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Quels sont les rôles et missions des lieutenants de louveterie ?

Ces agents bénévoles de l'État ont pour mission d'éradiquer les nuisibles, depuis la création de leur corporation sous Charlemagne. Si le loup était leur priorité au Moyen-Âge, ils interviennent désormais majoritairement pour la régulation d'autres espèces notamment le sanglier.

Le retour du loup en France a fait augmenter le nombre d'interventions et les effectifs de louvetiers dans les départements prédatés.
Le retour du loup en France a fait augmenter le nombre d'interventions et les effectifs de louvetiers dans les départements prédatés.
© Freepik

Les lieutenants de louveterie sont nommés tous les 5 ans par le préfet de département. La région AuRA compte 269 de ces chasseurs d'élites. D'un territoire à un autre, leur nombre varie. Tandis qu'ils ne sont qu'une quinzaine dans le Rhône, ils sont une vingtaine dans chaque département de l'ancienne région Auvergne et 32 en Isère. Ils interviennent sur décision préfectorale principalement pour réguler les espèces quand les chasseurs ne peuvent agir. En fonction de leur département, les missions sont différentes mais qu'importe le nombre d'interventions qu'ils réalisent, ils restent des bénévoles au service de l'État.

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Le sanglier et le loup représentent la majorité des interventions des louvetiers

Globalement, les louvetiers de la région AuRA interviennent sur les animaux occasionnant des dégâts dans les cultures et de plus en plus dans les zones périurbaines. 

Les pigeons, les corvidés, les sangliers, les blaireaux ou encore le renard dans l'Ain où les élevages de volailles ont des problèmes de prédation. Dans l'Allier, ce sont plus les corvidés et les pigeons qui sont problématiques tandis qu'en Ardèche, il y a beaucoup d'interventions pour le sanglier. Dans les Alpes, les louvetiers opèrent à la fois pour le sanglier et le loup » détaille Philippe Caterino, président de louvetiers d'Auvergne-Rhône-Alpes.

Avec le retour du loup, les louvetiers retrouvent leurs missions d'origines

Le réapparition du grand prédateur en France a signé le retour aux sources pour les louvetiers. Leur corporation a été créée au Moyen-Âge pour réguler les populations de loup. Longtemps orpheline de cette mission, elle représente désormais 50 % de leur activité dans les départements alpins. 

Le loup s'implante dans le Cantal, il commence à y avoir quelques missions. Il ne s'agit pas ou peu d'interventions de destructions mais plutôt d'estimation de population et de recherche d'indices de présence. »

Le sanglier reste le principal déclencheur de missions et ce, quel que soit le territoire. Les animaux toujours plus nombreux se rapprochent des zones périurbaines où les chasseurs ne peuvent agir. Les louvetiers prennent alors le relais.

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Une proposition de loi a été déposée pour créer un statut de volontaire aux louvetiers

L'évolution de leurs missions n'est pas sans conséquence. Les louvetiers sont régulièrement la cible des défenseurs de l'environnement et de la cause animale. « La hausse des incivilités et des agressions décourage les louvetiers. Ils sont de plus en plus nombreux à faire une campagne (5 ans) voire deux puis ils arrêtent. Or nos missions sont basées sur notre expérience et notre connaissance du terrain. On ne peut pas être un bon louvetier dès la première mission » témoigne Philippe Caterino.

Le 24 juin dernier, Sophie Pantel, députée de Lozère a déposé une proposition de loi à l'Assemblée nationale pour une reconnaissance des lieutenants de louveterie et notamment leur accorder le statut de volontaire. Ils pourraient ainsi bénéficier d'une protection juridique et d'une couverture d'assurance par l'État.

Les louvetiers n'ont pas tous les moyens matériels en fonction des départements

Cette même proposition de loi prévoit également d'harmoniser les moyens mis à disposition des lieutenants de louveterie. Aujourd’hui, les dotations (véhicules, matériels de vision nocturne, équipements de sécurité…) dépendent de l’initiative de chaque préfecture créant des inégalités entre département, alors que les louvetiers sont soumis aux mêmes obligations et aux mêmes risques. 

Tous les louvetiers d'AuRA utilisent leur véhicule et leur arme personnelle. Les associations départementales ont la charge de trouver des subventions pour financer au moins les munitions » précise Philippe Caterino. 

Dans les départements prédatés, des aides supplémentaires de la Région ont permis l'acquisition de matériel thermique ou encore d'indemniser les frais kilométriques.

Philippe Caterino qualifie cette situation de dangereuse. « Nous sommes les bénévoles de l'État et le bénévolat commence à devenir du mécénat car nos interventions coûtent de plus en plus cher (carburant, munitions, armes…). On risque de perdre l'objectivité nécessaire à nos missions. »

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