Un robot maraîcher accessible pour semer, biner et réduire les charges
À Luzillac, le robot SRBC de l'entreprise Sabi Agri a fait ses premiers pas sur l'exploitation maraîchère de Nathanaël Jacquart. Semer, biner, butter : la machine, en phase de test sur la plantation, a plutôt convaincu cet exploitant en quête de solutions pour réduire ses coûts de main-d'œuvre.
À Luzillac, le robot SRBC de l'entreprise Sabi Agri a fait ses premiers pas sur l'exploitation maraîchère de Nathanaël Jacquart. Semer, biner, butter : la machine, en phase de test sur la plantation, a plutôt convaincu cet exploitant en quête de solutions pour réduire ses coûts de main-d'œuvre.
Vendu en kit et commandable directement en ligne, ce petit robot autonome se veut avant tout accessible : comptez environ 13 500 euros pour la version de base, jusqu'à 20 000 euros avec toutes les options. Un tarif deux fois inférieur à celui des robots maraîchers habituellement proposés sur le marché.
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Penser économie
Pour Alexandre Prévault-Osmani, président et cofondateur de Sabi Agri, basée à Saint-Beauzire (63), cette machine n'est pas un coup d'essai. Après des tracteurs électriques puis des enjambeurs pour la vigne, l'entreprise implantée près de Clermont-Ferrand, dit vouloir « revenir aux sources ».
Cet ancien maraîcher s'est lancé dans un projet pensé pour automatiser les tâches répétitives et pallier la pénibilité du travail manuel, avec un objectif clair, celui de passer sous la barre des 15 000 euros pour le produit d'entrée de gamme.
Des composants pensés pour durer
Sous le capot, le robot reste volontairement simple. Une batterie et un boîtier électronique qui fait office de cerveau suffisent à le faire fonctionner. Livré en pièces détachées façon meuble en kit, il mise sur la simplicité.
Si je sais le monter, je sais le réparer. »
L'ensemble des pièces reste disponible en ligne, ce qui permet à chacun d'assurer lui-même l'entretien de sa machine.
Deux antennes GPS RTK, couplées aux satellites, lui assurent un repositionnement au millimètre dans les rangs de culture. Cette précision se combine avec une attache triangulaire standard à l'arrière, sur laquelle viennent se fixer semoirs, bineuses ou butteuses selon les besoins de chaque exploitation. L'écartement des roues motrices peut lui aussi être ajusté, de façon à enjamber les planches quelle que soit leur largeur.
Une consommation maîtrisée
Autre argument mis en avant par Sabi Agri, la sobriété énergétique de l'engin. Sa batterie de 2,5 kWh ne représente qu'une soixantaine de centimes d'électricité, pour une autonomie qui va d'un demi-hectare à un hectare selon les travaux effectués. De quoi tenir toute une session de culture sans se ruiner, avec une recharge complète d'environ deux heures et demie.
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Du temps gagné sur le terrain
Chez Nathanaël Jacquart, l'essai a eu lieu en conditions réelles, « avec une pente et de vrais légumes ». Le maraîcher chiffre le gain à environ un mi-temps salarié, soit près de 10 000 euros économisés par an, pour un robot amorti en deux ans.
C'est bien moins lourd qu'un tracteur, donc on tasse bien moins le sol », souligne-t-il par ailleurs.
Convaincu par la démonstration, l'exploitant se dit prêt à passer commande.
Sabi Agri, de la bineuse à pédales au robot agricole
Fondée il y a neuf ans par Alexandre Prévault-Osmani et sa femme Laure, SABI Agri s'appuie sur deux parcours bien différents : Alexandre, ingénieur en robotique et maraîcher, et Laure, avocate.
L'histoire débute avec un tracteur à pédale, crée pour biner les parcelles. Rapidement, l'idée d'électrifier l'engin fait son chemin. « On s'est dit qu'au lieu de n'avoir que les pédales, on pouvait mettre une assistance électrique ». Le constat : pour une machine destinée à des tâches précises et répétitives, il n'est pas nécessaire de disposer d'une forte puissance pour être efficace.
Les deux à trois premières années sont consacrées à la commercialisation de porte-outils maraîchers. Puis, il y a sept ans, l'entreprise lance sa gamme phare avec les enjambeurs électriques, distribués via un réseau de revendeurs. La société compte aujourd'hui près de 140 véhicules commercialisés. Autour de cette machine se développe un vaste écosystème d'accessoires (rogneuses, lames, tondeuses…).
La gamme s'enrichit ensuite avec le chenillard Zilus, conçu pour s'adapter aux différentes configurations de vignes, notamment les plus difficiles d'accès. En 2025, l'entreprise lance le robot SRBC, destiné au binage et aux travaux maraîchers. En parallèle, la société développe Torque Works, une plateforme dédiée au robot, permettant l'achat de pièces détachées et l'accès à des tutoriels, pour faciliter leur remplacement par les utilisateurs.