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Herd-book salers : la valorisation, priorité des priorités

La section Sud du Herd-book salers (HBS) a réuni son assemblée générale mardi 28 mai au Fau.

En 2018, la génétique salers ne s’est pas bien vendue. Les débats ont animé l’assemblée
générale du HBS qui a annoncé la création d’un groupe de travail sur la valorisation.
En 2018, la génétique salers ne s’est pas bien vendue. Les débats ont animé l’assemblée
générale du HBS qui a annoncé la création d’un groupe de travail sur la valorisation.
© C. J./APAP

La section sud du Herd-book salers (HBS) a réuni son assemblée générale mardi 28 mai au Fau. Les effectifs se sont maintenus en 2018, le commerce a été décevant mais semble redémarrer à l’export.
En 2018, la race salers a globalement maintenu ses effectifs à 342 514 femelles, pour 342 247 en 2017. Une évolution qui masque des disparités : le nombre de femelles de plus de 36 mois a régressé de 4 672, dans toutes les sections (- 2 967 femelles dans la section sud), excepté dans l’Est. “Cette décapitalisation du cheptel mères est certainement lié à la sécheresse, a analysé Bruno Faure, directeur du HBS. Ce qui est encourageant pour l’avenir, c’est que cette baisse est compensée par une progression des effectifs de génisses.”

Des velles invendables ?

De fait, le nombre total de femelles de moins de 36 mois est en hausse de 4 939, notamment les jeunes de 0 à 12 mois avec + 5 186 femelles (+ 3 550 dans la section Sud). Le HBS note par ailleurs une remontée du nombre de cheptels contrôlés avec 1 325 troupeaux après une année d’effritement en 2017, au détriment toutefois du contrôle VA4 qui marque une baisse de 4,6 %. Toujours au top, les résultats de reproduction font de la salers “la race la plus facile au vêlage” avec 96 % de vêlages faciles et un IVV de 377 jours. Cette génétique a eu cependant du mal à se vendre en 2018. “S’il y a autant de jeunes femelles, c’est qu’elles sont invendables !, a déploré une partie des adhérents dans la salle. L’effectif est resté en ferme, vous n’allez chercher aucun marché !” “Cette problématique n’est pas propre à la race salers”, ont nuancé d’autres éleveurs. “Le commerce de la génétique est aussi difficile en race aubrac”, a ainsi témoigné un sélectionneur aubrac. “Aujourd’hui, il est temps de travailler sur la valorisation de nos produits, a réagi Lionel Dufayet, président. Nous allons créer un groupe de travail et ce sera la priorité des trois prochaines années. Il va falloir faire des expériences. Il faut travailler sur la filière mâle pour aller ailleurs qu’en Italie, et sur la voie femelle, il faudra être capable de développer la filière viande pour avoir un autre débouché que la repro. Je m’y engage et j’en tirerai les conséquences si on échoue.”
L’exercice 2018 a également été décevant en termes d’exportation de reproducteurs avec 226 pedigrees édités, contre 339 en 2017. En 2019, le commerce semble reprendre du poil de la bête avec la Croatie : au mois d’avril, une délégation a visité une trentaine d’élevages et 110 animaux vont être exportés. Des adhérents ont reproché aux administrateurs de n’avoir pas été impliqués dans la transaction. “Je souhaite qu’à l’avenir, tous les éleveurs soient contactés quand on a une demande”, a répondu le président.

Concurrence sur les prix

Autre grief des adhérents : le tarif, au ras des pâquerettes selon eux. “ça ne sert plus à rien la sélection, quel est l’intérêt d’adhérer au HBS aujourd’hui ? C’est à vous de tirer les prix vers le haut !” “Notre but n’est pas de brader nos animaux mais les Croates peuvent aller se fournir ailleurs, s’est défendu Lionel Dufayet. Il y a des concurrents avec des prix défiant toute concurrence.” “Nous ne sommes pas le seul opérateur, a confirmé Bruno Faure. Si ce n’est pas nous qui faisons le marché, d’autres le feront à notre place.”

 

Bruno Faure, directeur du Herd-book salers et du Groupe salers évolution depuis plus de 16 ans, a annoncé son souhait de “prendre du recul” par rapport à son activité au sein des deux structures. “à compter du 1er juillet, je mets mon contrat en suspens pour exercer pleinement
mes mandats politiques”, a-t-il déclaré. En terme de bilan, le directeur a évoqué une situation financière “assainie”. “Nous sommes à l’équilibre financier, a-t-il précisé. En 2024, La Maison de la salers deviendra propriété des éleveurs.” Autre fierté de Bruno Faure : l’ouverture aux
Balkans. “Le premier marché a démarré en 2009 et depuis, plus de
750 animaux ont été exportés”, a-t-il rappelé. Il ne compte pas les dernières transactions de 2019, les 110 salers qui vont être exportées vers la Croatie et de possibles ventes vers le Montenegro d’ici son départ.
Enfin, de nombreux dossiers ont bien progressé, mais celui de la génomique lui tient particulièrement à cœur. “Tout est prêt, on peut le déployer, c’est une bonne avancée pour la race.” Bruno Faure ne sait pas s’il reviendra un jour, mais il ne l’exclut pas.

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