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Olivier Becht à la rencontre des éleveurs : l’agriculture corrézienne à un tournant stratégique

Le député du Haut-Rhin Olivier Becht, ancien ministre délégué au Commerce extérieur et membre de la Commission de l’aménagement du territoire de l’Assemblée nationale, s’est rendu en Corrèze les 5 et 6 mai afin d’échanger avec les acteurs locaux. Souhaitant mieux comprendre les réalités de l’élevage bovin viande, il a rencontré les responsables professionnels agricoles sur l’exploitation du GAEC Forest à Saint-Setiers.

Les membres du GAEC Forest, Sébastien Lissandre et Marie-France Forest, aux côtés du député Becht
© FDSEA19

Accueilli par Daniel Couderc, Président de la Chambre d’agriculture de la Corrèze, le député a pu échanger avec de nombreux représentants du monde agricole et des services de l’État : Nicolas Zabka, sous-préfet d’Ussel, accompagné des représentants de la DDT, Hélène Aspar, Directrice adjointe, et Olivier Blandin, Chef du Service Économie Agricole et Forestière, Emmanuel Lissajoux, Président de la FDSEA de la Corrèze, Rémy Bourdoux, Président des Jeunes Agriculteurs, ainsi que Daniel Mazière, maire de Saint-Setiers et ancien agriculteur.

Une agriculture essentielle mais fragilisée

En introduction, Daniel Couderc a dressé un état des lieux de l’agriculture corrézienne. Une agriculture profondément ancrée dans l’élevage bovin viande, mais aussi marquée par une grande diversité de productions et de territoires. Malgré un poids démographique limité – seulement 4 % de la population active – les agriculteurs demeurent essentiels à l’économie, à l’entretien des paysages et à la vitalité des territoires ruraux.

Mais derrière ces atouts, le constat est préoccupant : diminution constante du nombre d’exploitations, vieillissement des chefs d’exploitation, difficultés de transmission, revenus insuffisants et perte de motivation au sein de la profession. Une situation qui fragilise l’ensemble du tissu rural corrézien.

Un Plan de Mutation pour préparer l’avenir

Pour répondre à ces enjeux, la Chambre d’agriculture porte un ambitieux « Plan de Mutation », feuille de route destinée à accompagner les profondes transformations de l’agriculture corrézienne. Face aux défis économiques, climatiques et sociétaux, ce plan vise à anticiper les mutations du secteur, adapter les systèmes de production, renforcer l’autonomie des exploitations et répondre aux attentes de la société tout en maintenant une agriculture productive.

Comme l’a rappelé Daniel Couderc, « la Corrèze dispose d’atouts majeurs : un territoire à fort potentiel agricole, une relative résilience climatique et une capacité à développer des systèmes plus autonomes et cohérents. »

Le Plan de Mutation poursuit plusieurs objectifs structurants :

  • renforcer la compétitivité des exploitations pour garantir des fermes viables, vivables et performantes ;
  • construire une ruralité dynamique avec des territoires attractifs et des services maintenus ;
  • accompagner stratégiquement les agriculteurs dans leurs projets, notamment de diversification et de transmission ;
  • améliorer l’attractivité du territoire rural et le développement économique ;
  • mieux gérer le foncier, l’urbanisme et les enjeux environnementaux.

Six actions structurantes doivent permettre d’apporter davantage de proximité, de réactivité et d’efficacité au service des exploitants.

Pour Marie-France Forest, Vice-présidente de la Chambre d’agriculture, « il est indispensable d’adapter nos politiques agricoles aux réalités de terrain. La Corrèze possède de nombreux atouts, mais nous devons accompagner les agriculteurs dans les transitions à venir, renforcer l’attractivité du métier et redonner des perspectives aux jeunes générations. »

Des inquiétudes fortes sur l’avenir agricole

Les responsables professionnels ont également profité de cette rencontre pour alerter le député sur plusieurs dossiers majeurs : la prédation du loup, les distorsions de concurrence liées aux accords de libre-échange, la multiplication des normes françaises, la défense de la souveraineté alimentaire ou encore les blocages administratifs et recours contre de nombreux projets agricoles sur le territoire.

Ils ont également insisté sur l’importance de voir aboutir rapidement la Loi d’urgence agricole, attendue par les agriculteurs pour apporter des réponses concrètes en matière de simplification, de production et de soutien aux exploitations.

Emmanuel Lissajoux, Président de la FDSEA de la Corrèze, a rappelé la nécessité de défendre une agriculture capable de produire : « Les agriculteurs corréziens veulent pouvoir vivre de leur métier et continuer à produire dans des conditions cohérentes. On ne peut pas demander toujours plus aux exploitants tout en empêchant les projets et en laissant entrer des produits qui ne respectent pas nos standards. »

Très à l’écoute, Olivier Becht a reconnu les difficultés rencontrées par le monde agricole et partagé plusieurs constats portés par les responsables professionnels. Il a notamment insisté sur la nécessité de stopper l’accumulation des normes françaises et de lutter contre les concurrences déloyales imposées par des pays ne respectant pas les mêmes standards de production.

Concernant la prédation, le député a également affirmé qu’en zone d’élevage, « le loup n’a pas sa place ».

 

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