Porcherie à Royère-de-Vassivière, oui mais des contraintes fortes
Après avoir prolongé son temps de réflexion de 2 mois, le préfet de la Creuse a rendu sa décision sur le dossier de la porcherie du Gaec du Villard.
Après avoir prolongé son temps de réflexion de 2 mois, le préfet de la Creuse a rendu sa décision sur le dossier de la porcherie du Gaec du Villard.
Ce lundi 6 juillet, le préfet a annoncé à la presse sa décision concernant le projet de porcherie (800 porcs charcutiers et 400 porcelets, soit 880 animaux équivalents) au Gaec du Villard (Royère-de-Vassivière). Après un refus en 2025, le Gaec avait entièrement revu sa copie en prenant en compte les recommandations émises par les services de l’État, notamment en faisant une étude hydrologique et en retirant du plan d’épandage les parcelles considérées trop proches du Lac de Vassivière.
Le projet répondant aux critères de la procédure, le préfet de la Creuse, Jean-Philippe Legueult, a signé l’arrêté d’enregistrement pour la mise en œuvre du projet. Cependant, les exploitants vont être soumis à un contrôle draconien afin de garantir leur bonne gestion de l’atelier et rassurer les riverains inquiets d'une potentielle pollution.
Un épandage très encadré
Les exploitants se sont engagés à stocker l’équivalent de 9 mois et demi de production de lisier, contre 4 mois demandés par la réglementation.
En premier lieu, afin de limiter l’impact touristique direct, l’épandage leur sera interdit :
- durant les mois de juillet et août,
- les week-ends
- et les jours fériés,
L’usage d’un épandeur à pendillard limitera la diffusion des odeurs.
Afin d'éviter le lessivage des sols, l’épandage sera également interdit lorsque la pluie est annoncée.
De façon générale, il sera interdit à moins de 50 mètres des habitations. Les surfaces éligibles à l’épandage seront repérées par GPS afin d’éviter les cours d’eaux et les zones de captage notamment.
Les exploitants devront enfin attendre au moins 3 ans entre 2 épandages sur la même parcelle.
Le préfet a également indiqué que les 1 380 m³ de lisier produits par l’élevage ne représentent que 10 jours d’épandage dans l’année, et que trouver les bons créneaux en naviguant entre ces différentes contraintes ne devrait donc pas être trop difficile. Sur la question de la pollution du lac, il a clairement opposé ces 1 380 m³ de lisier filtrés par les sols aux 100 millions de m³ d’eau régulièrement renouvelée du lac, écartant une grande partie du risque de pollution directe. Concernant les risques de cyanobactéries, il a rappellé, exemple de Bourg-d'Hem à l'appui, que ces pollution sont multifactorielles et qu'elles arrivent même quand il n'y a pas d'exploitation agricole en amont.
Des contrôles stricts
Afin d’assurer le respect de ces contraintes, des contrôles auront lieu (leur régularité n’a pas été précisée). Par défaut, les eaux de baignade du lac sont contrôlées par l’ARS une fois par an. Le Gaec s’est engagé à des analyses des sols sur lesquels il épandra et fera remonter ces informations aux services vétérinaires qui prendront des mesures en cas de pollution accidentelle.
Le préfet a expliqué avoir tenu compte de l’ensemble des éléments qui ont été portés à son attention, autant par les porteurs du projet que par les répondants à la consultation publique, sans oublier les maires des communes, qu’elles soient directement concernées, limitrophes, ou simplement proches des environs du lac.