Municipales 2026 : maire en milieu rural, Nathalie Grégoire renonce à un nouveau mandat
Exploitante agricole depuis 19 ans à Grandeyrolle, où elle élève des vaches de race Aubrac, Nathalie Grégoire, maire de la commune depuis 12 ans, a décidé de passer la main en 2026.
Exploitante agricole depuis 19 ans à Grandeyrolle, où elle élève des vaches de race Aubrac, Nathalie Grégoire, maire de la commune depuis 12 ans, a décidé de passer la main en 2026.
« Je ne suis pas du tout politique, j’ai fait cela pour m’occuper de mon village », explique-t-elle. Elle s’était présentée une première fois en raison du manque de candidats : « Les plus anciens voulaient être sur la liste, mais ne pas être maire. Alors j’ai pris la place! »
Un « ras-le-bol de tout »
Nathalie Grégoire a décidé de ne pas se représenter pour un 3e mandat en mars 2026. En cause, une charge de travail devenue trop lourde, entre son exploitation qu’elle gère seule et sa vie familiale. « Je suis dépassée par le travail », confie-t-elle.
Malgré que l’on soit un tout petit village, il y a beaucoup de choses à faire. J’ai un dégoût de tout, aussi bien côté gouvernement que côté exploitation. »
Elle constate également un désintérêt croissant pour l’engagement municipal. Il y a plusieurs années, la commune comptait parfois deux listes ; aujourd’hui, une seule peine à se constituer.
Les gens viennent habiter à la campagne, mais ne se préoccupent pas forcément de la vie de la commune. »
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La réalité des communes rurales
Être maire en milieu rural, c’est avant tout être présent, notamment sur le terrain. « Dans les petites communes, on s’occupe surtout de problèmes de voisinage, et si besoin on appelle Madame la maire », résume-t-elle. Seule agricultrice de Grandeyrolle et « enfant du village », Nathalie Grégoire est connue de tous. « Ils savent que je suis sur place et qu’ils peuvent m’appeler si besoin. »
Elle souligne aussi les difficultés à recruter des secrétaires de mairie, confrontées à de nombreuses responsabilités pour une rémunération souvent insuffisante.
Entre une activité de maire et d’agricultrice, elle a toujours réussi à s’organiser pour assurer son mandat, même si « au départ, c’est compliqué ».
Le temps de passer le relais
Pour les prochaines élections, sa fille figurera sur la liste municipale, assurant une continuité. Nathalie Grégoire, elle, a choisi de se retirer complètement.
Après douze années à la tête de la commune, elle estime qu’« à un moment donné, il faut savoir laisser la place ».
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