Aller au contenu principal

Qu'est ce qui continue à faire le succès des Cuma ?

C’est sans doute le réseau agricole et rural qui a conservé le maillage départemental le plus serré dans le Cantal, répondant à un besoin économique et social.

Nombreuses personnes assises dans une étable
Près de 200 Cuma dans le Cantal
© Patricia Olivieri

On en recense plus que le nombre d’écoles dans le Cantal, plus que de commerces aussi, plus également que de clubs de foot... Au dernier recensement de 2023, le département comptait ainsi 193 Cuma(1), qui, dans une société présentée comme de plus en plus individualiste, font figure d’exception. Rôle social, atout économique, vecteur d’innovations.. tant pour leurs adhérents que pour le territoire : les Cuma sont un modèle unique et moderne, qu’aucun autre secteur d’activités n’a développé et que les agriculteurs des pays européens nous envient. Une “French touch” trop peu promue d’ailleurs des pouvoirs publics et qui a démontré vendredi 18 octobre à Vézac qu’elle n’a perdu ni en pertinence ni en vigueur dans le Cantal. Pour preuve d’abord, ces près de 200 responsables et membres de Cuma réunis dans la stabulation du Gaec Laverrière Sagette qui recevait l’assemblée générale de la FDCuma, et plus du double le soir à la Halle de Lescudilliers pour célébrer le cinquantenaire de la fédération.

Le tracteur : un effet... d’entraînement

Pour preuve ensuite, le rapport d’activités commenté par Annie Mariot, coordinatrice de la fédération : en 2023, les 193 Cuma cantaliennes ont généré un chiffre d’affaires de 8 millions d’euros, en hausse du fait principalement de la répercussion du coût du matériel. Après deux années fastes post-Covid (portées par l’augmentation des tarifs du matériel et les soutiens du Plan de Relance et de la Région), les investissements sont revenus à leur niveau de 2019, soit 6,6 millions d’euros pour 250 outils. Dans le Top 10 des outils les plus achetés, la hiérarchie varie peu : benne, faucheuse, rouleau, épareuse, épandeur à fumier... mais aussi tracteur qui devient un incontournable et dont près de quatre Cuma sur dix sont équipées. Le montant des achats des cinq Cuma ayant le plus investi va du simple au double en 2023 : de 205 000 € à 514 000 €, la palme revenant l’an dernier à la Cuma de Carlat-Vézac et ses 15 membres, qui ont accueilli l’assemblée générale (lire L’union du 12 octobre). Au cours de l’exercice écoulé, ce sont 81 dossiers de demande de subventions qui ont été déposés par la fédération pour 57 Cuma : dans 30 % des cas pour du matériel de récolte, 20 % pour l’achat d’un tracteur, 18 % pour du matériel de fertilisation... Sur 4,25 M€ d’investissements subventionnés, le montant des aides a atteint 33 %. Parallèlement, ce sont 4,63 M€ de prêts Agilor qui ont été sollicités et accordés (ultra majoritairement auprès du Crédit agricole Centre France) par 93 Cuma pour 256 matériels. 
À noter également, les demandes de subvention déposées par cinq Cuma qui ont choisi de s’équiper d’un bâtiment, dont trois projets avec panneaux et centrale photovoltaïques (surface moyenne des bâtiments : 1 140 m2). 
 

Bâtiment : le “nid” de la Cuma

Un schéma, celui du bâtiment avec toiture photovoltaïque, qui pour le président Éric Lafon, reste l’opportunité à saisir et la marche à suivre pour doter les Cuma “d’un nid”, avec en parallèle, l’embauche d’un salarié-chauffeur pour répondre aux exigences des nouvelles générations. “C’est le virage à 180°C que nous devons prendre demain”, a-t-il réaffirmé mesurant tout le chemin parcouru en 50 ans et remerciant les fidèles partenaires, notamment financiers, des Cuma : Crédit agricole et Conseil régional.

Homme au micro.


Tout comme l’équipe salariée engagée dans l’accompagnement au quotidien des Cuma : en 2023, ces dernières sont intervenues dans 158 réunions de Cuma, ont établi 4 400 factures, convoqué 3 700 membres, réalisé 17 calculs de coûts, déposé neuf demandes de Dina (dispositif d’accompagnement). 
Ce sont également 50 contrôles pulvérisateurs qui ont été organisés à travers le département, dont environ 20 % ont fait l’objet d’une contre-visite (souvent le jour-même), en parallèle des essais lisier, des journées de démonstration (régénération-sursemis, tonnes à lisier). De même que des journées de formation sur des thématiques diverses : maîtrise des chantiers d’épandage, communication productive en collectif, s’engager et devenir acteur de sa Cuma...
Les administrateurs de la FDCuma s’attellent par ailleurs à promouvoir le modèle cumiste auprès des élèves en formation initiale (journées bac pro lycées, MFR) et adultes (CFPPA), 110 jeunes ont ainsi été sensibilisés l’an dernier. Un enjeu majeur que celui du renouvellement des générations, pour le réseau Cuma, comme pour la profession dans son ensemble : dans les dix années à venir, plus de la moitié des exploitants cantaliens auront atteint l’âge de la retraite (lire ci-dessous). 
Lire aussi : https://www.reussir.fr/agriculture-massif-central/cuma-carlat-vezac-31-ans-et-35-engins

Les plus lus

Mickaël Vignal, au centre, a investi dans une centrale photovoltaïque de 36 kWc dont une partie de la production est autoconsommée.
Avec la baisse des tarifs de rachat d'électricité, l’autoconsommation est-elle devenue rentable ? 

À Sugères, Mickaël Vignal, éleveur laitier, a investi dans l'énergie solaire pour réduire sa facture d’électricité de 28…

Un nouveau kit d’introduction dérogatoire a été mis en place par le GDS. Il concerne les lots d’au moins 10 bovins âgés de moins de 24 mois, destinés uniquement à la boucherie ou à l’export.
Au 1er avril 2026 : les règles d'introduction des bovins évoluent

Les règles d’introduction des bovins en Haute-Loire évoluent le 1er avril 2026 afin de mieux concilier sécurité…

portrait de Domniqué Chargé, président de La Coopérative Agricole.
Dominique Chargé voit les coopératives “prêtes à reconstruire de la souveraineté”

Dans un pays aux 2 100 coopératives et où trois agriculteurs sur quatre sont adhérents, le chef de l’organisation faîtière des…

tank à lait avec des gens
Surproduction laitière : « L’enjeu est de faire la marche arrière la plus basse possible sur les prix »

Florent Kaplon, président du CRIEL et directeur amont des fromageries Dischamps analyse la conjoncture laitière et apporte un…

Le Cantal est le département de la région où la collecte laitière a le plus progressé fin 2025.
Lait de vache : Pourquoi la collecte laitière augmente ?

Depuis la fin de l'année, la production laitière a fortement augmenté à la faveur d'un automne clément et de fourrages…

De gauche à droite : Pierre Prallon, JA 43, Lionel Guy, président de la section lait de la FDSEA 43, Éric Richard, administrateur de la FNPL et vice-président  section lait de la FDSEA 43, Ludovic Blin, vice-président de la FNPL, J-Paul Peyral, administrateur FNPL et Géraud Bruel, président de la section lait du Cantal.
Tournée régionale FNPL : les éleveurs paient l’addition d’un manque d’anticipation industriel dans la crise laitière

En 2026, les éleveurs laitiers français paient le prix fort d’un manque d’anticipation industriel. C'est l'analyse portée par…

Publicité
Titre
Je m'abonne
Body
A partir de 100€/an
Liste à puce
Accédez à tous les articles du site Réussir lait
Profitez de l’ensemble des cotations de la filière Réussir lait
Consultez les revues Réussir lait au format numérique, sur tous les supports
Ne manquez aucune information grâce aux newsletters de la filière laitière