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Loustaniol
Pourquoi parler de saison fruitière tempêtueuse ?

Installé il y a six mois en petits fruits à Cassaniouze, Aurélien Ganne ne pensait pas devoir déjà affronter les caprices du climat. Mais le jeune agriculture, résilient, reste optimiste.

Un homme pousse une brouette entre les framboisiers.
Aurélien Ganne a essayé de sauver un maximum de fruits, qu’il a congelés pour les transformer ensuite.
© P. Olivieri

Un violent orage

Les multiples troncs d’arbres et branches sectionnés qui jonchent le bord de la petite route qui mène à la ferme de Loustaniol témoignent de la violence de l’épisode orageux qui s’est abattu le 25 juin sur cette partie de la commune de  Cassaniouze, sans épargner les framboisiers et myrtilliers d’Aurélien Ganne ni ses mûriers bientôt en production. 

Dans les allées, les tiges de ces derniers ont été pliées voire cassées sous la force du vent, leur écorce entaillée à de multiples endroits par la grêle battante, tandis que les fruits  portent les stigmates indélébiles de cet assaut. Des rameaux et feuilles des ceps de vigne n’ont pas non plus résisté, déjà brunis.  

Impossible de vendre en frais

Le jeune producteur de petits fruits, installé depuis le 1er janvier dernier, a sauvé ce qu’il a pu le lendemain, congelant les baies afin de procéder ultérieurement à leur transformation, faute de pouvoir les vendre en frais. Heureusement, la récolte des framboises se finissait, mais celle des mûres et des myrtilles commençait. 

Les plus gros dégâts portent sur les mûriers, dont les fruits étaient formés mais qui sèchent sur pied”, témoigne Aurélien Ganne. 

Sa première année de production est ainsi compromise : “En petits fruits bio, on compte en moyenne 35 % de pertes sur une saison, mais en mûres, je vais les dépasser”, estime-t-il. D’autant plus rageant que les plants étaient chargés et la récolte prometteuse.  

“La nature est résiliente” 

Faisant contre mauvaise fortune bon cœur, l’agriculteur, par ailleurs éleveur de poules pondeuses(1), a aussi prévu de proposer à ses clients des caisses de petits fruits abîmés par la grêle pour faire des confitures.  “La nature est résiliente”, se console-t-il, montrant les jeunes pousses qui ont déjà pris le relais des tiges impactées sur les mûriers. Et pour aider cette dernière,  Aurélien Ganne a allégé les tiges des fruits, feuilles, tiges... trop dégradés pour ne pas épuiser les plantes inutilement, tout en procédant à leur arrosage. 

Aujourd’hui, il se félicite déjà de ne pas avoir mis tous ses œufs dans le même panier, une diversité de productions qui va en effet lui permettre de rebondir. Installé depuis quelques années dans le Cantal, après avoir travaillé comme infographiste 3D pour  l’industrie aéronautique et automobile à Toulouse et Saint-Brieuc, Aurélien Ganne a d’abord suivi un BPREA au CFPPA d’Aurillac, doublé de stages en Ardèche et à Ladinhac notamment, avant de trouver ce petit coin idyllique à quelques encablures à peine du bourg de Cassaniouze. 

Un terrain d’un hectare, doté d’une grange en pierres de taille, où il projette de faire fructifier à terme un verger avec des pommiers, poiriers, pruniers, cognassiers, en plus des châtaigniers déjà présents qu’il a complétés par des plantations. Mais en attendant leur arrivée à maturité, il s’est d’abord attaché à la production, bien plus rapide, de petits fruits en bio(2), des plus roses et rouges aux plus violets : 2 400 pieds de fraises, une centaine de myrtilliers et de mûriers, le double de framboisiers mais aussi des cassissiers... et de la rhubarbe. 

Une palette qui devrait s’enrichir de groseilles, très demandées comme le cassis d’ailleurs. En reprenant un passage dessiné par les vaches sur cette ancienne prairie, le jeune agriculteur a également planté une cinquantaine de pieds de vigne en terrasses.  

Apéritifs fruités  

Si ces petits fruits bio comme les œufs des poules de race élevées en plein air, sont pour l’heure commercialisés à la ferme, sur les marchés (Maurs, Marcolès, le Rouget), et en magasin de producteurs, Aurélien s’est déjà essayé à la confection d’apéritifs (titrant 16-17°) obtenus par macération (30 à 40 jours) des fruits dans du vin et de l’eau de vie, sur la base de recettes familiales. Des apéritifs fruités donc qui seront bientôt embouteillés. 

Confitures, sorbets et peut-être sirops sont aussi en projet dans le laboratoire qui devrait prendre place dans  l’ancienne grange abandonnée en cours de restauration.  Et à plus long terme, dans dix ans, le jeune homme, dépositaire agréé par les douanes, se verrait bien distiller avec son propre alambic son eau de vie de poire, de pomme, de prune, de coing également comme son grand-père et son père avant lui.  

D’ici là, Ingrid Bargeton, actuellement salariée sur Aurillac, l’aura rejoint à temps partiel ou plein sur l’exploitation que quatre brebis noire du Velay, se chargent  d’entretenir.  

(1) Une centaine de poules pondeuses  élevées en plein air sur 1 000 m2 grillagés et bénéficiant d’un bâtiment pour y être abritées la nuit. 
(2) Irrigués au goutte-à-goutte pour les fraisiers, au tuyau pour les mûriers, le tout à partir du trop plein d’une source captée stocké dans une cuve enterrée.

QUELLES AIDES ? 
Aurélien Ganne, comme d’autres  agriculteurs du secteur impactés par le violent orage du 25 juin, a reçu la visite de la Direction départementale des territoires, suite à une sollicitation de la FDSEA et des Jeunes agriculteurs. Objectif : évaluer les dégâts et étudier la possibilité d’une potentielle demande de reconnaissance en catastrophe naturelle.  Comme ses collègues producteurs de petites fruits et viticulteurs, Aurélien Ganne n’a pas assuré sa récolte : trop coûteux. “Il existe des filets anti-grêle mais le vent était tellement fort que si j’en avais mis, ça les aurait 

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