Aller au contenu principal

Prix du broutards : "Le hold-up, ça suffit !"

Depuis fin avril, le prix du broutard chute. Président de la section bovine de la FDSEA du Cantal, Jérôme Pitot dénonce un manque à gagner de 36 000 € par élevage et de faux arguments à cette baisse.

Jérôme Pitot est éleveur de charolaises à Andelat (15).
© J.Pitot

En l’espace de deux mois, les cours des broutards ont dégringolé... de 1,50 €/kg, les femelles un peu moins. Salers, aubrac, limousin, croisés : aucune race n’est épargnée ni même les veaux les mieux conformés, issus d’élevages sélectionneurs. Il faut remonter à février 2025 pour retrouver des cotations à ce niveau. “Le constat est alarmant : pour une exploitation moyenne en allaitants qui vend 60 broutards de 400 kg, c’est une perte de 36 000 € !”, fustige Jérôme Pitot, éleveur charolais à Andelat et président de la section bovine de la FDSEA du Cantal. Et désormais, les cours des veaux salers flirtent avec leur coût de production. “C’est encore pire pour des jeunes qui viennent de s’installer et dont le prévisionnel était basé sur les cours de 2025... 35 000 € de produits en moins la première année d’installation, c’est dramatique !”, affiche le syndicaliste.

Lire sur ce sujet : Elevage bovin : la FNB dénonce l’effondrement des prix imposé par les abatteurs

Des arguments des opérateurs à géométrie variable...

Les ponts du mois de mai, les restrictions de transports d’animaux dues à la canicule, une moindre consommation transalpine du fait des fortes chaleurs... : “Tout est bon chez les opérateurs pour faire baisser les prix !”, 
s’indigne l’éleveur de Planèze, constatant une énième fois que les mauvaises habitudes de l’aval de la filière du maigre ont la peau dure. Des arguments qui ne tiennent pas pour le responsable FDSEA.

"Bizarrement, à 6 € le kilo, la canicule et les limitations de transports ont un impact sur le marché, et ce n’est plus vrai pour des broutards à 4,50 €... ?”  pointe Jérôme Pitot

Trop d’offre pour une demande réduite ? Pas plus valable pour Jérôme Pitot : après les 320 000 naissances en moins (en bovins lait et viande) sur la campagne 2024-2025, depuis juillet 2025 aucun rattrapage n’est observé ; au contraire, les naissances allaitantes sont en baisse de - 1 %.  D’ailleurs, les effectifs ne dépassaient pas les 320 têtes lundi 29 juin au marché au cadran de Mauriac qui continue de donner le là dans les cours de ferme.
Certes, le prix du baby a légèrement reculé à Modène (Italie), “mais pas du tout dans les mêmes proportions que les baisses sur le broutard, loin de là”, pointe le président de la section bovine. 

Pas de prix et pas d’herbe

Cette déflation des prix intervient au pire des moments, alors que les charges de carburants et d’engrais ont flambé depuis février, que les récoltes annoncées moyennes en céréales pourraient surenchérir le tarif de l’alimentation animale, “qu’il se parle de 120-130 € la tonne de paille” et que les jours de pâturage sont comptés chez beaucoup, tandis que d’autres ont commencé à affourager leur troupeau. “Sur notre secteur, on n’a pas fait un hectare de seconde coupe, dans une semaine on attaque à alimenter et le nourrisseur est au pré depuis un mois”, relate Jérôme Pitot. 

Stop à la déflation

“Si la loi Egalim était appliquée, on n’en serait pas là. C’est tout l’enjeu du tunnel de prix revendiqué par la FNB (Fédération nationale bovine) dans la loi d’urgence agricole avec un prix plancher, égal au coût de production”, plaide-t-il. Appelant les éleveurs à rester fermes et à ne pas brader leurs animaux quand bien même la sécheresse sévit, il demande aux opérateurs de “revenir à la raison, sinon ils n’auront plus grand-chose à acheter”. “Nous restons mobilisés à la section bovine et nous avons déjà porté l’alerte et nos revendications ce matin (3 juillet) au préfet”, souligne le syndicaliste.

Sur ce sujet : Consommation, abattage, export de viande bovine : où en sommes-nous vraiment ?

 

Les plus lus

Antoine, Éric et Yoann Foncelle, de l'EARL des Diagots
Transmission : « Reprendre la ferme familiale, une évidence »

À 23 ans, Antoine Foncelle est en plein dans l’aventure de l’installation. Son projet est de reprendre la ferme de son père.…

Conditions d'attribution, calcul des ressources, recours sur succession : la MSA Auvergne fait le point sur un dispositif qui préserve spécifiquement l'outil de travail des agriculteurs.
L’ASPA, un coup de pouce méconnu pour les retraites agricoles modestes

Complément de revenu destiné aux retraités les plus modestes, l’ASPA reste largement sous-utilisée par les exploitants…

Théo Mialon, éleveur à Moissat, aux côtés de Viking, un taureau qui devrait partir en concours dès septembre 2026.
Installation : Théo Mialon, l'élevage charolais en héritage

À seulement 24 ans, Théo Mialon a déjà tout d’un agriculteur accompli. Installé depuis novembre 2022 sur l’exploitation…

une femme et un homme assis sur un mur
Gîtes et chambres d’hôte : Valoriser sa ferme et créer du lien

Dans le cadre de son installation, Floriane Varenne se lance dans l’accueil touristique avec son mari Jonas, tous les deux…

Nathalie Mallot, directrice de la FNSEA 03, et Laurent Thivat, vice-président de la FNSEA 03.
Tour de France : les agriculteurs de l’Allier mettent l’agriculture à l’honneur à Saulcet

À l’occasion du passage du Tour de France 2026 dans l’Allier, les agriculteurs et les viticulteurs réaliseront une fresque…

Lionel Chauvin, Président du Conseil départemental du Puy-de-Dôme, et Marie-Anne Marchis, Vice-présidente en charge du tourisme, des Grands Sites et de l'UNESCO, ont inauguré l’Échappée volcanique, le nouvel itinéraire de cyclotourisme
L'Échappée volcanique : le nouvel itinéraire vélo de 110 km dans la Chaîne des Puys

Cet été, le Département du Puy-de-Dôme invite les amateurs de cyclotourisme à découvrir l’Échappée volcanique, un itinéraire…

Publicité
Titre
Je m'abonne
Body
A partir de 100€/an
Liste à puce
Accédez à tous les articles du site Réussir lait
Profitez de l’ensemble des cotations de la filière Réussir lait
Consultez les revues Réussir lait au format numérique, sur tous les supports
Ne manquez aucune information grâce aux newsletters de la filière laitière