l’instauration d’une période complémentaire de vénerie sous terre du 1er juin au 12 septembre. Au-delà du 12 septembre, la vénerie sous terre resterait autorisée conformément à l’arrêté préfectoral d’ouverture et de clôture de la chasse.
Cette demande repose sur une gestion raisonnée et encadrée, compatible avec le maintien d’une population de blaireaux en bon état, et répondant aux enjeux agricoles, sanitaires et de sécurité.
Un vote favorable qui appelle une décision rapide
À l’issue des échanges, la CDCFS s’est prononcée majoritairement en faveur de l’adoption de l’arrêté préfectoral, désormais soumis à la décision de Monsieur le Préfet. Pour la FDSEA, ce vote doit être suivi d’une décision pragmatique et responsable.
La gestion de la faune sauvage ne peut se construire que collectivement, sur la base des réalités du terrain, et non au détriment des agriculteurs, déjà fortement contraints économiquement et réglementairement.