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Éleveurs salers
Projet de vente de taureaux, au berceau de la salers

Face au recul des effectifs, l’association cantalienne des éleveurs de race salers mise sur de nouveaux rendez-vous commerciaux. 

Le bureau de l’association d’éleveurs cantaliens de salers a tenu à remercier l’élevage Modenel-Charbonnel après l’accueil reçu l’an dernier sur cette exploitation et a offert un panneau d’élevage. 
© R. Saint-André

Les éleveurs salers du Cantal veulent relancer la dynamique de la race

Réunie le 24 avril à Riom-ès-Montagnes, l’Association des éleveurs cantaliens de race salers a affiché sa volonté de redonner de l’élan à la race dans son berceau historique, le Cantal. Devant une vingtaine de participants, sur près d’une centaine d’adhérents, le président, Laurent Velle, a rappelé que le concours de veaux envisagé à Valuéjols avait dû être annulé en raison du contexte sanitaire.

L’équipe dirigeante a toutefois rebondi en organisant une visite d’élevage au Gaec Modenel-Charbonnel, suivie d’un repas dansant réunissant 150 convives. Une opération qui a permis de dégager plus de 5000€ de recettes, selon le trésorier Géraud Semeteys. De quoi compléter l’appel à cotisation (60€ TTC).

Un projet de vente de taureaux pour structurer la filière salers

Mais c’est bien le projet de vente de taureaux qui a dominé les échanges. “Pourquoi ne pas faire comme en charolais ou en limousin ?”, a lancé le secrétaire Romain Salles. L’idée : proposer une vitrine commerciale réunissant 10 à 15 jeunes reproducteurs soigneusement sélectionnés, avec l’appui des techniciens de Bovins croissance et du Herd-book salers.

Il faut des taureaux qui aient de la gueule et qu’on fasse le show.” — Laurent Velle, président de l'association des éleveurs salers du Cantal.

“On veut être clean sur le plan sanitaire”, a insisté Géraud Semeteys. Les animaux devront être inscrits ou au minimum issus de père inscrit. Les organisateurs souhaitent privilégier les élevages cantaliens, tout en restant ouverts aux départements voisins.

Les ventes, soit à la Maison de la Salers ou au marché de Mauriac, devraient prendre la forme d’enchères avec prix de réserve. Pierre Taguet a tenu à préciser que ce rendez-vous ne viendrait pas concurrencer la station d’évaluation : “À 18 mois, on n’est pas sur le même créneau.”

Animation locale et valorisation des élevages du Cantal

Au-delà du commerce, les responsables veulent surtout créer de la mise en relation entre vendeurs et acheteurs, avec un catalogue vidéo et une ouverture à tous les éleveurs. L’association entend également relancer l’animation locale avec un concours de veaux et de velles en novembre, un concours de jeunes meneurs, ainsi que des formations à la tonte et à la préparation des animaux.

Valuéjols, déjà pressentie l’an passé, pourrait servir de cadre à ces rendez-vous. Autre temps fort annoncé : une journée organisée fin août chez Jacques Phialip pour saluer sa fin de carrière, avec la possibilité d’y présenter un successeur.

Enfin, “sans prétendre révolutionner le prix du broutard salers”, les éleveurs espèrent ouvrir de nouvelles perspectives de valorisation pour la race dans le Cantal.

Les effectifs : La race salers conserve un socle national solide avec 299 760 femelles en 2026, dont 197 722 vaches de plus de 36 mois. Le Cantal reste de loin le principal bastion de la race avec 76 523 femelles de plus de 36 mois. Mais le signal d’alerte est réel : le département comptait encore 1 000 vaches de plus il y a seulement deux ans. Ce tassement local nourrit la mobilisation actuelle de l’association, décidée à recréer de l’activité, de la visibilité et démontrer l’intérêt commercial autour de leur race emblématique. 

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