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Installation : Théo Mialon, l'élevage charolais en héritage

À seulement 24 ans, Théo Mialon a déjà tout d’un agriculteur accompli. Installé depuis novembre 2022 sur l’exploitation familiale à Moissat, ce jeune éleveur charolais combine élevage bovin, cultures, vente directe et engagement syndical. Un quotidien bien rempli qu’il assume avec passion. Car pour lui, il n’y a jamais eu de doute sur son avenir : sa place était à la ferme.

Théo Mialon, éleveur à Moissat, aux côtés de Viking, un taureau qui devrait partir en concours dès septembre 2026.
Théo Mialon, éleveur à Moissat, aux côtés de Viking, un taureau qui devrait partir en concours dès septembre 2026.
© Albane Dupin

Lorsque l’on demande à Théo ce qui l’a poussé à devenir agriculteur, la réponse fuse immédiatement. « Déjà, c’est la passion de l’élevage. Je me considère avant tout comme éleveur avant d’être agriculteur. »

Issu d’une famille d’agriculteurs depuis plusieurs générations, il a grandi au milieu des animaux

« C’est la ferme de mes parents, de mes grands-parents. Quand on baigne dedans depuis tout petit, c’est un peu la suite logique. »

Pourtant, le jeune homme ne s’est jamais contenté de suivre un chemin tout tracé. Après un Bac professionnel CGEA à la MFR de Gelles, réalisé en alternance, il multiplie les expériences dans différentes exploitations du département. « J’ai fait du laitier, des brebis, je voulais voir un peu de tout. » Une envie d'ailleurs qui se poursuit lors de son BTS Production animale à Neuvy, dans l’Allier. Mais malgré ces découvertes, une certitude demeure : ce qui le passionne, ce sont les bovins.

À lire aussi : Transmission : « Reprendre la ferme familiale, une évidence »

Un quotidien bien rodé

Installé seul depuis près de quatre ans, Théo peut compter sur un salarié à temps plein, un apprenti et plusieurs saisonniers lors des périodes les plus chargées. En polyculture élevage, le jeune Moissadaire conduit un troupeau de 120 charolaises, contre 95 lors de son installation.

Sur l’exploitation, les journées commencent et se terminent toujours par les animaux

« Le matin, je fais le tour des prés, puis des bâtiments. Après, on s’occupe du travail de saison : les foins, les semis, les cultures. Et le soir, on retourne voir les vaches. »

Mais son quotidien ne se limite pas à l’élevage. Depuis plusieurs années, Théo diversifie sa production autour des asperges, qu'il cultive sur sept hectares, et dont il assure lui-même la commercialisation via la vente à la ferme et une douzaine de marchés hebdomadaires durant la saison.

Pour cet enfant du pays, le contact direct avec les consommateurs est une réelle source de satisfaction : « ce qui me plaît le plus, c’est de voir les clients revenir et être contents des produits. »

En 2025, il décide également de relancer une production emblématique du territoire, l'ail rose de Billom. « Cela faisait trente ans qu’on n’en faisait plus. Mes grands-parents en produisaient, et j’ai eu envie de reprendre cette culture. »

Des concours et du rugby pour s’évader

Quand il quitte la ferme, Théo ne s’éloigne jamais vraiment de ses passions. Depuis l’âge de cinq ans, il joue au rugby au sein du club de Billom, au poste de pilier. « Ça permet de s’évader. Même si c’est parfois compliqué de concilier les matchs avec les vêlages. »

L’autre passion du jeune éleveur reste les concours bovins. Chaque automne, il participe à plusieurs rendez-vous départementaux, régionaux et nationaux

« C’est lier l’utile à l’agréable. On met en avant ses animaux, on peut vendre de la génétique et on passe un bon moment. »

Son plus beau souvenir remonte à 2020 lorsqu’il décroche un premier prix au Salon International de l’Agriculture de Paris avec sa vache Madrid. Une récompense qui reste gravée dans sa mémoire.

Un engagement fort chez les Jeunes Agriculteurs

À côté de son activité professionnelle, Théo consacre également du temps au syndicalisme. Président du canton JA de Thiers depuis l’âge de 20 ans, il effectue actuellement son deuxième mandat et siège en parallèle au bureau départemental des Jeunes Agriculteurs du Puy-de-Dôme.

Pour lui, cet engagement est essentiel. 

« Je voulais défendre l’élevage. On a un département avec une vraie diversité agricole et il faut continuer à faire entendre la voix des agriculteurs. »

Très impliqué dans l’accompagnement des futurs installés, il intervient régulièrement lors du stage 21 heures organisé par la Chambre d’agriculture du Puy-de-Dôme. S’il envisage de passer prochainement la main à la tête du canton afin de se consacrer davantage à ses projets personnels, il compte bien rester actif au sein du réseau. « Pour moi, ce n’est pas en restant seul qu’on sera entendus. Et puis être regroupés entre jeunes, c’est rassurant. » Telle est la conviction de ce jeune agriculteur attaché à son métier, à son territoire et à l’avenir de l’élevage. « Moi, je pense que l’agriculture a de l’avenir. On produit une alimentation saine et de qualité. C’est quelque chose dont on peut être fiers. »

À lire aussi : L’installation de jeunes producteurs en péril face à la crise de la filière lait 

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