Quand l’agriculteur devient aussi acteur de la régulation des espèces nuisibles
À 28 ans, Nicolas Chatard vient d’obtenir son permis de chasser. Installé depuis 2018 dans le Puy-de-Dôme, le jeune agriculteur a profité de l’accompagnement des Jeunes Agriculteurs et de la Chambre d’agriculture pour se former. Une démarche motivée par une envie ancienne, mais aussi par les dégâts de la faune sauvage sur son exploitation.
À 28 ans, Nicolas Chatard vient d’obtenir son permis de chasser. Installé depuis 2018 dans le Puy-de-Dôme, le jeune agriculteur a profité de l’accompagnement des Jeunes Agriculteurs et de la Chambre d’agriculture pour se former. Une démarche motivée par une envie ancienne, mais aussi par les dégâts de la faune sauvage sur son exploitation.
« Ça faisait des années que je voulais le passer. On a lancé ça avec les JA et c’était sympa de le faire en groupe. » Pour Nicolas Chatard, l’envie de passer le permis de chasser était ancienne. Mais c’est finalement une démarche collective proposée avec les Jeunes Agriculteurs du Puy-de-Dôme qui lui a permis de franchir le pas.
Un jeune agriculteur passe le permis de chasser
Installé à son compte depuis 2018, Nicolas exploite une centaine d’hectares avec son père et son frère. Blé, maïs, pommes de terre sous contrat avec Limagrain, luzerne et ail sous contrat constituent notamment ses productions, auxquelles s’ajoute un poulailler de volailles de chair.
Sur ses parcelles, la présence de la faune sauvage n’est pas sans conséquence. Palombes, corbeaux et sangliers peuvent occasionner des dégâts, mais ce sont surtout les lapins qui posent problème.
« On a beaucoup de dégâts de lapins. Ils envahissent les talus et les haies et, sur certaines grandes surfaces, plus rien ne pousse. »
Semences détruites, pertes de production, dégradation des talus et des bordures de champs : les conséquences sont directement visibles sur l’exploitation.
« Ma première raison de passer le permis de chasser, c’est de pouvoir réguler les animaux qui viennent manger les graines et les cultures qui nous font vivre », explique-t-il.
Pour lui, la chasse constitue donc avant tout un outil supplémentaire à la disposition de l’agriculteur.
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Une démarche du permis de chasse facilitée pour les agriculteurs
Dans le Puy-de-Dôme, 78 agriculteurs, tous âges confondus, ont passé leur permis de chasser au cours des neuf dernières années. Le candidat doit suivre une formation obligatoire avant de se présenter à l’examen organisé par l’Office français de la biodiversité (OFB).
Pour Nicolas, l’accompagnement des JA a notamment permis de simplifier les démarches administratives.
« Les JA se sont occupés des inscriptions et de toute la partie administrative un peu rébarbative. Pour nous, ça a allégé la charge. »
La formation, réalisée en petit groupe, lui a également permis de découvrir davantage l’univers de la chasse. « On était une quinzaine. Ça m’a permis de rencontrer d’autres personnes que celles que je connaissais chez les JA, notamment de vrais passionnés. »
Reconnaissance des espèces, réglementation, périodes de chasse, sécurité ou encore manipulation des armes : les connaissances à acquérir sont nombreuses. Nicolas s’est également préparé à domicile avec le manuel et les vidéos mis à disposition. « Quand on est motivé et intéressé, c’est très enrichissant. »
Chasse dans les parcelles agricoles : « On ne fait pas ce qu’on veut »
La formation lui a surtout fait prendre conscience de l’importance du cadre réglementaire. « La chasse est réglementée, on ne fait pas ce qu’on veut. Mais il faut un cadre et c’est bien. » Une réglementation qu’il juge nécessaire pour connaître les espèces, leur environnement et les périodes durant lesquelles elles peuvent être chassées.
Cette nouvelle compétence lui permet aussi de mieux comprendre les chasseurs avec lesquels il partage le même territoire.
« On sait davantage de quoi on parle avec les chasseurs. On peut plus facilement être entendu, mais aussi comprendre leurs contraintes. »
Le jeune agriculteur ne se considère pas pour autant comme un chasseur passionné. Il envisage plutôt une pratique occasionnelle, en fonction des besoins de son exploitation.
« Je veux pouvoir m’en servir quand j’en ai besoin. Pour moi, aujourd’hui, c’est surtout la régulation. »
À ceux qui hésitent encore, son conseil est simple : « Je leur dirais de le passer. Comme ça, ils l’ont. Je ne forcerais personne à chasser, mais ça permet de comprendre ce milieu et d’acquérir des compétences supplémentaires. »
Ce permis ne représente donc pas seulement une nouvelle activité pour Nicolas, mais aussi une compétence supplémentaire dans la gestion quotidienne de son exploitation et de son territoire.
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